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[Train de campagne] Un pionnier de l’agriculture biologique qui veut être entendu

Anita Fontaine-Loiselle et Marc Loiselle sourient à la caméra.

Anita Fontaine-Loiselle et Marc Loiselle, agriculteurs biologiques à Vonda, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Marie-France Abastado

Les fermiers biologiques sont toujours peu nombreux en Saskatchewan, à peine 2,5 % du total des agriculteurs.

À l'occasion de la campagne électorale, les journalistes Janic Tremblay et Marie-France Abastado de Désautels le dimanche entreprennent la traversée du Canada en train à la rencontre des électeurs. Huitième envoi d’une série de cartes postales.

Marc Loiselle, 59 ans, est de la cinquième génération d’agriculteurs à travailler la terre en Saskatchewan, mais le premier de sa famille à cultiver bio.

À la fin des années 60, un homme ici perdait sa voix chaque fois qu’il faisait l’épandage des herbicides. Un jour, il a fait le lien entre les deux et a cessé d’en utiliser du jour au lendemain. Avec d’autres, il a fondé une coopérative et moi j’ai embarqué. J’avais 25 ans, raconte-t-il.

C’est donc cet agriculteur qui a été son mentor. Le mot biologique n’existait même pas à l‘époque, se souvient le fermier qui me reçoit dans la cuisine de sa ferme familiale à Vonda, à une demi-heure de route de Saskatoon. Sa femme, Anita Fontaine-Loiselle, est en train de faire ses conserves de tomates, bios il va sans dire.

Trente-cinq ans plus tard, les fermiers biologiques sont toujours peu nombreux en Saskatchewan, à peine 2,5 % du total des agriculteurs. Mais ce n’est rien pour freiner Marc Loiselle, un homme de conviction.

En cette période de campagne électorale fédérale, il plaide pour une aide gouvernementale plus grande à la conversion au biologique. Si on faisait un virage vers l’agriculture biologique, ça contribuerait beaucoup à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, soutient-il.

Comme la plupart des agriculteurs, cet ancien candidat du Parti vert est aux premières loges pour constater les changements climatiques. On est au mois d’octobre et les champs sont encore verts. Ce n’est pas normal, lance-t-il.

Un tracteur sur le terrain de la ferme des Loiselle.

À la ferme des Loiselle, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Mais plus encore, il souhaite que le gouvernement mette l’accent sur les fermes familiales. Les programmes de financement avantagent les fermes qui veulent devenir de plus en plus grandes, dit-il. On dit plus efficaces, mais en fait, on perd des valeurs avec ça. Parce que souvent, ça vient avec les OGM et les pesticides. Tout vient en un paquet qu’on se fait vendre par les compagnies multinationales comme Bayer ou Monsanto.

Marc Loiselle en veut particulièrement au gouvernement fédéral de ne pas réglementer davantage ces entreprises qui vendent des semences génétiquement modifiées.

Malheureusement, les gouvernements sont complices des compagnies auxquelles ils donnent la liberté de prendre le contrôle de nos semences. En brevetant les semences qu’elles vendent, ces entreprises empêchent effectivement les agriculteurs de sauvegarder leurs semences comme ils le feraient normalement.

Quand tu achètes tes semences, tu es obligé de renoncer à leur sauvegarde et de payer une somme extraordinaire pour tes semences l’année suivante, s’insurge Marc Loiselle.

La ferme des Loiselle se trouve proche d'une étendue d'eau.

La ferme des Loiselle est située à une demi-heure de route de Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Quant à la guerre commerciale avec la Chine qui affecte les exportations de canola, ça devrait être l’occasion, dit-il, de faire la transition vers d’autres types de cultures.

Marc Loiselle dénonce l’aide d’Ottawa aux producteurs de canola, une des cultures les plus importantes de la Saskatchewan. On aurait dû prendre cet argent et l’investir dans le biologique. On voit déjà que notre climat est en déclin, il faut faire quelque chose, c’est urgent!

Marie-France Abastado souriante.

La journaliste Marie-France Abastado de « Désautels le dimanche ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

J’ai entrepris mon périple dans l’ouest du pays à bord d’un train qui s’arrêtera en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Je vous rapporte quelques cartes postales témoignant de mes rencontres. Vous pourrez aussi me suivre à l’émission Désautels le dimanche à 10 h.

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