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Les libéraux dénoncent le « régime Harper 2.0 » des conservateurs

Entouré d'autres candidats libéraux, Pablo Rodriguez tient une paire de ciseaux.

Entouré d'autres candidats libéraux, Pablo Rodriguez a désigné la plateforme des conservateurs par des ciseaux, pour illustrer les compressions budgétaires.

Photo : Radio-Canada

Valérie Boisclair

Une délégation de candidats du Parti libéral a accusé samedi matin le chef conservateur Andrew Scheer d’avoir présenté son cadre financier après les débats pour « cacher les coupes » qu’il entend imposer. Les députés sortants Pablo Rodriguez et Mélanie Joly en ont profité pour s'attaquer au Bloc québécois.

Brandissant une paire de ciseaux, le ministre sortant du Patrimoine canadien Pablo Rodriguez a souligné que les conservateurs avaient attendu à la dernière minute, à la fin des débats un vendredi après-midi, juste avant l’Action de grâce, pour dévoiler les grandes lignes de leur plateforme électorale.

Ces ciseaux symbolisent ce que les conservateurs entendent faire s’ils sont au pouvoir, a dénoncé le candidat dans Honoré-Mercier, qui a indiqué que le cadre financier des conservateurs prévoyait des économies « secrètes » de 14 milliards de dollars.

Le chef conservateur a dévoilé vendredi qu'il comptait rétablir l'équilibre budgétaire d'ici cinq ans grâce à 69 milliards de compressions budgétaires et de nouveaux revenus. Le parti entend notamment économiser 14,4 milliards de dollars sur un horizon de cinq ans en ralentissant les investissements en infrastructure sur 15 ans plutôt que 12.

Andrew Scheer ne veut pas nous dire où il va couper. Et ça, c’est le régime Harper 2.0. En fait, c’est pire que les coupes de [l'ancien premier ministre conservateur] Stephen Harper : c’est le retour de l’austérité, a martelé M. Rodriguez.

L’Action de grâce, ce n’est pas une raison pour prendre les Québécois pour des dindes.

Pablo Rodriguez, candidat libéral dans Honoré-Mercier

Selon le candidat libéral, le calcul machiavélique d’Andrew Scheer, c’est que les gens ne verront pas les coupes avant d’aller voter.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le Bloc écorché au passage

Prenant la parole au micro, la ministre sortante du Tourisme Mélanie Joly a cité en exemple le cas du gouvernement conservateur de Doug Ford, en Ontario – une cible fréquente des attaques des libéraux et de Justin Trudeau – dont l’une des premières mesures a été de couper dans les services aux francophones.

Couper comme le font les conservateurs nuit aussi à la lutte contre les changements climatiques, a-t-elle souligné. On ne peut pas dire que les conservateurs ont un plan environnemental qui se tient, ni le Bloc, parce qu’il soutient par ricochet le plan des conservateurs, a ajouté la candidate libérale dans Ahuntsic-Cartierville.

Un vote pour le Bloc, c'est un vote pour les conservateurs, a-t-elle résumé.

L'argument selon lequel un vote pour le Bloc québécois ne permettrait pas aux Québécois d'être réellement au cœur des décisions prises à Ottawa avait déjà été évoqué quelques minutes plus tôt par M. Rodriguez. Ce n’est pas dans l’opposition que le Québec a le gros bout du bâton, qu’on empêche les coupes, ni qu’on prend les décisions, a-t-il déclaré.

Au cours du dernier débat des chefs, plus tôt cette semaine, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet avait réagi à cet argumentaire maintes fois entendu depuis le début de la campagne. On dit souvent "voter pour le Bloc, c’est voter pour les libéraux, voter pour le Bloc, c’est voter pour les conservateurs". Voter pour le Bloc, c’est voter pour le Québec, avait-il affirmé.

Samedi matin, Pablo Rodriguez a souligné que durant les années Harper, le Bloc avait beau avoir critiqué, s'être s’opposé, avoir voté des motions, il n'avait pas pu empêcher le gouvernement conservateur de ravager la culture québécoise.

Ça s’est fait avec un gouvernement conservateur minoritaire, avec le Bloc qui était là. Alors soit que le Bloc était d’accord, ou soit que le Bloc n'était pas d’accord et qu’il n’a rien fait, a-t-il lancé.

Pour Pablo Rodriguez, les électeurs canadiens auront ainsi à trancher entre deux choix extrêmement clairs, soit les libéraux de Justin Trudeau ou les conservateurs d'Andrew Scheer.

Appel au vote

Le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, est d'un tout autre avis. Lors d'un rassemblement militant à Brampton, en Ontario, samedi matin, il a encouragé les électeurs à ne pas faire un choix stratégique et « dicté par la peur ».

Jagmeet Singh entouré de partisans.

Jagmeet Singh était à Brampton en Ontario samedi matin.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Mes amis, dans cette élection on a un choix à faire. Des gens vous diront de ne pas voter pour ce que vous voulez, de peur qu’un autre scénario ne se produise, a-t-il dit.

Moi, je dis que vous n’avez pas besoin de choisir entre le rouge et le bleu; vous pouvez choisir l'orange cette fois-ci!

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Alors que le scénario d’un potentiel gouvernement minoritaire plane sur la campagne électorale, Jagmeet Singh a mis l'accent sur l'importance d’élire le plus de candidats néo-démocrates possible. Interrogé à ce sujet en mêlée de presse, le chef du NPD a réitéré qu’il souhaitait être le prochain premier ministre du Canada.

Sous les applaudissements de la foule, Jagmeet Singh a appelé les électeurs à se rendre aux urnes le 21 octobre prochain et à prendre des risques.

Jean Chrétien et François-Philippe Champagne parlent avec un homme et une femme.

Jean Chrétien a fait campagne avec le ministre sortant François-Philippe Champagne samedi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

D’après l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien, qui accompagnait samedi le libéral François-Philippe Champagne sur le terrain, il n’y a pas lieu de s’inquiéter face aux campagnes des néo-démocrates et des bloquistes qui vont bon train. Les votes qui n’iront pas au NPD vont aller au Bloc, ça ne change rien, croit-il.

Rejetant du revers de la main l’idée selon laquelle il y de la « panique » dans les rangs des libéraux, à neuf jours du scrutin fédéral, M. Chrétien a répondu : Une élection, c’est une élection […] Il faut travailler jusqu’à la dernière minute.

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