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Des candidats d'Ottawa croisent le fer dans une mosquée de la capitale

Des personnes assises qui écoutent un débat.

Des dizaines de citoyens sont venus à la mosquée pour assister au débat samedi soir.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Radio-Canada

Des candidats pour la circonscription d'Ottawa-Centre ont participé à un débat, samedi soir, dans une mosquée du quartier Westboro. Une première dans la capitale.

L'événement était organisé par la Ottawa Muslim Association, un organisme non partisan.

Pour nous, il s'agit d'une session pour éduquer la communauté, explique le président de l'association, Ahmed Ibrahim. On remarque que plusieurs personnes ne savent pas encore pour qui voter. Nous voulons les aider à prendre une décision.

Les organisateurs du débat disent avoir convié les 12 candidats qui se présentent dans la circonscription d'Ottawa-Centre.

Cinq ont répondu à leur invitation : la libérale Catherine McKenna, la néo-démocrate Émilie Taman, la conservatrice Carol Clemenhagen, la candidate verte Angela Keller-Herzog et le candidat indépendant Chris Jones.

Des thèmes variés

Les candidats ont échangé sur une variété de thèmes : l’immigration, l’environnement, l’économie et l’islamophobie. Les organisateurs du débat souhaitaient ainsi montrer que la communauté musulmane ne se réduisait pas à une seule question.

Les enjeux liés avec la communauté musulmane sont souvent débattus par les politiciens. Même pendant cette campagne électorale, les musulmans ont été utilisés dans la rhétorique des partis, sans que nous soyons inclus dans ces conversations, a fait valoir la journaliste Ginella Massa, qui modérait le débat.

La journaliste Ginella Massa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La journaliste Ginella Massa a modéré le débat.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Nous organisons un débat dans une mosquée. Cela montre qu’être musulman, être canadien, être engagé ne sont pas des choses mutuellement exclusives.

Ginella Massa, journaliste

Les échanges entre les candidats se sont corsés par moments. La députée sortante Catherine McKenna a été critiquée sur son bilan environnemental. La candidate conservatrice Carol Clemenhagen a pour sa part dû défendre la proposition de son parti de réduire d’un quart l’aide étrangère.

Une plaque indiquant une mosquée à Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le débat a été organisé par la Ottawa Muslim Association, un organisme non partisan dans une mosquée du quartier Westboro.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Le vote des musulmans de plus en plus important

Selon le recensement de 2011 — le dernier disponible — un peu plus d’un million de Canadiens sont musulmans. Ils représentent 3,2 % de la population canadienne, un nombre en augmentation.

Il y a une concentration de musulmans dans assez de circonscriptions d’Ottawa que leur vote puisse faire pencher la balance, fait remarquer Fareed Khan, un activiste présent au débat. Je pense que les partis politiques canadiens doivent faire davantage attention aux musulmans et aux questions qui les intéressent.

Des personnes regroupées dans une mosquée à Ottawa assistent à un débat politique. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des dizaines de personnes ont assisté au débat samedi soir.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Les dizaines de personnes qui ont assisté au débat de samedi avaient des préoccupations variées.

Je sais que tout le monde parle de relations internationales, mais maintenant, avec la crise du logement, les emplois et la santé, on a besoin d’entendre des propositions pour améliorer notre vie quotidienne. Qu’est-ce que les partis vont faire pour le Canadien moyen?, demande Shkri Hilowne, une jeune résidente de Gatineau.

Safaa Habach, qui a émigré de Syrie il y a 20 ans, se dit aussi inquiète du coût de la vie.

J’ai du mal avec mes enfants. Ils ont plus de 40 000 $ en frais de scolarité, explique-t-elle, avant d’ajouter qu’elle voudrait que les partis en fassent plus pour s’attaquer à la discrimination.

Mon fils a obtenu son diplôme il y a cinq ans et il ne peut pas trouver un travail parce qu’il s’appelle Mohammed. Qu’est-ce qu’il devrait faire? Changer son nom pour trouver un travail? Ce n’est pas juste, a-t-elle déploré.

Ce débat avait lieu alors que le vote par anticipation bat son plein. Les Canadiens peuvent se rendre à leur bureau de scrutin jusqu’à lundi pour mettre leur bulletin dans l’urne.

Notre dossier Élections Canada 2019

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale