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La pénurie de main-d’œuvre frappe des organismes francophones

Un édifice avec les mots Centre francophone sur la devanture.

Le Centre francophone de Thunder Bay regroupe sous un même toit plusieurs organismes. La majorité d'entre eux sont en cours de recrutement.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Plusieurs postes sont à pourvoir au Centre francophone de Thunder Bay et au Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales (CSDCAB), qui dessert le Nord-Ouest de l’Ontario. Dans certains cas, la situation dure depuis plusieurs mois sans que les gestionnaires soient en mesure de trouver des candidats répondant aux exigences.

La pénurie de candidatures se fait particulièrement sentir à l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO).

L’AFNOO a trois postes à pourvoir en ce moment, dont un emploi permanent pour le programme du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario.

Celle qui a occupé ce poste pendant quatre ans, Paula Haapanen, travaille depuis juin pour le Conseil de la coopération de l’Ontario, qui a ouvert un nouveau bureau à Thunder Bay cet été.

L’AFNOO a aussi reçu du financement afin d'embaucher deux stagiaires en développement économique communautaire, pour des contrats d’un an.

Ces postes, affichés depuis le printemps, sont subventionnés par la Société de gestion du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario, une agence provinciale.

Les candidats doivent avoir obtenu leur diplôme il y a moins de trois ans.

Dans les dernières années, l’AFNOO a connu du succès pour trouver des stagiaires, notamment grâce à l’affichage des postes dans les universités du Québec.

La directrice générale par intérim, Lina Mayer, explique qu’elle n’a pas été en mesure jusqu'à maintenant cette année de dénicher des candidats possédant les compétences recherchées et qui étaient prêts à déménager dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

Lina Mayer en compagnie de deux autres personnes derrière un podium.

Lina Mayer, au centre, lors de la cérémonie du lever du drapeau franco-ontarien à l'hôtel de ville de Thunder Bay, le 25 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Pour tenter d’expliquer la situation, Lina Mayer émet l’hypothèse que les jeunes diplômés québécois, entre autres ceux des programmes de communications, ont peut-être moins besoin de s’exiler pour obtenir un premier emploi dans leur domaine.

Elle affirme que certains projets de l’association sont mis en veilleuse, faute de personnel. Ces projets vont demander beaucoup de temps de déplacement, puis toute seule au bureau je n'ai ni le temps ni les ressources pour les réaliser.

Mme Mayer indique toutefois que l’AFNOO a pu coordonner comme à l’habitude les levers de drapeaux franco-ontariens à travers la région et produire le numéro d’automne de son magazine semestriel, Le Relais.

La directrice générale par intérim a pu compter sur l’aide d’étudiants pendant l’été pour mener à bien sa mission, mais ceux-ci sont de retour sur les bancs d’école depuis septembre.

Une pénurie généralisée

Le Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario (RMEFNO) a affiché plusieurs fois depuis juin un remplacement de congé de maternité pour un poste d’assistante administrative à son bureau de Thunder Bay.

La directrice générale du RMEFNO, Diane Quintas, explique que l’objectif était d’embaucher la nouvelle personne avant le début du congé de maternité, pour faciliter la transition.

Une photo de type portrait de Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario.

Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Photo : Image : Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Elle n’a pas réussi à pourvoir le poste, faute de candidature adéquate, avant le début du congé de son assistante administrative, le 1er octobre, et le poste a été réaffiché.

Certaines tâches de l’assistante sont accomplies par d’autres employés de l’organisme, mais cela augmente leur charge de travail.

Mme Quintas explique avoir reçu un nombre limité de CV.

Elle souligne avoir aussi eu de la difficulté dans les dernières années à pourvoir des postes à Sudbury, mais qu’elle arrivait toujours à trouver quelqu’un.

On acceptait des gens qui peut-être n’avaient pas toutes les qualifications [...] en se disant qu’on pourrait entraîner la personne, précise-t-elle.

Mais là, le défi, c’est qu’on n’a même pas eu quelqu’un qui avait une partie des qualifications.

Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Au total, il y a en ce moment six postes à temps plein vacants au Centre francophone, dont celui de gestionnaire du projet pour diminuer l'isolement des francophones de la région.

À cela s’ajoute un poste à temps partiel de formateur en informatique à Novocentre, le centre de formation pour adultes.

Le CSDCAB peine aussi à pourvoir certains postes, malgré des conditions salariales souvent plus avantageuses que dans le milieu communautaire.

Nous avons en effet de la difficulté au Conseil à recruter pour des postes spécifiques, qui requièrent des compétences dans un domaine précis, indique Carol-Ann Van Rassel, la directrice des communications du CSDCAB. En plus, ces candidats doivent être francophones.

Un panneau avec le nom d'une école devant celle-ci.

Le Conseil scolaire de district catholique recherche notamment du personnel pour son service des finances.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Nous travaillons en collaboration avec le Réseau du Nord ou la Société économique de l’Ontario pour sans cesse rappeler que la région du Nord-Ouest a de belles occasions de carrières à combler, ajoute-t-elle.

Être francophone par chez nous est un atout! Et nos organismes sont prêts à les accueillir à bras ouverts.

Carol-Ann Van Rassel, la directrice des communications du Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales

Des pistes de solution

Les directrices générales de l’AFNOO et du RMEFNO envisagent plusieurs options temporaires, dont l’embauche d’étudiants à temps partiel pour effectuer certaines tâches.

Les organismes considèrent aussi l’engagement d’une ressource partagée pour répondre aux besoins en commun, comme les communications.

La communauté va peut-être avoir à se regarder pour se dire comment on peut rassembler nos ressources pour survivre aux moments difficiles.

Lina Mayer, directrice générale de l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario

La directrice générale de l’AFNOO affirme qu’elle se tournera peut-être davantage vers les nouveaux diplômés des établissements postsecondaires francophones ou bilingues ailleurs au pays.

Le recrutement à l’étranger est une autre piste de solution à moyen et à long terme.

L’AFNOO a notamment participé à une demande faite auprès du gouvernement fédéral pour que Thunder Bay fasse partie d’un projet pilote sur l’immigration en milieu rural.

On travaille avec [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] pour pouvoir offrir des services d’établissement pour les immigrants francophones, ajoute Mme Mayer.

Lina Mayer conclut en affirmant qu’il faudra aussi s'efforcer de retenir à long terme le personnel déjà en place.

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