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ACFA : Un rapport innocente Marc Arnal

Plan serré de Marc Arnal au regard sérieux.

Marc Arnal, président sortant de l'ACFA, ciblé par plusieurs allégations venant d'anciens membres du conseil d'administration a été innocenté.

Photo : Radio-Canada

Mirna Djukic

Le président sortant de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) n’a pas commis d’ingérence ni d’intimidation, selon un groupe de consultants engagé par l'organisation pour étudier la question.

Le rapport rédigé par les consultants, et dont Radio-Canada a obtenu copie du résumé, parle néanmoins d’un conseil d’administration « dysfonctionnel » et conclut que le dossier de l'hebdomadaire Le Franco devrait être géré différemment.

Bien des problèmes auraient pu être évités si les administrateurs et les cadres de l’ACFA comprenaient mieux les procédures parlementaires et la gouvernance d’un organisme communautaire, selon le principal auteur du rapport, Pete W. Desrochers.

Il croit que les allégations de harcèlement et d’ingérence qui talonnent Marc Arnal depuis plus d’un an devraient être retirées.

L’essentiel de ces allégations découle d'une réunion du conseil d'administration qui a eu lieu le 27 mai 2018 au cours de laquelle le président a perdu son calme lors d'une discussion au sujet de l’indépendance du journal Le Franco. La réunion s’est terminée avec une administratrice en larmes et a mené à plusieurs mois de divisions internes, jusqu’à la démission de cinq membres du conseil d'administration en août 2018.

« Ma première impression, c’est que les consultants nous disent qu’il y a eu un gros malentendu », dit le professeur en sciences politiques de l’Université Simon Fraser, Rémi Léger. Il ajoute « que c’est parce que les politiques internes de l’organisation sont en partie incomplètes, et parce [qu’elles ] sont mal comprises par l’ensemble des membres du conseil d’administration ».

Pas de victimes, pas de coupable

Les consultants disent avoir contacté les deux principales victimes de l’incident du 27 mai, mais qu’aucune des deux ne se décrivait comme telle ou ne souhaitait porter plainte contre le président. Elles se sont plutôt senties « indignées par les critiques adressées à leur collègue », lit-on dans le résumé du rapport.

D'autre part, l’ancienne directrice de l’ACFA, qui aurait aussi été insultée par M. Arnal, n’a pas participé à l’enquête. Les consultants disent avoir tenté de la joindre à plusieurs reprises sans succès. Les experts estiment donc que les allégations de harcèlement, d’ingérence et de conflits d’intérêts étaient non fondées.

Tous les membres devraient être impliqués dans le dossier Le Franco

Les consultants croient que l’ACFA aurait dû faire participer tous ses membres à la décision de vendre le journal Le Franco dans le cadre d'une assemblée générale. Ils contredisent ainsi deux avis juridiques selon lesquels le conseil d'administration a l’autorité de prendre une telle décision seul.

Le rapport recommande d’ailleurs de suspendre la vente du journal « jusqu’à ce que des études approfondies, surtout quant aux questions de compétence, aient été effectuées ».

L’ACFA a déjà annoncé qu’elle laissera la prochaine administration se pencher sur ce dossier.

Cinquante recommandations

Le rapport souligne que « collectivement, le conseil d’administration a été dysfonctionnel, ses réunions marquées par le chaos et facilement contestables », mais que la faute ne réside pas tant dans les membres que dans des politiques floues et mal comprises.

Le rapport recommande entre autres de réviser les statuts de l’ACFA, ses politiques sur le harcèlement et son code de déontologie, ainsi que d’offrir des formations sur la gestion de conflit et sur la gouvernance.

En outre, plusieurs des recommandations visent à prévenir d’autres fuites d’information aux médias. Selon les auteurs, la transmission de communications internes et d’information sur les divisions internes de l’ACFA à des médias comme Radio-Canada est un des actes « les plus graves et les plus dommageables » de toute l'affaire.

Ce rapport survient alors que l’ACFA est en train de changer de mains : une de deux candidates à la présidence, soit Annie McKitrick ou Sheila Risbud, prendra bientôt la place de Marc Arnal.

Les membres peuvent voter jusqu'au 15 octobre et le nom de la gagnante sera dévoilé lors de la prochaine assemblée générale annuelle le 19 octobre à Calgary.

Un nouveau conseil d’administration a déjà été élu sans opposition.

Les représentants de l'ACFA ont refusé de se prononcer au sujet du rapport avant l'Assemblée générale annuelle.

Alberta

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