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Boris Johnson informe ses ministres sur les ultimes négociations du Brexit 

Le premier ministre britannique Boris Johnson avec les cheveux en bataille.

Le premier ministre britannique Boris Johnson

Photo : afp via getty images / ISABEL INFANTES

Agence France-Presse

Le premier ministre britannique Boris Johnson a estimé dimanche qu'un accord de Brexit avec l'Union européenne restait possible, en informant ses ministres des avancées des pourparlers avec Bruxelles, qui se sont intensifiés pour tenter de sortir de l'impasse à 18 jours du divorce.

Le premier ministre [...] a réitéré qu'un chemin vers un accord pouvait être perçu, mais qu'il reste toujours un travail considérable à accomplir pour y parvenir et que nous devons rester préparés à partir du 31 octobre, a indiqué un porte-parole après l'appel téléphonique du dirigeant aux principaux membres de son gouvernement.

Le temps presse, à quelques jours du sommet européen des 17 et 18 octobre, présenté comme celui de la dernière chance pour éviter une sortie de l'UE sans accord aux conséquences douloureuses, ou un troisième report prolongeant l'incertitude sur le chemin que prendra le Royaume-Uni après 46 ans dans le giron européen.

Dimanche en fin d'après-midi, le négociateur de l'UE Michel Barnier fera également un point d'étape des négociations au Coreper, l'instance regroupant les 27 ambassadeurs de l'UE, à Bruxelles.

Michel Barnier au siège de l'Union européenne à Bruxelles, alors qu'il porte des dossiers et qu'il se tient devant des caméras.

Le négociateur pour l'Union européenne Michel Barnier

Photo : afp via getty images / KENZO TRIBOUILLARD

L'espoir est que les négociateurs britanniques aient montré suffisamment de flexibilité pour poursuivre et conclure les négociations rapidement. L'horloge tourne, a indiqué à l'AFP une source européenne.

Nul doute que le Brexit sera également au menu d'un dîner de travail dimanche entre le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, en préparation d'un conseil des ministres franco-allemand le 16 octobre à Toulouse (sud-ouest de la France).

Frontière

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord, province britannique, et la République d'Irlande, qui restera membre de l'UE, et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Depuis que son plan de Brexit présenté début octobre a été rejeté par les Européens, Boris Johnson aurait fait des concessions.

Mais peu de détails ont filtré sur la manière concrète dont Londres et Bruxelles comptaient surmonter les points de désaccord persistants, notamment sur la manière d'éviter la mise en place de contrôles douaniers et le droit de regard donné aux autorités locales d'Irlande du Nord dans le mécanisme.

Selon des informations de presse, il pourrait s'agir de maintenir l'Irlande du Nord dans une forme d'union douanière avec l'UE, ce qui a fait tiquer l'allié nord-irlandais de l'exécutif, le parti unioniste DUP.

S'il parvient à conclure un accord, Boris Johnson aura encore la lourde tâche de convaincre le Parlement, très divisé sur le Brexit. Les députés avaient rejeté trois fois l'accord négocié par l'ex-première ministre Theresa May.

Allié des conservateurs, désormais minoritaires à la Chambre des communes face aux partis de l'opposition, le DUP a fait connaître les conditions de son soutien à un éventuel accord.

L'Irlande du Nord doit demeurer entièrement dans une union douanière avec le Royaume-Uni, a prévenu Nigel Dodds, son chef de file à la Chambre, dans le quotidien italien La Repubblica.

Vers un compromis

Le ministre Jacob Rees-Mogg, ardent « Brexiter », a appelé sur Sky News les pro-Brexit à se fier à Boris Johnson, tout en estimant qu'un compromis était inévitable.

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, principale formation d'opposition, a indiqué qu'il attendrait de voir un accord pour se prononcer, appelant les députés à la « prudence », sur la même chaîne de télévision.

Jeremy Corbyn fait un discours devant une foule de dos.

Le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn

Photo : afp via getty images / OLI SCARFF

Faute d'accord le 19 octobre, une loi adoptée en septembre par le Parlement impose à Boris Johnson de demander un report de trois mois. Un texte qualifié de loi de capitulation par le dirigeant britannique, qui veut réaliser le Brexit « coûte que coûte » le 31 octobre.

Cette demande de report doit être approuvée à l'unanimité des autres États membres.

Les députés devraient siéger, pour la première fois un samedi depuis la guerre des Malouines en 1982, lors d'une séance extraordinaire du Parlement le 19 octobre, qui s'annonce décisive pour le Brexit.

La profondeur de la crise politique engendrée par le Brexit est telle au Royaume-Uni que des élections anticipées semblent inévitables dans les prochains mois.

En mode précampagne, l'exécutif présentera lundi son programme de politique nationale lors du discours de la reine Elizabeth II devant le Parlement.

Le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a estimé dimanche dans le quotidien autrichien Kurier qu'il serait judicieux d'accepter une demande de report du Brexit dans le cas, improbable selon lui, où le gouvernement britannique ferait une telle requête.

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