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Dans les coulisses du chantier de réfection du pont de la rivière Pentecôte

Des câbles relient le pont à une plateforme qui permet à des travailleurs de réparer le dessous du pont.

Le réfection du pont de la rivière Pentecôte

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

Si l’automne est maintenant entamé, les travaux routiers ne sont pas fermés pour autant. Incursion dans les coulisses de l’un des plus vastes chantiers sur la Côte-Nord : la réfection du pont de la rivière Pentecôte.

Sur la Côte-Nord uniquement, le ministère des Transports du Québec (MTQ) surveille et entretient plus de 400 ponts en plus de toutes les autres infrastructures routières.

Le pont qui enjambe la rivière Pentecôte a été construit en 1958, au tout début du développement de la région, et l'usure se fait sentir.

Sous le pont de la rivière Pentecôte, le béton a été retiré et les armatures rouillée se révèlent.

Une fois le nouveau béton posé, la structure redevient sécuritaire pour 25 ans.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

La cause principale [de l’usure], c'est bien sûr les sels de déglaçage qu'on applique l'hiver pour faire fondre la glace, a affirmé Olivier Gendreau, ingénieur civil au MTQ. Avec le temps, ça pénètre à l'intérieur du béton et puis quand ça atteint les armatures, le processus de corrosion se produit.

L’ingénieur a expliqué que les armatures gonflent et peuvent ainsi créer des éclats de béton, des fissures et des vides. Selon lui, ces éléments génèrent une sorte de voie préférentielle où l'eau s'infiltre. Ce phénomène est souvent le résultat des défauts du pavage.

Par ailleurs, la deuxième cause importante de dégradation des infrastructures est le passage des poids lourds. Selon l’ingénieur, le passage d'un seul camion dégrade autant la route que le passage de 30 000 à 50 000 voitures.

Un homme travaille sur un pont

Un travailleur sur le pont de la rivière Pentecôte à Port-Cartier

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

3 M$ pour la réfection

Le pont de la rivière Pentecôte ne sera pas reconstruit, mais seulement rénové, et ce, au coût de 3 millions de dollars. La construction d'un nouveau pont aurait coûté environ 10 fois plus cher, d'après Olivier Gendreau.

Première étape : la démolition du béton usé. À l'aide de jets d'eau surpuissants, les ouvriers délogent les poutres en fin de vie. Les piliers, installés dans le lit sablonneux de la rivière, ne seront pas touchés. Ils constituent les pièces les plus difficiles à poser, selon M. Gendreau.

Olivier Gendreau répond aux questions d'un journaliste aux abords du pont surplombant la rivière Pentecôte.

Olivier Gendreau, ingénieur civil au ministère des Transports du Québec.

Photo : Radio-Canada

Les équipes embauchées par le MTQ se chargeront ensuite de remplacer toutes les pièces détériorées sur et sous le tablier, la partie qui soutient la chaussée. Parfois, on va ajouter des armatures. Puis, on vient faire un coffrage. Grossièrement, le coffrage, c'est le moule qui va recevoir le béton, a précisé l’ingénieur.

Technologie en évolution

La pose du béton neuf n'a plus rien à voir avec les méthodes employées au siècle dernier. Le béton est maintenant projeté, à l'aide d'un tuyau, sur la structure. Les techniques de construction sont d’ailleurs encore appelées à évoluer dans l’avenir.

Plusieurs véhicules lourds sur un pont

D'importants travaux ont lieu sur le pont de la rivière Pentecôte à Port-Cartier.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Dans les prochaines années, on risque de voir de plus en plus de contrats avec des éléments de pont, que ce soit des dalles ou des poutres livrées en chantier déjà prêtes à installer comme un gros casse-tête, a prédit Olivier Gendreau.

Une fois les travaux d'asphaltage complétés à la mi-octobre, les automobilistes pourront profiter du pont de la rivière Pentecôte de façon sécuritaire pendant environ 25 ans. Le pont devra par la suite être complètement refait puisqu'il sera arrivé à la fin de sa vie utile.

Avec les informations de Jean-Louis Bordeleau

Côte-Nord

Infrastructures