•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'enfer d'une femme dont l'ex a partagé ses photos intimes

Un écran d'ordinateur.

Nicolas* a mis des photos de sa conjointe sur un site pornographique

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Maheu

Yannick Bergeron

Elle est enseignante. Il est membre d'un ordre professionnel et occupe un poste de direction dans une grande entreprise de Québec.

Ils formaient un couple jusqu'à ce que la femme découvre qu'il avait partagé des photos d'elle, nue, sur un site pornographique.

Je vis toujours avec la peur qu'un parent d'élève me reconnaisse et m'identifie, a témoigné Isabelle* après avoir entendu son ex-conjoint plaider coupable des accusations.

En 2011, elle avait accepté que Nicolas* la photographie, mais ne s'attendait pas à ce que les clichés se retrouvent sur le web quelques années plus tard.

Même si les photos ont été effacées du site, la femme de 40 ans souligne que des utilisateurs ont pu les copier.

Je n'aurai jamais la conscience tranquille, a témoigné la femme qui s'est sentie humiliée et trahie.

Nicolas a plaidé coupable d'accusations de voyeurisme et d'avoir partagé des photographies intimes sans consentement.

À trois occasions, il a filmé à son insu Isabelle sous la douche. Il a transmis à un de ses amis une capture d'écran d'une des vidéos.

Par fierté

J'avais besoin de montrer que ma femme était belle, s'est expliqué Nicolas à l'occasion des observations sur la peine.

Il affirme que ses consultations avec une sexologue lui ont permis de comprendre pourquoi il avait posé ces gestes.

À l'adolescence, j'étais un nerd et rejeté par les femmes, c'était pour remonter mon estime de moi, assure l'homme de 42 ans qui admet avoir été égoïste et irresponsable.

Lors de son contre-interrogatoire, il a avoué avoir filmé à leur insu deux voisines, dont une policière, en maillots de bain. Ces deux événements n'ont pas mené à des accusations.

Peur pour les enfants

À certains moments, le professionnel a eu de la difficulté à témoigner alors qu'il pleurait à chaudes larmes, incapable de parler.

Il jure qu'il n'a pas partagé les photos de nudité d'Isabelle par vengeance ou pour la blesser.

La mère de deux jeunes enfants a aussi fait allusion à Guy Turcotte. Elle dit craindre pour leur sécurité lorsqu'ils sont en contact avec leur père.

Nicolas répète qu'il n'a jamais été violent et qu'il n'a pas commis ses crimes par vengeance.

Le juge Mario Tremblay s'est quand même interrogé à voix haute à ce sujet, après avoir constaté la détresse psychologique de Nicolas pendant son témoignage.

Absolution ou prison ?

Me Maxime Roy a indiqué qu'aucun indice ne permet de croire que le père représente un risque pour les enfants.

Son client, qui n'a toujours pas avisé son entreprise de ses démêlés judiciaires, espère obtenir une absolution conditionnelle.

L'avocate de la poursuite, Me Valérie Lahaie, estime pour sa part qu'une peine de six mois de détention s'impose.

Le juge Tremblay a mis la cause en délibéré.

* Les prénoms ont été changés pour préserver l'identité de la victime.

Québec

Justice et faits divers