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Gouvernement minoritaire à l’horizon, les partis changent de stratégie

La montée du Bloc au Québec et le regain de popularité du NPD en Ontario ouvre la porte encore plus grand à un gouvernement minoritaire.

Jagmeet Singh lève un doigt au ciel, entouré de personnes qui sourient.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a fouetté ses troupes à Brampton, en Ontario, pour inciter les électeurs à aller voter le 21 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Christian Noël

Selon l’analyse des sondages de CBC (Nouvelle fenêtre), il y a 77 % des chances que les Canadiens se réveillent le 22 octobre sans qu’aucun des partis n’ait réussi à remporter une majorité de sièges. Une possibilité qui se traduit par un léger changement de stratégie sur le terrain.

Jagmeet Singh danse au rythme de la chanson-thème de sa campagne, entouré d’une centaine de militants, dans un quartier résidentiel de Brampton-Est. La circonscription est vacante, les conservateurs, les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD) la convoitent tous.

Le chef du NPD mise sur la première fin de semaine du vote par anticipation pour encourager les électeurs à aller voter, conscient qu’un haut taux de participation a le potentiel d’être bénéfique pour son parti.

Je me présente pour être premier ministre, répète Jagmeet Singh. Mais il est maintenant plus conscient que cette possibilité est de plus en plus mince. Si nous avons un gouvernement minoritaire, ça nous aidera à mettre nos propositions en valeur.

Il fait remarquer que l’assurance maladie universelle a été créée au Canada à l’époque du gouvernement libéral minoritaire de Lester B. Pearson.

Dans notre pays, beaucoup de services dont on est tellement fier, comme notre système de santé, c’était à cause de notre gouvernement minoritaire, avec une grande partie des néo-démocrates, qu’on a réussi à atteindre ça.

Jagmeet Singh, chef du NPD

Jagmeet Singh laisse entendre que le NPD utiliserait sa balance du pouvoir afin notamment de faire adopter sa proposition de l’assurance-médicament universelle publique, et mettre fin aux subventions aux compagnies pétrolières.

Le chef néo-démocrate souhaite aussi presser un gouvernement minoritaire à réformer le système électoral uninominal à un tour pour une représentation proportionnelle, mais cela fera partie d’une deuxième vague de demandes du parti. Nous voulons améliorer la vie des gens dans leur vie quotidienne d’abord. La réforme est essentielle, mais pas urgente, conclut Jagmeet Singh.

En cette fin de campagne, le NPD semble vouloir passer à l’attaque, en visitant des circonscriptions à Toronto et sa banlieue où il espère ravir des sièges aux libéraux.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le Bloc et la balance du pouvoir

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, sait qu’il ne sera pas premier ministre du Canada après le 21 octobre. Mais il savoure la possibilité d’un gouvernement minoritaire.

Selon lui, ça lui donnerait un maximum d’influence à Ottawa, parce que ça oblige le gouvernement à discuter et à s'entendre avec d'autres formations politiques.

Regardez les grands gains que le Québec a faits grâce au Bloc québécois de Gilles Duceppe : la reconnaissance de la nation québécoise, le règlement partiel du déséquilibre fiscal, l'obtention d'un siège à l'UNESCO. C'est infiniment plus le Bloc québécois que Stephen Harper.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc

C'est très utile comme outil, ajoute-t-il. Alors les gens vont ajouter ça, je présume, à leur réflexion des prochains jours.

La minorité et les libéraux

De leur côté, les libéraux ont appelé en renfort une série de ministres sortants afin de mettre en garde les Québécois contre l’appel du Bloc. Même l’ex-premier ministre Jean Chrétien est sorti de sa retraite pour venir leur prêter main-forte.

Un Bloc fort limite les possibilités de croissance électorale des libéraux, laisse entendre le candidat libéral Pablo Rodriguez, qui prévient que cela pourrait avoir des effets néfastes pour le Québec.

Oui, le Bloc peut critiquer et s'opposer, dit-il. Mais ça n'a pas empêché le gouvernement conservateur de ravager la culture québécoise.

Le Bloc avait la balance du pouvoir en 2008, quand les conservateurs étaient minoritaires. Les conservateurs nous ont passé dans la gorge les pires coupes au niveau de la culture, ils sont revenus sur la signature de Kyoto, ils ont cessé d'investir dans [la lutte contre] les changements climatiques.

Pablo Rodriguez, candidat libéral

La meilleure façon d'avancer et de dire non à l'austérité, c'est d'avoir des Québécois au gouvernement.

Un vote pour le Bloc, c'est un vote pour les conservateurs, renchérit la candidate libérale Mélanie Joly.

Le chef conservateur reste confiant

Andrew Scheer était à Burnaby, en Colombie-Britannique, samedi. Une province où de nombreuses luttes à trois se dessinent et où le Parti vert espère ravir une poignée de sièges. La province pourrait ultimement décider de la composition finale du gouvernement, le 21 octobre.

Le chef conservateur monte un escalier en tenant un parapluie.

Andrew Scheer a rencontré l'équipe éditoriale du « Vancouver Sun » samedi, à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Le chef conservateur se dit confiant pour le dernier sprint. Vendredi, il y avait 1200 personnes à un événement. Les candidats me disent qu'il y a plus de bénévoles qu'au début de la campagne. Andrew Scheer reste quand même prudent dans ses choix de mots.

Nous sommes très confiants avec le plan proposé, convaincus que les Canadiens vont nous donner un mandat.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Mais il prend soin de ne pas préciser si ce mandat serait majoritaire ou minoritaire, contrairement à l’appel à un gouvernement majoritaire conservateur fort, lancé par son prédécesseur Stephen Harper en 2011.

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