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Langues officielles : les chefs trop vagues, selon des défenseurs des francophones hors Québec

Justin Trudeau, Andrew Scheer et Maxime Bernier quelques instants avant le débat des chefs du 7 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

La question des droits des minorités linguistiques et des langues officielles a surgi cette semaine dans la campagne électorale, lorsqu’un Franco-Ontarien a interpellé les chefs de parti lors du dernier débat. 

Les réponses des chefs forcés de se prononcer sur le sujet sont demeurées trop vagues, estime le juriste Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques.

Michel Doucet à l'extérieur devant l'édifice de Radio-Canada à Moncton.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques.

Photo : Radio-Canada

Les réponses des chefs ont été, certainement, superficielles, dit-il. On n'est pas allé vraiment dans les détails.

Pour connaître les intentions des chefs, mieux vaut consulter les programmes des partis, souligne-t-il.

On n'a pas donné d'échéancier pour cette modernisation-là. On en parle déjà depuis très longtemps, mais jusqu'à présent personne n'a dit quand elle se ferait et à quel moment elle serait mise de l'avant. Alors, sur ce plan, je crois que les gens sont demeurés un peu sur leur faim.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques

Michel Doucet déplore que la question de la dualité canadienne ne soit pas à l'avant-plan dans cette campagne électorale. Les partis politiques en parlent très peu du côté anglophone, on l'effleure du côté francophone. On s'aperçoit que ce n'est pas une priorité pour les partis politiques, constate l'avocat.

Je crois que les langues officielles ne sont pas une priorité. Même au Nouveau-Brunswick, une province officiellement bilingue, il y a encore d'énormes lacunes dans les services dans les deux langues officielles. C'est la même chose dans les institutions fédérales, poursuit M. Doucet. Au niveau fédéral, ce qui manque actuellement, parmi tous les partis politiques, c'est un véritable leadership au niveau des langues officielles.

Au moins, on peut dire (...) qu’on a abordé - peut être pas de façon détaillée - mais on a abordé, quand même, des dossiers qui touchent directement la communauté francophone, dit-il enfin.

Notre dossier Élections Canada 2019

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) qualifie d’évasives les réponses des politiciens lors du débat des chefs.

C'est facile de dire qu'on va s'engager à moderniser la Loi sur les langues officielles, mais quand on ne répond rien d'autre que ça, on ne met pas de date à ça, on ne dit pas si c'est quelque chose de prioritaire, on ne dit pas de quelle façon ça va être modernisée, affirme M. Melanson.

Robert Melanson à l'extérieur devant des arbres aux feuillage jaune à l'automne.

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Il se réjouit néanmoins que la question ait au moins été abordée et croit que cela s’inscrit dans une prise de conscience renouvelée en milieu francophone minoritaire.

Généralement, dans les débats des chefs nationaux, on n'a jamais parlé de nous. Alors là, on commence un peu, depuis la crise en Ontario et (...) la montée de l'Alliance des gens [au Nouveau-Brunswick], là, les gens ont commencé à se réveiller, affirme M. Melanson.  

Maintenant, je sais que tous les chefs ont été interpellés, savent de quoi il s'agit - de la modernisation de la Loi sur les langues officielles - parce qu'ils ne pouvaient pas ne pas être “briefés” sur le sujet après un pareil débat.

Robert Melanson, Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick

Cette loi-là est plus qu'une loi, c'est un véritable contrat social. C'est un contrat qui sert à l'hégémonie et l'unité nationale du Canada. C'est ce qui tient ensemble les morceaux, soutient Robert Melanson. Une Loi sur les langues officielles inefficace va mettre en péril l'unité nationale du Canada, qu'on se le dise une fois pour toutes, affirme-t-il.

Elizabeth May, Justin Trudeau, Andrew Scheer, Maxime Bernier, Yves-François Blanchet et Jagmeet Singh sur le plateau du débat.

Elizabeth May, Justin Trudeau, Andrew Scheer, Maxime Bernier, Yves-François Blanchet et Jagmeet Singh.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a lancé plus tôt cette année un chantier afin de consulter les Canadiens sur la modernisation promise de la Loi sur les langues officielles.

Au débat des chefs du 10 octobre, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, et le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, ont tous deux affirmé leur intention de moderniser la Loi.

Elizabeth May, du Parti vert, a déclaré son intention d’accorder plus de pouvoirs au Commissaire aux langues officielles.

Maxime Bernier a pour sa part promis qu’un gouvernement du Parti populaire du Canada allait « réinvestir » dans les services en français.

D’après le reportage de Wildinette Paul

Nouveau-Brunswick

Francophonie