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Donald Trump promet de « détruire l’économie turque »

Donald Trump dans le jardin de la Maison-Blanche.

Le président américain Donald Trump

Photo : Getty Images / Win McNamee

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a annoncé son intention d’imposer des sanctions économiques « sévères » contre la Turquie en réponse à l’offensive que mène Ankara contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Dans un communiqué publié par la Maison-Blanche, le président américain a affirmé que son pays va sévèrement sanctionner les responsables du gouvernement turc et toute autre personne contribuant aux actions déstabilisantes de la Turquie en Syrie.

Je suis pleinement disposé à détruire rapidement l’économie de la Turquie si les responsables turcs continuent de s’engager dans cette voie dangereuse.

Donald Trump

M. Trump affirme également qu’il augmentera les tarifs sur l’acier de 50 % et que son pays cessera « immédiatement les négociations » commerciales avec Ankara.

Alors que M. Trump annonçait dimanche le retrait de près de 1000 soldats du Nord syrien, il a toutefois indiqué lundi que les troupes américaines vont se redéployer et rester dans la région pour surveiller la situation et empêcher un retour des combattants du groupe extrémiste État islamique (EI) sur le terrain. Il a précisé aussi qu’une « poignée » de soldats américains restera dans le sud de la Syrie à cet effet.

À Paris, le président français Emmanuel Macron a insisté auprès de M. Trump sur la « nécessité absolue d'empêcher une résurgence » des djihadistes de l’EI avec l'opération turque en cours.

Lors d'un échange téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, M. Trump s'est montré « très ferme », selon le vice-président américain Mike Pence qui a précisé qu'il se rendrait prochainement en Turquie à la demande du président américain.

M. Pence a par ailleurs assuré que le dirigeant turc s'était engagé à ce qu'il n'y ait « aucune attaque » contre la ville de Kobané.

Trois enfants à l'arrière d'une voiture.

Un certain nombre de personnes ont décidé de quitter la ville de Ras al-Aïn.

Photo : Reuters / Rodi Said

Ankara accusé de « saper » les efforts anti-EI

Les Kurdes accusent Washington, leur ancien allié, de les avoir abandonnés en retirant la semaine dernière des soldats de zones frontalières. Ils étaient les partenaires de Washington face aux combattants de l’EI, dont des milliers se trouvent dans les prisons et les camps de déplacés gérés par les Kurdes. Dimanche, ces derniers ont annoncé la fuite de près de 800 proches de djihadistes étrangers d'un de ces camps.

Les Kurdes pourraient être en train d'en relâcher quelques-uns pour nous forcer à nous impliquer, avait plus tôt dans la journée accusé sur Twitter le président Trump. Lundi soir, le ministre américain de la Défense Mark Esper a pourtant montré du doigt la Turquie, l’accusant d’être responsable de la « libération de nombreux détenus dangereux » du groupe djihadiste.

Washington demandera à l'OTAN de prendre des « mesures » contre la Turquie, coupable d'avoir « sapé » la mission internationale anti-État islamique dans le pays, a précisé M. Esper dans un communiqué.

Après l'annonce du retrait de militaires américains du secteur, les forces kurdes n'ont eu d'autre choix que de réclamer un déploiement de l'armée de Bachar Al-Assad près de la frontière, pour contrer la progression du voisin turc et de ses supplétifs syriens.

L'accord entre les Kurdes et le régime prévoit l'entrée de l'armée dans les villes de Minbej et d'Aïn al-Arab, le nom arabe de Kobané, d'après le quotidien Al-Watan proche du pouvoir.

Des hommes en treillis, armés et adossés à un mur.

Des combattants rebelles syriens sont soutenus par la Turquie.

Photo : Reuters / Khalil Ashawi

Une guerre complexe

Lancée le 9 octobre dans le Nord syrien, l'offensive d'Ankara vise à instaurer une « zone de sécurité » de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG), milice kurde qualifiée de « terroriste » par Ankara.

Les forces turques ont déjà conquis une bande territoriale longue d'environ 120 km, allant de la ville frontalière de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn.

Depuis le début de l'offensive, 128 combattants des forces kurdes et 69 civils ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et 94 rebelles proturcs sont morts. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

La Turquie a annoncé la mort de 4 soldats en Syrie et de 18 civils à la suite de tirs de roquettes kurdes sur des villes frontalières turques.

L'intervention du régime de Damas est un véritable retournement de situation illustrant la complexité de la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011, Damas fustigeant régulièrement l'autonomie instaurée de facto par la minorité kurde.

« Entre les compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons la vie », a dit à Foreign Policy Mazloum Abdi, le haut commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), pour justifier l'accord avec Damas.

Avec les informations de Agence France-Presse

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