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Ugo Fredette a harcelé et terrorisé sa conjointe avant de la tuer, plaide la poursuite

Ugo Fredette, cheveux courts et lunettes sur le nez, est assis dans le box des accusés.

Croquis d'Ugo Fredette lors de son procès, en septembre 2019.

Photo : Radio-Canada

Geneviève Garon

« Ugo Fredette était obsédé par Véronique Barbe et ne pouvait pas décrocher de leur relation ». Il l’a harcelée sans relâche pendant des jours avant de la tuer et de battre à mort un automobiliste pour poursuivre sa cavale. C’est ce que la poursuite a plaidé lors du procès de l’homme de 44 ans vendredi.

Elle était dépassée par les événements. Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait peur et elle craignait pour sa sécurité. Et ça, M. Fredette le savait, a déclaré le procureur aux poursuites criminelles et pénales Steve Baribeau, dans sa plaidoirie finale qui a duré près de six heures au palais de justice de Saint-Jérôme.

Quatre jours avant le drame, en septembre 2017, le couple a vécu une chicane explosive qui aurait marqué un point de non-retour pour Véronique Barbe. Ugo Fredette a été violent avec elle, leur voisine l’a entendue crier à l’aide et pleurer. 

Les jours suivants, il aurait refusé d’accepter la rupture, puisque ça ne correspondait pas à ses besoins [...]. Il voulait contrôler Véronique, car c’est la seule façon qu’il avait trouvée pour empêcher la séparation.

La veille du drame, centré sur lui-même, il l’a bombardée de supplications sur l’application Messenger. 179 messages dans lesquels il l’implorait de lui donner une dernière chance. Je ne peux pas vivre sans toi, écrivait-il. STOP , répondait Mme Barbe en spécifiant qu’elle avait peur et qu’il devait cesser d’insister. Il l’a ensuite appelée à de multiples reprises. Ça n’arrête pas, a affirmé Me Baribeau.

Véronique dit qu’elle est terrorisée par Ugo une journée avant d’être poignardée à 17 reprises, soumet Me Baribeau, en rapportant les déclarations de la victime au thérapeute du couple.

Harcelée et séquestrée, selon la poursuite

Le 14 septembre 2017, Ugo Fredette n’a pas travaillé parce qu’il voulait la surveiller. En fin d’après-midi, il a poignardé sa conjointe sur le balcon arrière de leur domicile de Saint-Eustache avant de la séquestrer à l’intérieur de la maison et d’empoigner un deuxième couteau pour achever sa victime, affaiblie, vulnérable, afin de la finir à l’abri des regards, selon la poursuite. 

Un enfant de 9 ans, qui aurait assisté à une partie de la scène, a témoigné que Véronique Barbe lui a demandé d’appeler la police alors qu’elle se chicanait avec Ugo Fredette. Il fallait vraiment qu’elle ait peur, qu’elle se sente vraiment en danger pour agir comme ça, selon la poursuite.

Égoïstement, Ugo Fredette a ensuite fui le domicile avec un enfant de 6 ans et l’aurait séquestré.

Le meurtre prémédité d’Yvon Lacasse

Moins d’une heure plus tard, Ugo Fredette s’est arrêté dans une halte routière de Lachute et aurait battu à mort un automobiliste de 71 ans. Il n’avait pas le choix de tuer Yvon Lacasse afin d’obtenir un nouveau véhicule de fuite qui [allait] lui permettre de rester anonyme et indétectable, a plaidé Me Baribeau. Huit minutes après son arrivée, il est reparti au volant de son Honda CRV, est allé déposer le corps du septuagénaire dans un boisé et a poursuivi sa cavale.

Selon le Code criminel, le jury peut conclure qu’il s’agit d’un meurtre au premier degré en raison du contexte de séquestration de l’enfant ou parce que la mort était préméditée.

Pour Véronique Barbe, la poursuite affirme qu’il s’agit d’un meurtre au premier degré en raison du harcèlement ou de la séquestration.

La défense d’Ugo Fredette

Lors de sa plaidoirie, l’avocat d’Ugo Fredette a plaidé que son client n’a jamais eu l’intention de tuer ses deux victimes et qu’il a atteint un point de rupture après avoir été menacé par sa conjointe. Il aurait ensuite cru qu’Yvon Lacasse essayait de kidnapper l’enfant et l’aurait battu pour protéger le garçon.

La poursuite a qualifiée de totalement invraisemblable la version des faits présentée par l’accusé lors de son témoignage.

La juge Myriam Lachance donnera ses directives finales au jury mercredi avant que ce dernier n’entame ses délibérations.

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