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Faste saison de chasse à l’orignal sur la Côte-Nord

Il avance face à nous.

Un orignal dans la forêt

Photo : Radio-Canada

Dereck Doherty

Alors que bien des chasseurs parcourent les vastes étendues sauvages à la recherche du gibier de leurs rêves, la Côte-Nord connaît une belle saison de chasse à l’orignal cette année, selon des gestionnaires de pourvoiries et de zones d’exploitation contrôlée (ZEC) de la région.

On est super contents de voir que c’est une très bonne année, a affirmé Benoît Farcy, directeur général de la ZEC Nordique près des Escoumins, précisant que 42 orignaux ont été abattus en date de mardi dernier sur le territoire de la zone d’exploitation contrôlée qu’il gère. C’est vraiment une très, très bonne saison par rapport à il y a deux ou quatre ans.

C’est le même constat à Tadoussac, où la propriétaire de la pourvoirie Club chasse et pêche Tadoussac, Johanne Claisse, fait état d’une année exceptionnelle, voire la meilleure depuis l’ouverture du club il y a 15 ans, avec le double de bêtes récoltées par rapport aux années passées.

Selon elle, l’automne plus frais que l’on connaît cette année est l’une des causes de ce fort taux de succès, puisqu’une température plus élevée telle qu'observée les automnes derniers ne favorise pas le mouvement chez les orignaux.

Cette année, ça a été plus frais et c’est vraiment une année record.

Johanne Claisse, propriétaire du Club chasse et pêche Tadoussac

Outre le facteur météorologique, le plan de gestion de la faune du gouvernement québécois favorise la croissance de la population des orignaux sur le territoire, a expliqué Mme Claisse. Le cheptel est en constante augmentation depuis ce temps-ci, puis ça a porté fruit.

Source de revenus

La chasse à l’orignal est un très, très gros revenu pour la ZEC de 480 km2 de M. Farcy, située tout juste au nord de la municipalité des Escoumins. Des études ont démontré qu’un orignal, lorsqu’il se fait abattre, ça vaut environ 38 000 $ dans l’économie générale, a-t-il expliqué.

C’est que les chasseurs doivent notamment se loger et s’alimenter pendant la saison. Bon an, mal an, la ZEC de M. Farcy accueille une centaine de groupes de chasse allant de deux à six personnes.

Or, cette source de revenus est à risque, selon Charles Pinard, président de l'Association des pourvoiries de la Côte-Nord. Selon lui, il manque de relève chez les chasseurs du Québec.

Il prédit que d'ici quelques années, le nombre de chasseurs aura diminué au point où les récoltes records seront chose du passé. Il va avoir autant d'orignaux, mais c'est des chasseurs qu'il va manquer. Le secteur de la chasse a de la difficulté à se renouveler et les plus jeunes chasseurs qui séjournent dans la pourvoirie de M. Pinard ont environ 35 ans.

Il va y en avoir, de la relève, mais il n'y en aura pas assez pour soutenir le réseau des ZEC et des pourvoiries.

Charles Pinard, président de l'Association des pourvoiries de la Côte-Nord

Selon M. Pinard, le gouvernement québécois devra mettre des mesures en place pour favoriser la pratique de la chasse, mais aussi pour que le Québec puisse devenir une destination de chasse sur le plan international.

Année permissive

La chasse à l’orignal est tantôt plus permissive, tantôt plus restrictive au Québec, question de bien gérer la ressource faunique. Cette année, les chasseurs ont le droit de récolter les spécimens mâles, femelles ainsi que les veaux.

Ça paraît que c’est une année permissive, parce que normalement, pendant les années restrictives, on enregistre environ une vingtaine de bêtes, tout au plus, a soutenu Benoît Farcy.

Selon lui, la régénérescence forestière dans le secteur fait en sorte que les bêtes font davantage sentir leur présence. On a également beaucoup de bois mature sur la ZEC qui leur permet d’être à l’abri et de s’accoupler, a déclaré l’exploitant.

C’est certain que c’est un territoire assez giboyeux par rapport à d’autres territoires où il n’y a pas eu d’exploitation ou où il y en a trop eu.

Benoît Farcy, directeur général de la ZEC Nordique

Par ailleurs, Mme Claisse demande une plus grande présence des agents de la faune sur le territoire de la Côte-Nord. Selon elle, les agents se font rares et se trouvent souvent à une grande distance par rapport aux lieux où ils doivent intervenir, ce qui est susceptible de favoriser le braconnage.

La saison de chasse à l'orignal à l'arme à feu se termine lundi soir en Haute-Côte-Nord, dans le sud de Manicouagan et dans Caniapiscau.

Elle se poursuit encore pour une à deux semaines selon les secteurs dans Sept-Rivières et en Minganie.

Avec les informations de Geneviève Génier-Carrier et Nicolas Lachapelle

Côte-Nord

Chasse et pêche