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Le Bloc québécois ne participera à aucune coalition

Yves-François Blanchet garde l’approche « projet par projet » dans l’éventualité de l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa.

Yves-François Blanchet assis à l'arrière d'une voiture décapotable que des passants regardent défiler.

Yves-François Blanchet a pris part à une parade à l'occasion du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville.

Photo : Radio-Canada

Marc-Antoine Ménard

Même si la montée du Bloc québécois dans les intentions de vote alimente l’hypothèse de l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa, le 21 octobre, Yves-François Blanchet promet que sa formation ne changera pas son approche : elle travaillera dans les intérêts du Québec.

Il n’y aura pas de coalition avec la participation du Bloc québécois, a-t-il indiqué, dimanche, lors d’un impromptu de presse durant une visite dans un marché de Trois-Rivières, en Mauricie. Ainsi, le Bloc québécois ne fera partie d’aucun gouvernement […] ne soutiendra aucun parti politique autre que projet par projet.

Quel que soit le scénario, si ce que le gouvernement propose, quel qu’il soit, est bon pour le Québec, le Bloc québécois va collaborer. Si c’est mauvais pour le Québec, le Bloc québécois va s’opposer. Entre les deux, on va négocier des affaires.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Entre autres exemples : le financement de mesures pour assurer l'accès à Internet haute vitesse dans toutes les régions du Québec, pour lesquelles le Bloc québécois promet de réclamer une somme de 500 millions de dollars au futur gouvernement fédéral. Le parti estime qu'Ottawa devrait contribuer au plan élaboré par le gouvernement du Québec, qui compte réaliser ce branchement d'ici à 2022.

M. Blanchet a rejeté du même coup les attaques des libéraux, samedi, assimilant un vote pour le Bloc québécois à un vote pour les conservateurs. Quelqu’un qui a peur du Bloc québécois, c’est quelqu’un qui a dans ses plans des projets qui pourraient ne pas être bons pour le Québec, a résumé le chef du Bloc.

Yves-François Blanchet assure que l’objectif de son parti n’est pas « de ralentir ou de bloquer la machine » à Ottawa. Lorsqu’un gouvernement est minoritaire, ils sont un peu plus pressés par le temps et il y a des projets qui peuvent avancer plus vite, a-t-il analysé.

Il y a bien des fois où le téléphone va sonner chez nous, et c’est eux autres qui vont demander.

Yves-François Blanchet

Quant à l’allégation libérale selon laquelle le Bloc québécois aurait permis aux conservateurs, dans leur budget de l’hiver 2008, d’imposer des compressions dans certains programmes culturels, M. Blanchet renvoie les libéraux « à leurs livres d’histoire ».

La plupart des députés du Parti libéral, dirigé à l’époque par Stéphane Dion, s’étaient abstenus de voter sur ce budget, alors que le Bloc s’y était opposé, a-t-il fait valoir. Le gouvernement de Stephen Harper avait finalement été réélu, de nouveau minoritaire, lors d’élections déclenchées l’automne suivant.

Justin Trudeau a aussi affirmé dimanche que le Bloc avait permis aux conservateurs de M. Harper de retirer le Canada du protocole de Kyoto. Dans les faits, ce retrait a été annoncé en décembre 2011, alors qu'il ne restait que quatre députés bloquistes à la Chambre des communes, après que Stephen Harper eut réussi à obtenir une majorité parlementaire aux élections de mai 2011.

Des menaces sans suite

Par ailleurs, le chef du Bloc québécois a confirmé avoir lui-même fait l'objet de menaces durant la campagne électorale, mais qu'aucune n'a été aussi sérieuse que celle ayant forcé le chef libéral à porter un gilet pare-balles, samedi soir.

Je demande aux électeurs ou aux gens […] de respecter le fait que nous sommes des gens pacifiques et que c’est par la démocratie qu’on règle les enjeux qui nous concernent, a-t-il déclaré lors d'un point de presse subséquent à Louiseville.

Notre dossier Élections Canada 2019

Dans des circonscriptions pivots

Le chef du Bloc québécois, qui dit avoir toujours misé sur « un plancher de 20 circonscriptions », fait campagne dimanche dans des circonscriptions où des luttes à deux, voire à trois partis sont à prévoir le 21 octobre.

M. Blanchet s’est d’abord arrêté à Trois-Rivières, où Robert Aubin, du Nouveau Parti démocratique, l’avait emporté de justesse en 2015. La candidate bloquiste Louise Charbonneau, une enseignante et conseillère pédagogique de carrière, rivalise avec le candidat conservateur et ancien maire Yves Lévesque et la candidate libérale Valérie Renaud-Martin, une conseillère municipale.

Il a tenu son point de presse du jour dans Berthier–Maskinongé, où le NPD veut conserver le siège de Ruth Ellen Brosseau, la whip du parti, qu’elle avait remporté de façon convaincante il y a quatre ans. Le bloquiste Yves Perron y tente de nouveau sa chance cette année, tandis que les libéraux (Christine Poirier) et les conservateurs (Josée Bélanger) y présentent de nouvelles candidates.

Au sujet de cette dernière circonscription, le chef du Bloc a décrit son niveau de confiance comme étant « pas pire ». La candidature d’Yves Perron me semble extraordinairement valable pour la circonscription, et je n’ai pas à commenter la qualité des autres candidatures. Je pense que le seul chiffre qui va compter, c’est celui du 21 au soir, a-t-il résumé.

Yves-François Blanchet se dirigera ensuite vers Roberval, dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, où Alexis Brunelle-Duceppe, le fils de l’ancien chef du Bloc Gilles Duceppe, tentera de ravir le siège remporté par le libéral Richard Hébert lors d’une élection partielle, en octobre 2017. MM. Duceppe père et fils seront présents au rassemblement de dimanche soir. Les conservateurs ont pour candidat le conseiller municipal Jocelyn Fradette, dans cette circonscription auparavant représentée par l’ancien ministre Denis Lebel. Jean-Simon Fortin, un étudiant en psychologie de 21 ans, est le candidat néo-démocrate.

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