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Quand la fermeture de la clinique d'avortement devient un enjeu électoral

Elisabeth May.

Elisabeth May était présente à la manifestation à Fredericton, vendredi.

Photo :  CBC

Radio-Canada

Plusieurs étaient bouche bée vendredi à Fredericton de voir la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, débarquer à la manifestation contre la fermeture de la seule clinique privée d'avortement du Nouveau-Brunswick.

Ils étaient des dizaines à manifester à Fredericton vendredi pour faire savoir leur mécontentement au ministre de la Santé. Même certaines personnalités politiques se sont rendues sur les lieux pour signifier leur appui aux femmes de la province et profité de l'occasion pour essayer de faire de cette question un enjeu électoral.

Notre dossier Élections Canada 2019

On avait annoncé plus tôt que la Clinique 554 allait être mise en vente et qu'elle cesserait d'offrir ses services lorsque la transaction sera conclue.

Elizabeth May en a surpris plusieurs lorsqu'elle est arrivée dans la capitale néo-brunswickoise vendredi pour se rallier aux manifestants. Elle s'est dite très inquiète de cette décision et de son impact sur l'avenir des femmes dans la province.

Un rassemblement de personnes devant un édifice

Près de 150 personnes dénoncent la fermeture de la seule clinique privée d'avortement de la province.

Photo : Radio-Canada / Shane Fowler

Pour une campagne [électorale] qui a largement été dominée par la question de quel parti défend le plus fermement le droit des femmes à un avortement légal et sans risques, il est quelque peu ironique et triste de constater qu'au milieu de la campagne fédérale, un élément clé à l'accessibilité pour les femmes du Nouveau-Brunswick [...] est menacé de fermeture imminente en raison d'une décision du gouvernement conservateur [du Nouveau-Brunswick], indique Mme May.

La politicienne demande au prochain gouvernement fédéral de prendre cette question au sérieux et d'intervenir dès le lendemain des élections.

Comme premier ministre, après les élections, c’est une priorité immédiatement de donner les fonds pour protéger les [droits des femmes]. La clinique ici, ce n’est pas seulement pour les avortements, ils donnent aussi l’appui vers les personnes LGBTQ et les personnes sans-abri. C’est un [établissement] tellement important, affirme-t-elle.

Justin Trudeau et Andrew Scheer se font face et s'adressent l'un à l'autre sur le plateau du débat en anglais.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef libéral Justin Trudeau et le chef conservateur Andrew Scheer.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Elizabeth May n'est pas la seule à intervenir sur cette question durant la campagne électorale. Pendant le débat des chefs en français, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu'en laissant la clinique fermer ses portes, la province n'était pas là pour défendre les droits des femmes.

Nous sommes très inquiets de la décision du gouvernement conservateur du Nouveau-Brunswick, qui fait de grands pas en arrière dans la question du droit des femmes.

Justin Trudeau, au débat des chefs
Le Dr Adrian Edgar en conférence de presse à la clinique 554 à Fredericton.

Le Dr Adrian Edgar reproche au gouvernement du Nouveau-Brunswick de limiter l'accès à l'avortement dans la province en refusant de financer la Clinique 554.

Photo : Facebook/Clinic 554

Le médecin responsable de la clinique 554, Adrian Edgar, s'est dit très excité de l'attention qu'a eue la clinique sur la place publique fédérale. Il a aussi partagé être flatté par la présence de Mme May vendredi.

C'est beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais, de voir que tout le pays nous regarde, confie le Dr Edgar.

Des médecins inquiets pour les droits de la femme

La Société médicale du Nouveau-Brunswick dit avoir communiqué avec la province.

Le Nouveau-Brunswick est l'une des seules provinces à ne pas financer l'avortement dans les cliniques privées, ce qui oblige de nombreuses femmes à payer pour ce service. C'est inacceptable. Les femmes ne devraient pas avoir à payer de leur poche pour ce service. Les médecins et les patients reconnaissent les précieux services que la Clinique 554 offre non seulement en tant que pratique familiale, mais aussi en tant que ressource en santé pour les patients LGBTQ partout au Nouveau-Brunswick, a souligné la Société par voie de communiqué.

La province, de son côté, indique que le gouvernement offre le service dans trois de ses hôpitaux publics. Le porte-parole du ministère de la Santé, Bruce MacFarlane, a indiqué à CBC que la province n'avait pas changé sa position face à l'accès à l'avortement.

Il a rapporté que le gouvernement allait défrayer les coûts d'un avortement s'il était pratiqué dans l'un des deux hôpitaux de Moncton ou encore à l'hôpital régional Chaleur, à Bathurst.

La clinique 554 au centre-ville de Fredericton.

La clinique 554 au centre-ville de Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Le Dr Adrian Edgar a indiqué qu'il était dépassé par le nombre de médecins qui l'ont contacté pour l'encourager et lui dire qu'ils ne peuvent pas croire que le ministre de la Santé ait autorisé le retrait d'un tel service au Nouveau-Brunswick.

Rappelons que les femmes qui ne peuvent se rendre dans l'un des trois hôpitaux prescrits par la province, ou qui ont dépassé la limite de gestation de 13 semaines et six jours (pour un avortement chirurgical pratiqué à l'hôpital), doivent payer jusqu'à 850 $ pour la procédure.

Avec les renseignements de Wildinette Paul et CBC

Nouveau-Brunswick

Avortement