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Un étudiant développe un dispositif de reconnaissance vocale pour son frère handicapé

Michael Ko se tient debout à côté d'un fauteuil roulant électrique dans un hall d'entrée résidentiel.

Michael Ko a développé un dispositif attaché au fauteuil roulant électrique de son frère atteint de dystrophie musculaire. L'outil technologique reconnaît la voix de son frère et l'aide à accomplir des tâches simples comme se déplacer.

Photo : Paul Joseph

Marc-Antoine Bélanger

Michael Ko a décidé de faire appel à la technologie pour aider son frère atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne à accomplir des tâches simples. L’étudiant de quatrième année du programme de génie physique à l’Université de la Colombie-Britannique a mis au point un joystick de contrôle qui permet à son frère aîné Daniel Ko de donner des commandes à son fauteuil roulant électrique.

Daniel est atteint de ce type de dystrophie musculaire depuis son enfance. Il utilise un fauteuil roulant depuis l’âge de 8 ans.

La dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie héréditaire. Au fur et à mesure que l’enfant atteint grandit, ses muscles s’affaiblissent. Cela est dû au fait que son organisme n’est pas capable de produire la protéine musculaire appelée dystrophine. Lorsqu’elles manquent de cette protéine, les cellules musculaires s’affaiblissent et dégénèrent progressivement.

Source : Dystrophie musculaire Canada

« À cause des défis physiques auxquels est confronté mon frère, l’usage de l’assistant Google pour faire jouer de la musique et accomplir d’autres tâches est très important. J’ai réalisé qu’un dispositif reconnaissant la voix lui permettrait de garder un peu d’indépendance », explique Michael Ko.

Il y a deux ans, il a commencé à avoir de la difficulté à parler après une opération qui concernait les cordes vocales. Il ne peut alors prononcer que quelques syllabes. L’assistant vocal ne reconnaît plus ses commandes. Daniel ne peut donc plus se fier à l’assistant Google pour interagir avec son environnement.

Cette nouvelle situation réduit ses activités. Michael raconte que son frère a souvent participé à des réunions familiales, sortir avec des amis ou même se rendre au centre commercial. « Ce fauteuil roulant électrique est important pour notre famille. Nous avons créé de beaux souvenirs grâce à lui », dit le néophyte en génie électrique.

Une famille devant la platebande d'une résidence.

Michael (à droite), son frère Daniel (au centre) et sa mère Grace Ko.

Photo : Michael Ko

Quand j’étais enfant, le mieux que je pouvais faire, c’était d’aider mon frère sur le plan émotionnel. Puis, lorsque j’ai commencé mes études, je me suis demandé comment je pouvais mieux le soutenir. La réponse a été la reconnaissance vocale.

Michael Ko

Stimulé à l’idée de rendre la vie de son frère plus facile, l’étudiant se fait autodidacte. Il écoute de nombreuses vidéos sur YouTube lui enseignant les principes de la programmation et du génie électrique durant l’été 2018. Il met en pratique ses apprentissages et expérimente.

J’ai beaucoup appris, souvent par essai et erreur. Parfois, des erreurs de programmation arrivaient de nulle part. Il est même arrivé que des circuits m’explosent au visage.

Michael Ko

Il finit par trouver un moyen pour Daniel de prononcer des syllabes intelligibles pour l’assistant Google. Il a conçu un dispositif qui capte le mot « Eva » et qui permet à Google d’être déclenché.

Un engin électronique muni de plusieurs fils attaché à un joystick.

Michael a développé un dispositif de reconnaissance vocale nécessitant des habiletés en génie électrique et en programmation.

Photo : Paul Joseph

« Quand mon frère dit ''Eva'', le système que j’ai développé permet à Google de s’activer. Google va ainsi écouter les syllabes prononcées par Daniel et donner une commande au fauteuil roulant électrique », explique-t-il.

Le dispositif fonctionne uniquement pour les voix de Daniel et Michael.

Une histoire de persévérance

Ce dernier relate les hauts et les bas de la conception du dispositif. Le chemin a été semé d’obstacles, mais la destination est toujours demeurée la même.

« Ce qui m’a encouragé à continuer, c’était de voir mon frère persévérer étant donné la condition dans laquelle il vit. Il n’abandonne pas, et cela m’a incité à redoubler d’efforts pour trouver des solutions », confie-t-il.

J’ai beaucoup appris de mon frère, et il est un modèle pour moi.

Michael Ko

« Honnêtement, rien n’est impossible si vous avez la passion. Peu importe le nombre d’heures nécessaires pour apprendre la programmation, si vous avez la volonté, tout est possible », assure Michael.

Colombie-Britannique et Yukon

Santé