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La culture crie porte fruit dans les écoles de Maskwacis

Des jeunes lisent, assis autour d'une table.

Les élèves de l'école primaire Ermineskin à Maskwacis commencent chaque journée par une centaine de minutes de lecture.

Photo : Radio-Canada / Josee St-Onge

Radio-Canada

La décision des quatre Premières Nations de la communauté de Maskwacis pour créer la première commission scolaire crie en 2017 commence à porter du fruit tant du point de vue culturel qu’éducatif, soulignent ses intervenants.

L’association de ressources des Premières Nations de Ermineskin, Louis Bull, Montana et Samson pour gérer 11 écoles de leur territoire semble, entre autres, soutenir les jeunes dans leur cheminement et les encourage à poursuivre leurs études.

Parmi les 2144 élèves qui profitent des nouveaux programmes plus liés à leur culture, Donavan Buffalo souhaite ardemment obtenir son diplôme d’études secondaires et devenir charpentier.

« Je veux simplement me dépasser », confie l’adolescent de 16 ans. « Je veux devenir charpentier et m’assurer d’y arriver. »

Un jeune homme se tient dans un couloir ensoleillé, accoté sur un casier d'école.

Pour Donavan Buffalo, un élève de 11e année à l'école secondaire Nipisihkopahk, les sports et la danse au tambour sont une source de motivation.

Photo : Radio-Canada / David Bajer

Il souligne avoir senti le changement de philosophie à son école lors de la création du système scolaire cri. « Beaucoup de gens se rendent aujourd’hui compte qu’on a vraiment besoin d’aller à l’école. »

« J’essaie donc de les encourager à tenir bon jusqu’à la fin de l’année et à faire ce qu’il faut pour assurer leur avenir », ajoute-t-il.

Pour la présidente du conseil des gouverneurs de la commission scolaire, Shauna Bruno, « c’est une chance que nous avons de pouvoir former un système d’éducation qui soutienne vraiment nos enfants ».

L’école est donc un lieu privilégié pour inculquer les valeurs et traditions cries aux jeunes, dont la wânkôhtowin, le sens de la famille. « Notre responsabilité, c’est de leur inculquer l’enseignement traditionnel cri. »

La famille élargie pour garder les jeunes accrochés

Le sens de la famille cher aux Cris est l’un des piliers de l’engagement des jeunes à l’école, explique le directeur Keith MacQuarrie.

« On essaie de créer cette connexion entre les gens et le bâtiment, le personnel, les autres étudiants et la communauté où nous sommes », note-t-il.

Cette nouvelle vision de l’éducation a déjà vu le taux de rétention des élèves de la 7e à la 12e année passer de 45 % à 85 % dans la première année du projet.

Dans cette optique, l’école fournit également le petit déjeuner et le dîner à tous les élèves, contribuant à leurs besoins de base afin de les aider à apprendre, ajoute le directeur.

Les élèves apprennent aussi la langue crie et participent aux cérémonies traditionnelles des Premières Nations, comme la purification par la fumée, la sudation ou la danse au tambour.

« C’est une façon de nous assurer que les élèves se sentent en sécurité et aient l’impression qu’on s’occupe d’eux », précise M. MacQuarrie.

La lecture comme instrument

La nouvelle structure scolaire met également l’accent sur la lecture. « Ça leur permet d’explorer le monde et d’apprendre », explique la directrice de l’école primaire d’Ermineskin, Debbie Michaels.

« Ils en ont besoin et ceux qui n’ont pas cette compétence se retrouvent face à une barrière. »

Cela reste toutefois un défi, admet la directrice, puisque seulement 54 % des élèves avaient un niveau de lecture jugé acceptable par les épreuves gouvernementales.

L’écriture se porte toutefois mieux. Les résultats des élèves de sixième année aux épreuves provinciales d’écriture montraient que 94 % des élèves des écoles cries avaient un niveau acceptable ou supérieur.

Transmission dans la communauté

Ce que les éducateurs espèrent, c’est que les effets du nouveau système scolaire se répercutent au sein des Premières Nations et ailleurs.

« Quand les enfant sont plus en santé, la communauté est généralement plus en santé », soutient Shauna Bruno. Cet effet domino peut toucher plusieurs domaines et dépasser les frontières de la communauté, « pour atteindre le monde entier », croit-elle.

Avec les informations de Josée St-Onge

Alberta

Autochtones