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Nouveau record pour le marché immobilier à l'Île-du-Prince-Édouard

Quatre nouvelles maisons sont à vendre sur le bord d'une route en périphérie de Charlottetown.

En septembre 2019, le prix moyen d'une maison unifamiliale à Charlottetown était de 296 000 $.

Photo : Julien Lecacheur

Radio-Canada

Le prix moyen d'une maison unifamiliale à l'Île-du-Prince-Édouard a dépassé la barre des 250 000 $.

Dans sa maison en banlieue de Charlottetown, Marie Fleurial-Acéac s'active. Cette mère de deux enfants, éducatrice en petite enfance à la garderie l'Île enchantée, a emménagé avec sa famille dans sa maison de quatre chambres en décembre 2018 .

Un an plus tard, elle estime avoir payé trop cher. On n'avait pas le choix, mais sincèrement, je trouvais que c'était cher pour une maison à l'Île-du-Prince-Édouard, soupire-t-elle. Marie Fleurial-Acéac et sa famille ont vendu très rapidement leur ancienne maison à Harrington, à vingt minutes au nord de la capitale insulaire. Pris de court, ils ont acheté leur nouvelle maison, idéalement située, à cinq minutes de son travail et de celui de son mari.

Les prix ne sont pas abordables, ils ne sont pas abordables!

Marie Fleurial-Acéac
Marie Fleurial-Acéac est assise dans son canapé. Elle regarde la caméra.

Marie Fleurial-Acéac et son mari ont payé 269 000 $ leur maison de quatre chambres en périphérie de Charlottetown en 2018.

Photo : Julien Lecacheur

Et aujourd'hui, la famille Fleurial, qui vit sur son modeste salaire d'éducatrice et sur celui de son mari, agent d'entretien, est prise à la gorge financièrement. Cela nous stresse et cela rend notre budget très très très serré. Cela n'est pas possible de penser à des loisirs, car tout l'argent que nous gagnons passe dans la maison, explique-t-elle.

296 000 $ pour une maison unifamiliale à Charlottetown

Le marché de l'immobilier de l'Île-du-Prince-Édouard continue d'être difficile pour les acheteurs. Selon un rapport de l'Association des agents immobiliers de la province, le prix moyen d'une maison unifamiliale sur l'île a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 250 000 $. Une augmentation de l'ordre de 17,2 % depuis septembre 2018 .

Deux panneaux à vendre sont disposés devant des maisons neuves.

Le prix moyen d'une maison unifamiliale est de 250 000 $ à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Julien Lecacheur

Et à Charlottetown, Royal LePage, estime que le prix moyen a atteint 296 000 $, soit une augmentation de 2,8 % en un an.

Gleg Lipton, le président de l'Association des agents immobiliers de l'Île-du-Prince-Édouard n'est pas surpris pas une telle hausse.

La demande est bien trop élevée par rapport à l'inventaire disponible. Il y a un véritable manque d'habitations à vendre à l''île. C'est impossible de rendre tous les acheteurs heureux.

Greg Lipton, président de l'Association des agents immobiliers de l'Île-du-Prince-Édouard.

Selon lui, la tendance ne devrait pas s'inverser de sitôt dans la capitale insulaire. Et ce, malgré de nouvelles constructions qui fleurissent aux quatre coins de la ville et dans sa périphérie. Il assure que même si les prix devraient continuer d'augmenter, quoique plus lentement.

Greg Lipton est assis à son bureau. Il rédige un courriel sur son ordinateur portable.

Pour Greg Lipton, il y a un manque criant d'habitations à vendre à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Julien Lecacheur

Les constructeurs sous pression

Pour tenter d'endiguer cette pénurie de logements, les entrepreneurs locaux multiplient les chantiers à travers Charlottetown : immeubles, logements locatifs pour personnes âgées, maisons flambant neuves, tout y passe.

Warren Doiron est au nombre des constructeurs débordés. Ce propriétaire de l'entreprise New Homes Plus, termine actuellement la construction d'un village locatif pour personne âgées. Il y a une très forte demande pour ce genre de logements. Nous affichons complet et nous avons encore neuf familles sur liste d'attente, explique-t-il.

Un immeuble à appartements en construction.

Près d'un millier de logements sont à vendre à l'Île, un nombre en baisse de 8,9 % comparativement à septembre 2018.

Photo : Julien Lecacheur

Warren Doiron supervise aussi la construction de maisons unifamiliales à Charlottetown. Il reconnaît qu'elles sont bien plus chères que dans le passé, une évolution qui a modifié le portrait de sa clientèle. Aujourd'hui les acheteurs sont de jeunes couples mariés dans la trentaine, et non plus dans la vingtaine.

Je construis des maisons entre 275 000 $ et 325 000 $. Les prix sont [...] plus élevés. Il y a dix ans je payais un terrain 25 000 $; aujourd'hui, ce même terrain, je le paie 65 000 $.

Warren Doiron, propriétaire, New Homes Plus
Devanture d'une maison en travaux.

Warren Doiron termine la construction de duplex destinés à la location à des personnes âgées. Il les louera 1800 $ par mois.

Photo : Julien Lecacheur

Cette situation inquiète depuis des mois à la mairie de Charlottetown. Philip Brown, le maire, tente de régler cette crise du logement. Mais selon lui, cela risque d'être long. Le problème de logement à court terme, c'est une partie du problème. L'autre partie du problème, c'est le logement abordable et puis le logement des étudiants à UPEI et au Collège Holland, souligne-t-il.

Philip Brown, est assis à son bureau. Il regarde ses courriels sur son ordinateur.

Philip Brown veut endiguer au plus vite la crise du logement que traverse la ville de Charlottetown.

Photo : Julien Lecacheur

En attendant, Marie Fleurial-Acéac exhorte les gouvernements provinciaux et fédéraux à résoudre cette crise au plus vite, pour elle, mais aussi pour les générations futures. Je pense que les gouvernements doivent se pencher sur ce problème parce que les petites bourses souffrent beaucoup, déplore-t-elle. Et d'ajouter : Les prix ne font que grimper, cela ne va pas ralentir. Mes enfants qui grandissent, combien vont-ils payer une maison à l'Île dans 5 ou 10 ans ?

Île-du-Prince-Édouard

Immobilier