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Le Canada suspend sa vente d'armes à la Turquie

Des militaires en treillis qui brandissent leurs armes et des drapeaux syriens.

Ankara a lancé cette semaine une offensive aérienne et terrestre dans le nord-est de la Syrie, une région tenue par les forces dominées par les Kurdes.

Photo : Reuters / Khalil Ashawi

Radio-Canada

Le Canada ainsi que certains pays européens ont décidé de suspendre les exportations d'armes vers la Turquie. Ils condamnent son incursion militaire en Syrie, qui a pour but d’éloigner les miliciens kurdes de la frontière.

Cette action unilatérale risque de menacer la stabilité d’une région déjà fragile, d’aggraver la situation humanitaire et de faire reculer les progrès réalisés par la Coalition mondiale contre l'État islamique, dont la Turquie est membre, détaille Sylvain Leclerc, porte-parole d'Affaires mondiales Canada.

À la lumière de ces développements, le Canada a temporairement suspendu les nouvelles licences d’exportation à la Turquie, explique encore l’organisme.

Réactions européennes

Réunis à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont entendus lundi sur un régime de sanctions économiques à l'encontre de la Turquie pour ses forages gaziers dans les eaux territoriales de Chypre.

Si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne, a affirmé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.

Dimanche, la présidence française déclarait dans un communiqué vouloir accentuer ses efforts pour obtenir la cessation immédiate de l’offensive turque.

Le président Macron a déclaré que l’offensive lancée par la Turquie peut entraîner des conséquences humanitaires dramatiques, une résurgence de Daech dans la région, et une déstabilisation durable du nord-est syrien, selon le communiqué. « La France la condamne dans les termes les plus fermes », a-t-il dit.

La porte de Brandebourg au loin et en premier plan, des manifestants qui tiennent des pancartes.

Plusieurs manifestations de soutien aux Kurdes se sont tenues dans le monde entier. Ici, à Berlin, on peut lire sur les pancartes des manifestants «Nous sommes des Kurdes, pas des terroristes».

Photo : Reuters / Michele Tantussi

L’Allemagne et la France ont également annoncé samedi qu’elles n’exporteraient plus d’armes vers la Turquie. La décision n’est pas sans conséquence pour l’Allemagne puisque selon le quotidien Bild, « l’année dernière, les exportations d’armes vers la Turquie ont rapporté 353 millions de dollars au pays ».

Aux États-Unis, le président Donald Trump avait simplement désapprouvé l’opération sans proposer de sanction.

Mais deux sénateurs démocrate et républicain ont dévoilé mercredi une proposition visant à geler les biens des plus hauts dirigeants turcs aux États-Unis. Elle imposerait également des sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara et viserait aussi le secteur énergétique turc.

Le président russe, Vladimir Poutine a lui aussi émis des réserves quant à l'opération militaire turque, demandant à M. Erdogan de bien réfléchir à la situation.

Le président iranien appelle a aussi la Turquie à cesser son offensive militaire. Lors d'une conférence de presse lundi, Hassan Rohani a dit ne pas accepter « la méthode qu'ils ont choisie. »

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence jeudi. Son président en exercice, l'ambassadeur sud-africain Jerry Matthews Matjila, a appelé la Turquie à « épargner les civils » et à « exercer un maximum de retenue ».

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Courrier international

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