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De nouveaux soldats américains envoyés en Arabie saoudite

Un soldat américain portant casque, cagoule et lunettes se tient sur un véhicule d'assaut, devant une mitraillette.

Plusieurs milliers de militaires américains seront envoyés en Arabie saoudite.

Photo : Reuters / Chris Helgren

Agence France-Presse

Les États-Unis ont approuvé vendredi, dans un contexte de fortes tensions dans la région, l'envoi de plusieurs milliers de militaires en Arabie saoudite afin de protéger leur principal allié arabe au Moyen-Orient des actes de « déstabilisation » menés selon eux par l'Iran.

Le ministre américain de la Défense, Mark Esper, a autorisé le déploiement de forces américaines supplémentaires en Arabie saoudite, a annoncé le Pentagone dans un communiqué.

Avec les autres déploiements, cela représente 3000 soldats supplémentaires qui ont été prolongés ou autorisés au cours du dernier mois, a ajouté le ministère.

Washington avait déjà annoncé à la fin de septembre l'envoi de 200 militaires dans le royaume, le premier déploiement du genre depuis le retrait des troupes américaines en 2003.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été informé vendredi matin de cette décision qui vise à assurer et améliorer la défense de l'Arabie saoudite, a précisé le Pentagone.

Outre les militaires, les renforts comprennent notamment des missiles Patriot et un bouclier antimissile THAAD.

Devant la presse, Mark Esper a dénoncé l'attitude malveillante de l'Iran, ainsi que sa campagne pour déstabiliser le Moyen-Orient et perturber l'économie mondiale.

Les Occidentaux accusent Téhéran d'avoir des visées hégémoniques dans la région, du Liban à l'Irak, en passant par la Syrie. Téhéran s'en défend, assurant vouloir avant tout garantir sa sécurité face à ses voisins et rivaux du golfe Persique.

L'Iran, qui se considère comme le gardien du Golfe, menace également régulièrement de bloquer le détroit d'Ormuz – point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole – en cas d'action militaire américaine.

Fortes tensions entre Washington et Téhéran

Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions dans la région, alors que de récentes tentatives de rapprochement entre Washington et Téhéran, des ennemis historiques, ont échoué.

Un tanker iranien a été touché vendredi par deux frappes présumées de missiles en mer Rouge, à une centaine de kilomètres du port saoudien de Djeddah.

Selon la National Iranian Tanker Company (NITC), compagnie étatique iranienne, la coque du tanker Sabiti a été touchée par deux explosions probablement causées par des frappes de missiles.

Ces missiles ont été tirés depuis la côte saoudienne, avance Téhéran, qui n'a pas accusé directement les forces saoudiennes. La télévision d'État a ainsi évoqué la possibilité d'une attaque terroriste.

Le Pentagone a dit étudier cet incident et n'a pas fait de commentaire.

Cette attaque présumée est la dernière d'une longue série d'incidents survenue depuis le printemps, après notamment des attaques en Arabie saoudite attribuées à l'Iran par les Occidentaux, des saisies de pétroliers dans le Golfe et la destruction d'un drone américain par Téhéran.

En septembre, Riyad et Washington, puis Londres, Berlin et Paris ont accusé l'Iran d'être responsable de frappes aériennes contre deux installations pétrolières stratégiques dans le royaume saoudien, ce que la République islamique a démenti. Les attaques avaient suspendu une partie de la production saoudienne et fait flamber les cours du brut.

Les États-Unis ont par ailleurs renforcé leur présence militaire dans tout le Moyen-Orient, avec des appareils aériens de surveillance, des batteries antimissiles, des bombardiers B-52 ainsi que des drones.

Le Pentagone a déployé depuis mai 14 000 soldats, qui s'ajoutent aux quelque 70 000 militaires stationnés d'ordinaire pour assurer la sécurité dans la région.

Les tensions entre les États-Unis et l'Iran n'ont cessé de monter depuis que Donald Trump s'est retiré en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien signé trois ans auparavant, et qu'il a réintroduit de lourdes sanctions économiques contre Téhéran.

Des pans entiers de l'économie iranienne, de son système financier aux exportations de pétrole soumises à un strict embargo, sont sous le coup de ces sanctions, qui visent à forcer la République islamique à renégocier un accord plus contraignant.

Les États-Unis ne cherchent pas le conflit avec le régime iranien, mais nous conserverons une capacité militaire forte dans la région qui sera prête à répondre à toute crise et défendre les forces et les intérêts américains, a souligné le Pentagone.

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