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Présidentielle en Afghanistan : accusations de fraude par le principal opposant

Un homme s'adresse aux médias.

Le candidat à la présidence afghane Abdullah Abdullah lors d'une conférence de presse à Kaboul.

Photo : Reuters / Parwiz Parwiz

Agence France-Presse

Le camp d'Abdullah Abdullah, principal concurrent du chef de l'État Ashraf Ghani à la présidentielle en Afghanistan, a accusé samedi des responsables au sein de la commission électorale et de la présidence de « fraude systématique » dans le décompte des voix.

Des cercles au sein de la commission électorale et du palais [de la présidence, NDLR] organisent de concert une fraude systématique, a affirmé lors d'une conférence de presse Asadullah Saadati, colistier de M. Abdullah au premier tour de la présidentielle, le 28 septembre. Il n'a fourni aucune preuve de ses accusations.

M. Saadati a affirmé que le travail de décompte n'est pas fait correctement, car il prendrait en compte les bulletins de votants n'ayant pas été enregistrés avec un lecteur biométrique. Ce système a été mis en place pour éviter qu'une personne puisse voter plusieurs fois.

La Commission électorale indépendante (IEC) a pourtant répété à plusieurs reprises qu'elle ne prendrait en compte que les votes d'électeurs ayant enregistré leur empreinte sur les lecteurs biométriques.

Un homme montre un bulletin de vote à deux autres hommes tenant des bulletins de vote dans leurs mains.

Des travailleurs de la commission électorale comptent les votes de l'élection présidentielle.

Photo : Reuters / Omar Sobhani

Dans un communiqué mardi l'ambassadeur canadien à Kaboul a félicité l'IEC pour son travail. Dave Metcalfe s'est dit impressionné par la diligence avec laquelle les opérations de décompte des voix sont menées. Il a estimé que les employés de la commission travaillent pour s'assurer qu'à chaque étape des opérations, seuls les votes valides soient pris en compte dans le résultat final.

L'élection présidentielle de 2014 avait été entachée de fraudes et d'irrégularités. Ces dernières avaient été suffisamment graves pour que les deux candidats au deuxième tour, MM. Ghani et Abdullah, s'accordent sur un partage du pouvoir après une médiation américaine.

Abdullah Abdullah, dont c'est la troisième participation à une présidentielle, a revendiqué la victoire deux jours après le premier tour. Son principal adversaire, Ashraf Ghani, s'est gardé de faire de même.

L'IEC a vivement réagi en rappelant qu'aucun candidat n'a le droit de se proclamer vainqueur. Parallèlement, Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, a indiqué souhaiter des candidats qu'ils... attendent les résultats préliminaires et finaux de la commission prévus respectivement les 19 octobre et 7 novembre.

L'IEC a annoncé samedi qu'il y a eu des tentatives de piratage des serveurs [informatiques abritant les résultats] qui ont heureusement échoué, en ajoutant que ces serveurs sont sécurisés.

Le premier tour de l'élection a enregistré un taux de participation d'environ 27 %, le plus bas de l'histoire électorale afghane. Mais des observateurs indépendants et étrangers se sont accordés sur le fait qu'il s'était tenu dans des conditions de transparence et de rigueur beaucoup plus grandes que les précédentes.

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