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Les conservateurs se font reprocher de contribuer à une campagne « polarisée »

Les chefs du Parti libéral et du Bloc québécois s’entendent pour dire que les conservateurs ont mené jusqu’ici une campagne « négative ».

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Valérie Boisclair

Les chefs du Parti libéral et du Bloc québécois s’entendent pour dire que les conservateurs ont mené jusqu’ici une campagne « négative ». Tandis que Justin Trudeau leur reproche de contribuer à la polarisation de la campagne à coup d’attaques personnelles et de mensonges, Yves-François Blanchet, lui, juge « déplorable » leur façon de faire.

Refusant d’expliquer pourquoi la sécurité avait été accrue autour de lui lors d’un discours devant 2000 personnes rassemblées la veille à Mississauga, en Ontario, Justin Trudeau a choisi de livrer une salve en bonne et due forme aux conservateurs, dimanche à Toronto.

Sans faire de lien entre les événements de samedi soir et le modus operandi du Parti conservateur, le chef libéral a répété dimanche que celui-ci contribuait à la désinformation en multipliant les attaques contre lui. « Ces élections sont extrêmement polarisées », notamment en raison de la « politique de peur, de négativité et de mensonges » mise en avant par les troupes d’Andrew Scheer, selon Justin Trudeau.

Ça, c’est ce que le Parti conservateur fait maintenant. Il lance des attaques personnelles contre moi. Les conservateurs sentent que s’en prendre à moi et mentir aux Canadiens est la seule façon pour eux de remporter l’élection, a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Toronto.

Menteur, imposteur, faux féministe, faux écolo : le Parti conservateur ne manque pas de mots pour décrire le chef libéral et dénoncer l'échec de ses quatre années au pouvoir. Selon Justin Trudeau, les Canadiens en viennent à être affectés par cette négativité.

En outre, la rhétorique des conservateurs ne fait que renforcer le contraste entre eux et le Parti libéral, a ajouté Justin Trudeau, rappelant plus d'une fois l'importance d'élire « un gouvernement progressiste ».

Nous voyons un niveau extrêmement élevé de désinformation qui circule en ligne. […] Et la réalité, c’est que le Parti conservateur continue de propager des faussetés pour faire peur aux Canadiens.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Interrogé par une journaliste au sujet des publicités du Parti conservateur traduites en chinois, révélées par le Globe and Mail, dans lesquelles les libéraux sont accusés de vouloir légaliser les drogues dures, le chef libéral a répondu : C’est un mensonge et les conservateurs le savent bien.

« Un gros échec » pour les conservateurs

Le chef du Bloc québécois abonde dans le même sens : La politique de façon positive, clairement, pour les conservateurs, c’est un gros échec, a-t-il résumé.

Yves-François Blanchet a lui aussi été la cible d’attaques « assez mesquines » de la part du Parti conservateur, a-t-il confié, précisant qu’il n’avait pas jugé « pertinent » d’en faire étalage sur la place publique.

Ça n’a pas été une campagne élégante.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Selon le chef bloquiste, il n’est pas dans la tradition canadienne de mener des campagnes électorales négatives. Je pense que c’est déplorable, a-t-il ajouté en point de presse en Mauricie.

S’il assure avoir fait de son mieux pour ne pas verser dans les « attaques vicieuses » ou à caractère personnel depuis le début de la campagne, M. Blanchet a tenu à rappeler que les libéraux n'étaient pas blancs comme neige non plus. Eux aussi ont eu recours à des attaques « un peu simplistes », a-t-il souligné.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a lui aussi convenu que le ton des conservateurs était plus négatif.

Bien sûr, il y a eu des attaques, et certains ont soulevé des inquiétudes au sujet du ton de cette élection, a-t-il dit. Je pense qu’il faut avoir des discussions, [exprimer] des désaccords, mais il y a une façon de le faire, de sorte qu'on n'alimente pas la haine, a-t-il ajouté sous les acclamations de la foule réunie à Surrey, en Colombie-Britannique.

Récupération politique

Montant au front, le conservateur Gérard Deltell, qui se présente dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec, a affirmé que les attaques tous azimuts étaient le lot d’une campagne électorale. D'autres partis politiques nous attaquent avec de la publicité négative, a-t-il affirmé, ajoutant que les conservateurs proposaient, eux, des solutions pour les Canadiens.

M. Deltell voit dans la sortie du chef libéral une volonté de « politiser la question de la sécurité ». C’est la pire chose à faire, a-t-il prévenu. Il ne faut surtout pas faire de la sécurité un enjeu électoral, d’aucune façon.

On s’en remet à la GRC, on leur remercie de faire très bien leur travail, et nous, on va continuer à faire notre travail de politicien, a déclaré le candidat conservateur, qui a appelé à « condamner vigoureusement la violence ».

Samedi, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, s'était dit bouleversé de savoir que Justin Trudeau avait dû porter un gilet pare-balles et avait condamné les menaces de violence envers des leaders politiques.

Le Parti libéral n'a pas voulu confirmer que des menaces avaient bel et bien mené les autorités à renforcer la sécurité autour du premier ministre sortant, comme l'ont laissé savoir des sources libérales haut placées. La GRC a indiqué dimanche qu'elle ne ferait pas non plus de commentaire à ce sujet.

Ça ne changera en rien la façon dont je ferai campagne dans la prochaine semaine, a affirmé Justin Trudeau dimanche.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le Bloc lui aussi visé par des menaces

Le Bloc québécois a lui aussi signalé des déclarations inquiétantes à la police. Au cours de la campagne, on a reçu nous aussi des menaces, on les a transmises aux autorités compétentes, a indiqué le chef du parti, Yves-François Blanchet, lors d'un arrêt dimanche à Trois-Rivières.

S’il n’a pas voulu entrer dans le détail des menaces qui ont été formulées, M. Blanchet a tout de même indiqué qu’il s’agissait d’illuminés sur les réseaux sociaux, des gens dont les intentions pourraient être malveillantes.

Le chef bloquiste, qui n’a pas demandé à renforcer la sécurité autour de lui, dit ne pas s’en formaliser outre mesure. Je ne donne moi-même pas de suivi, j’ai d’autres choses à faire, a-t-il lancé.

Il n’y a jamais de besoin ou de justification de recourir non seulement à la violence, mais aux menaces, a déclaré Yves-François Blanchet au sujet des menaces à la sécurité de son vis-à-vis libéral.

Le chef du Nouveau Parti démocratique a indiqué de son côté qu’il n’avait pas reçu de « menaces spécifiques » depuis le début de la campagne.

Au-delà des politiciens et de la présente campagne, « il y a une augmentation de la haine et il faut confronter ça », a déclaré Jagmeet Singh, qui a évoqué le cas de groupes haineux actifs à Hamilton. J’ai peur pour les gens, mais pas pour moi.

Depuis le déclenchement de la campagne électorale, la Gendarmerie royale du Canada a constaté que les propos violents étaient de plus en plus tolérés sur les réseaux sociaux. Des gens ayant proféré des menaces de mort contre les chefs de partis fédéraux ont été rencontrés par des agents de la GRC, selon CBC.

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