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Un lanceur d’alerte dénonce le manque de consultation sur la pollution à Aamjiwnaang

Une pancarte du centre de ressources d'Aamjiwnaang près d'une usine.

La Première Nation d'Aamjiwnaang est situé près de plusieurs usines pétrochimiques.

Photo : La Presse canadienne / Craig Glover

Radio-Canada

Scott Grant, un ingénieur nouvellement retraité du ministère ontarien de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, affirme que le gouvernement provincial n’a pas consulté adéquatement les membres de la Première nation d'Aamjiwnaang au sujet des règlements sur la qualité de l’air visant à réduire l’excès de benzène et de dioxyde de soufre des usines pétrochimiques de Sarnia, dans le Sud-Ouest de la province.

L’ex-ingénieur a confié à CBC News qu’il a déposé trois plaintes distinctes en 10 ans décrivant ses inquiétudes au sujet de l’absence de consultations avec les communautés autochtones, mais que le gouvernement provincial n'en a pas tenu compte.

M. Grant a déposé sa première plainte en 2009, car il était préoccupé par les émissions excessives de dioxyde de soufre dans l'air autour d'Aamjiwnaang.

S’il n’est pas bien géré ou minimisé, c’est un risque assez important qui peut arriver à la communauté, a-t-il ajouté.

L’exposition au benzène augmente le risque de cancer, alors que le dioxyde de soufre peut causer des problèmes respiratoires.

Scott Grant a déposé une seconde plainte en 2014, expliquant qu’il y avait certaines attitudes discriminatoires héritées du passé qui se perpétuaient.

Sa troisième plainte a été déposée plus tôt en 2019.

Encore une fois, j’estime qu’il n’y a pas eu suffisamment de consultations avec Aamjiwnaang sur la même question des émissions excessives de dioxyde de soufre, a déclaré M. Grant.

Les normes de l’Ontario n’ont pas suivi le rythme, selon le lanceur d’alerte

M. Grant dénonce aussi le fait que les normes de qualité de l’air de l’Ontario n’ont pas évolué de façon significative depuis 10 ans.

Par exemple, aux États-Unis, au cours de la même période et même à partir de l’an 2000, des efforts considérables ont été déployés pour réduire les émissions de substances comme le benzène et le dioxyde de soufre, explique-t-il.

En comparaison, M. Grant estime que les normes de l’Ontario ont même reculé.

Donc, lorsque vous associez cela au fait que la communauté est proche de ces installations, j’ai pensé que le ministère devrait vraiment améliorer ses efforts non seulement pour consulter, mais aussi, évidemment, pour améliorer son niveau de contrôle afin d’égaler celui des États-Unis, ajoute-t-il.

Aamjiwnaang réclame la capacité d’appliquer la réglementation

À l’heure actuelle, le ministère de l’Environnement de l’Ontario est chargé de surveiller les émissions de polluants atmosphériques dans toute la province.

Dans son entrevue avec CBC, Scott Grant avance que dans certains cas le gouvernement est influencé par entreprises qui font des pressions auprès du gouvernement au sujet de la réglementation.

Mon opinion est que parfois le lobbying n’est pas déraisonnable, dit-il. Mais [...] je pense qu’il est vraiment nécessaire de consulter les collectivités touchées, surtout lorsqu’il s’agit des Premières Nations.

Sharilyn Johnston, coordonnatrice au service de l’environnement d’Aamjiwnaang, s’est dite incrédule lorsqu’elle a appris l’existence d’un tel lobbying.

Je pense que nous devrions avoir le contrôle de la façon dont nous surveillons les impacts sur la communauté.

Sharilyn Johnston, coordonnatrice de l’environnement, service de l’environnement d’Aamjiwnaang

Mme Johnston aimerait qu’Aamjiwnaang ait le contrôle sur la façon dont les émissions des usines chimiques voisines les affectent.

Si nous avons des journées où il y a beaucoup de [dioxyde de soufre] et qu’il y a des répercussions sur la collectivité à cause de l’asthme et des difficultés respiratoires, alors nous devrions pouvoir dire aux industries : “C’est une infraction.”

Dans un courriel envoyé à CBC News, un porte-parole du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs a déclaré que la province prend très au sérieux les préoccupations concernant la qualité de l’air à Sarnia et partout en Ontario.

Le ministère collabore étroitement depuis plusieurs années avec les collectivités des Premières nations d’Aamjiwnaang et de Walpole Island pour renforcer leur engagement dans la surveillance de l’air et la qualité de l’air dans la région de Sarnia, a écrit Lindsay Davidson.

Mme Davidson ajoute qu’une station de surveillance de l’air a été installée à Aamjiwnaang en 2008.

Avec les informations de CBC

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Windsor

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