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Arrimage du transport en commun : la solution passe-t-elle par la création d'un district fédéral?

Un autobus devant une station du train léger à Ottawa.

Il n'y a pas d'arrimage entre les services de transport en commun d'Ottawa et de Gatineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Angie Bonenfant

On pensait que l’idée d’un district fédéral était morte et enterrée, oubliée sur une tablette, reléguée aux oubliettes. Or, elle a refait surface lors d’un débat des candidats de l’Outaouais la semaine dernière. Les discussions entourant un arrimage des services de transports en commun entre Gatineau et Ottawa ont relancé la réflexion.

C’est le candidat du Parti populaire dans la circonscription de Gatineau, Mario-Roberto Lam, qui a ressorti l’idée des boules à mites.

Mario-Roberto Lam parle sur scène.

Le candidat du Parti populaire du Canada dans Gatineau, Mario-Roberto Lam, a participé à un débat régional à l'Université du Québec en Outaouais, le mercredi 9 octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

On a une grande [région], mais on a deux provinces qui se gèrent de façon différente. Il faut avoir une façon de fonctionner ensemble, a-t-il expliqué. Pour ce faire, je suggère de donner plus de pouvoir à la Commission de la capitale nationale (CCN), car c’est la seule façon que l’on va trouver une façon de travailler comme une seule ville.

On fonctionne comme si on était deux pays différents. Ça ne peut pas fonctionner!

Mario-Roberto Lam, Parti populaire du Canada, Gatineau

Invité à pousser sa réflexion plus loin, lors d’une entrevue avec Radio-Canada, M. Lam a souhaité voir la création d’un district fédéral, un peu à l’image du District de Columbia, à Washington, aux États-Unis.

On a besoin d’intégrer les villes. La seule entité que l’on a présentement, c’est la CCN. Le problème avec ça, c’est que la CCN n’a presque pas de pouvoir. Elle ne peut rien faire, elle ne peut pas consulter, elle n’a pas le pouvoir d’organiser la région. Alors que c’est ça que l’on veut : une région organisée et intégrée, a exprimé le candidat.

Cette entité serait comme un gouvernement propre à la région d’Ottawa et de Gatineau, a-t-il poursuivi, et elle mènerait de front des dossiers comme l’arrimage du service de transport en commun.

Le pont Prince de Galles entre Ottawa et Gatineau.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, et une étude présentée par la STO, au mois de mai, ont rejeté l'idée de faire passer le train léger par le pont Prince-de-Galles (archives).

Photo : Radio-Canada / Trevor Pritchard

L’idée n’est pas mauvaise, sauf que...

C’est la faisabilité qui est plutôt questionnable, soutient Guy Chiasson, professeur au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

L’idée d’un district fédéral, si on fait le parallèle avec le District de Columbia à Washington, ça veut dire que le territoire du district fédéral est retiré de l’autorité des provinces, explique-t-il. J’ai l’impression que c’est pour ça que cette idée n’a jamais abouti [ici].

De vendre cette idée-là aux provinces dans un contexte un peu chargé de compétition entre le Québec et l’Ontario, c’est difficile à imaginer.

Guy Chiasson, professeur, Département des sciences sociales, UQO

Dans le dossier du transport en commun, le professeur dit que s’il y avait une cohérence régionale par le haut, qui serait soustraite à l’autorité du Québec et de l’Ontario, peut-être que cela faciliterait une meilleure collaboration dans le but d’avoir dans notre région un système de transport intégré.

Notre dossier Élections Canada 2019

Toutefois, un district fédéral chapeauté par la CCN n’est pas envisageable dans un horizon très raisonnable, selon lui.

Je pense que ce n’est pas possible.

Guy Chiasson, professeur, Département des sciences sociales, UQO

La relation entre la CCN, qui est la seule instance qui a une espèce de mandat régional, et les Villes est déjà très compliquée, remarque le professeur Chiasson. Je ne suis pas certain que la création d’un district fédéral serait vendeur ne serait-ce que du point de vue des Municipalités qui pourraient voir ça comme une sorte d’imposition par le haut, ce qui voudrait dire une certaine perte d’autonomie pour elles.

Josée Poirier Defoy parle sur scène.

Josée Poirier Defoy, candidate du Parti vert du Canada dans Hull-Aylmer, a participé à un débat régional à l'UQO, le mercredi 9 octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

La solution du Parti vert

C’est dans cette optique que l’idée d’un conseil des gouvernements proposé par le Parti vert du Canada (PVC) prend tout son sens, soutient la candidate dans Hull-Aylmer, Josée Poirier-Defoy.

Les Canadiens connaissent tous très bien les querelles opposant les différents ordres de gouvernement qui font en sorte que beaucoup d’enjeux sont traités en silo, dit-elle.

L’idée d’un tel conseil, c’est d’asseoir tous les décideurs autour de la table — les Premières Nations, les Municipalités, les provinces et le fédéral — pour que l’on puisse parler des enjeux, explique-t-elle.

Ce n’est pas un nouveau palier de gouvernement, c’est vraiment un espace de discussion où on peut échanger sur les décisions à prendre.

Josée Poirier-Defoy, Parti vert du Canada, Hull-Aylmer

Mme Poirier-Defoy soutient que la création d’un conseil de gouvernement serait idéale pour traiter des enjeux liés au transport en commun et au logement abordable. Un tel conseil permettrait la mise sur pied d’un plan concerté lorsqu’il y a des inondations ou des tornades.

L’idée, insiste-t-elle, c’est d’agir le plus rapidement et efficacement possible. C’est pour cette raison qu’elle n’est pas tout à fait vendue à l’idée d’un district fédéral qui compliquerait la structure et occasionnerait encore plus de délais, selon elle.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale