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Trudeau courtise les électeurs du NPD, Scheer met en garde contre une coalition

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Justin Trudeau s’est rendu lundi sur des terres néo-démocrates du Sud-Ouest ontarien pour inviter les électeurs tentés d’appuyer le parti de Jagmeet Singh à voter libéral pour faire barrage aux conservateurs d’Andrew Scheer.

Face à la perspective que les Canadiens élisent un gouvernement minoritaire le 21 octobre, le chef libéral a plaidé sa cause à Windsor, où l’économie est fortement tributaire des échanges commerciaux avec les États-Unis.

Les circonscriptions de Windsor-Ouest, de Windsor–Tecumseh et d'Essex sont actuellement détenues par le Nouveau Parti démocratique (NPD), et le Parti libéral cherche à les faire basculer dans son camp le 21 octobre.

Justin Trudeau a notamment attaqué de front la volonté du NPD de renégocier le nouvel Accord Canada–États-UnisMexique (ACEUM), qui est appelé à remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) une fois qu’il aura été ratifié.

Les gens ici à Windsor et à travers le pays ont eu peur pour leurs emplois, l’emploi de leurs enfants, pour l’avenir de l’économie canadienne quand Donald Trump a menacé de "scrapper" l’accord de l’ALENA [dont] nous dépendons tous pour une croissance économique au Canada, a-t-il fait valoir.

Les gens sont préoccupés par le fait que le NPD a annoncé qu’il allait rouvrir, renégocier [l’ACEUM], et donc mettre de côté cet accord qu’on a signé avec tant de peine avec Donald Trump. Ce n’est pas de cette instabilité que nos travailleurs, nos familles, ont besoin.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

M. Trudeau avait précédemment agité l’épouvantail des années Harper, comme il le fait depuis le premier jour de la campagne, pour soutenir qu’il serait mal avisé de la part des électeurs réfractaires aux politiques conservatrices de voter pour le NPD ou le Bloc québécois.

Notre dossier Élections Canada 2019

On a vu ce qui s’est passé pendant 10 ans de Stephen Harper, où on a eu un NPD fort et même un Bloc fort à Ottawa, a-t-il déclaré.

Harper a coupé dans la culture, a reculé sur [les engagements du protocole de] Kyoto et les protections de l’environnement. Il a continuellement fait mal aux familles canadiennes avec ses coupures et n’a pas pu créer de croissance économique pour compenser.

J’ai été là pendant les presque 10 années de gouvernement Harper. Malgré les forts combats que nous avons menés dans l’opposition, [il] a continué d’aller de l’avant avec des compressions.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Le chef libéral a du même souffle incité les Canadiens à voter pour un Parti libéral progressiste afin de lutter contre ces conservateurs comme Jason Kenney et comme Doug Ford, premiers ministres respectivement de l’Alberta et de l’Ontario.

Justin Trudeau a toutefois refusé de dire s’il pourrait former un gouvernement de coalition avec le NPD s'il advenait que son parti ne disposait pas d’une majorité à la Chambre des communes après l’élection du 21 octobre. M. Singh envisage ouvertement cette possibilité.

Je travaille fort pour faire élire un gouvernement progressiste et empêcher les coupures des conservateurs, a-t-il répondu à plus d’une reprise.

M. Trudeau a plus tard participé à un rassemblement de partisans dans la circonscription de London–Fanshawe, également détenue par le NPD.

« Une tentative désespérée », selon Andrew Scheer

Les conservateurs ont plutôt choisi de faire valoir qu'un possible gouvernement de coalition PLC-NPD serait néfaste pour les Canadiens.

Andrew Scheer, qui ne fait référence qu’à la coalition « Justin Trudeau-NPD », estime que cette idée est « une tentative désespérée » et la preuve que le chef libéral « ferait n’importe quoi pour rester au pouvoir ».

