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Le casier judiciaire, un lourd fardeau des candidats à l'emploi

Une femme cherche un emploi disponible en consultant un journal.

Selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, personne ne peut congédier, refuser d'embaucher ou désavantager un candidat à un poste en raison de son casier judiciaire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une fois la peine purgée, un casier judiciaire reste encore une tache indélébile pour de nombreux Canadiens. « Lorsque l’on répond oui à la question “ Avez-vous un casier? “, on a 50 % de chances de moins d’obtenir l’emploi », déplore Daniel Benson, conseiller en intervention à la Mission Old Brewery. En pleine pénurie de main-d’œuvre, un groupe lance une campagne de sensibilisation pour faciliter leur embauche.

D’après le Comité consultatif pour la clientèle judiciarisée adulte (CCCJA), 14 % des adultes québécois ont un casier judiciaire, en majorité des hommes. Mais leur image effraie toujours les employeurs.

Un sondage cité par le groupe montre que seulement 40 % des employeurs de l’Outaouais interrogés sont ouverts à l’idée d’en embaucher.

Selon Yan Chantrel, coordonnateur du CCCJA, il s’agit d’une discrimination au regard de la Charte des droits et libertés du Québec, qui spécifie qu’il est interdit de refuser d'embaucher une personne ayant un casier criminel s’il n’y a pas de lien entre l’emploi convoité et les faits condamnés par le passé.

Avec plus de 110 000 postes vacants au Québec en juin, selon Statistique Canada, la province souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Pour le CCCJA, la présence d’un casier judiciaire n’efface pas les compétences d’anciens condamnés qui ont besoin d'un emploi pour être réinsérés dans la société.

La trinité de la réinsertion : un toit, un emploi et un réseau social

Yan Chantrel espère que la campagne de sensibilisation du CCCJA, lancée à l’occasion de la Semaine de la réhabilitation sociale, va montrer que les personnes avec un casier judiciaire peuvent être un atout pour la société.

Avec son organisme, il milite pour rendre l’accès à l’information de l’absence ou de la présence d’un casier plus difficile à obtenir pour les employeurs.

À partir du moment où une personne a purgé sa peine, il ne faudrait pas lui donner une nouvelle peine en faisant de cette personne quelqu’un de marginalisé et rejeté de la société.

Yan Chantrel, coordonnateur du CCCJA

Même son de cloche chez Daniel Benson, conseiller en intervention à la Mission Old Brewery, qui a déjà purgé une peine par le passé : « [ceux qui ont un casier] ont souvent eu un programme de réinsertion sociale, ce sont des gens qui ont travaillé sur eux ».

[Pour se réinsérer, il faut] un toit, un réseau social et un emploi.

Daniel Benson, conseiller en intervention à la Mission Old Brewery

Le pôle de l’emploi va permettre d’avoir un toit et de se refaire un réseau social. En engageant quelqu’un qui a un casier, on protège la société.

La campagne publicitaire du CCCJA sera déployée dans les réseaux sociaux jusqu’à la fin novembre.

La Semaine de la réhabilitation sociale, chapeautée par l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ), s’étale du 15 au 18 octobre.

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