Lors d’un point de presse à Winnipeg, lundi, le leader conservateur a répété que deux options seulement s’offraient aux Canadiens. D’une part, ils peuvent élire une coalition qui augmentera les impôts et la taxe carbone, et freinera l’industrie et les emplois, allègue-t-il. D’autre part, ils peuvent voter pour un gouvernement conservateur majoritaire qui mettra « de l’argent dans leurs poches ».

Je ne crois pas que les Canadiens veulent d’un gouvernement de coalition où Justin Trudeau sera peut-être le porte-parole, mais en réalité le NPD mènera le jeu.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Par ailleurs, Justin Trudeau avait à peine terminé son point de presse du jour que les conservateurs publiaient un communiqué déclarant qu'il s'agirait là d'une coalition que les Canadiens ne peuvent pas se payer.

Pour Andrew Scheer, le scénario d'un gouvernement minoritaire n'est pas envisagé : il vise un mandat majoritaire afin de « mettre en œuvre [son] agenda ». Interrogé sur la possibilité de devoir coopérer avec le Bloc québécois au sein d’un gouvernement minoritaire, le chef conservateur a lancé : Je n’ai pas besoin de travailler avec le chef du Bloc à Ottawa, je peux travailler avec [le premier ministre] François Legault pour donner des résultats aux Québécois.

Andrew Scheer visite trois circonscriptions détenues par les libéraux au Manitoba au cours de la journée.

Singh tente d'éviter le sujet

De passage à Vancouver, vendredi matin, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s'est fait bombarder de questions sur cette possible coalition. Il a tenté tant bien que mal de remettre le couvercle sur la marmite.

Je ne négocie pas l'avenir aujourd'hui, a-t-il esquivé, avant de réitérer la position qu'il adoptait jusqu'ici : le NPD va chercher à se battre pour améliorer le sort des Canadiens.

Si vous votez néo-démocrates, vous connaissez nos priorités, nos positions. Nous allons améliorer votre vie, nous allons nous battre pour vous. Vous savez que les libéraux vous ont laissé tomber, vous savez que les conservateurs coupent les services.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

M. Singh s'est moqué des attaques conservatrices au sujet du caractère dépensier d'une coalition réunissant les libéraux et les néo-démocrates.

Les conservateurs offrent des baisses d'impôt, mais ce qu’ils font en vérité, c’est qu’ils baissent les impôts des Canadiens les plus riches, ensuite ils coupent les services dont les familles ont besoin, et ça leur coûte beaucoup plus cher, a-t-il raillé.

Au sujet de l'ACEUM, M. Singh a soutenu qu'un gouvernement néo-démocrate travaillerait avec le Parti démocrate, qui contrôle la Chambre des représentants des États-Unis, pour renforcer les dispositions visant à protéger les travailleurs et l'environnement.

« C'est ordinaire en "torrieux" », dit Blanchet

En tournée dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le chef bloquiste a plutôt continué de faire valoir qu'un fort contingent de députés de son parti à la Chambre des communes ne pouvait être que bénéfique aux Québécois.

Venant d’un chef qui hier encore accusait ses principaux adversaires conservateurs d’avoir une éthique douteuse et de jouer la polarisation, c’est ordinaire en "torrieux", a-t-il commenté, avant de regarder directement la caméra pour s'adresser à M. Trudeau.

Hé, Justin, je te rappelle qu’en 2008, c’est vous qui avez permis aux conservateurs de couper dans les arts et la culture du Québec. Le Bloc a voté contre le budget, les libéraux se sont abstenus. Alors, on va regarder les livres d’histoire comme il faut, on va se dire la vérité.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Yves-François Blanchet affirme régulièrement que son parti a obtenu des réussites face au gouvernement minoritaire de Stephen Harper, comme la reconnaissance de la nation québécoise, le règlement partiel du déséquilibre fiscal et l'obtention d'un siège pour le Québec à l'UNESCO.

Le chef bloquiste a depuis longtemps fait savoir qu'il ne participera à aucun gouvernement de coalition. Il assure que le Bloc québécois appuiera les projets de loi qui sont bons pour le Québec et votera contre ceux qui ne le sont pas.

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