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Élections fédérales : permettre aux personnes sans-abri de se faire entendre

Deux hommes de dos assis devant une table pendant que l'un d'entre eux écrit sur une feuille.

C'est la troisième fois que Matty Gaudet (à droite) aide des personnes itinérantes à s'enregistrer pour voter.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Difficile de prendre le temps de se renseigner sur la politique en période électorale lorsqu’on ne sait pas où passer la nuit. C’est pourquoi des organismes d’Ottawa offrent aux personnes itinérantes de les enregistrer pour voter et de les informer sur les divers partis en lice.

Pour la première fois de son histoire, le refuge des Bergers de l’espoir a donné vendredi un atelier à ses bénéficiaires pour qu'ils puissent exercer leur droit de vote, un droit qui leur a été reconnu pour la première fois au scrutin fédéral de 2000.

Les personnes sans-abris sont affectées de façon disproportionnée par les politiques publiques, mais beaucoup d’entre elles sont confrontées à des obstacles au moment de voter, comme le fait de ne pas avoir de pièce d’identité ou de ne pas satisfaire certains critères en matière de résidence, explique la directrice des services communautaires et du bénévolat aux Bergers de l’espoir, Caroline Cox.

Caroline Cox en entre dans un local.

Selon Caroline Cox, trop peu de personnes itinérantes savent qu'elles peuvent satisfaire les critères pour voter sans avoir de domicile fixe.

Photo : Radio-Canada

Même sans domicile fixe pour recevoir sa carte d’électeur, il est possible de s’enregistrer pour voter par l’entremise d’un refuge. L’administration dudit refuge peut produire une lettre qui agit comme une preuve de résidence.

Si une personne sans-abri se pointe avec une carte d’autobus, par exemple, et cette lettre d’autorisation là, elle va voter à l’endroit où il y a le centre d’hébergement, précise le porte-parole d’Élections Canada Ghislain Desjardins. Mme Cox ajoute qu’une personne peut accompagner un électeur sans domicile fixe pour attester de son identité au bureau de vote.

Se sentir à nouveau comme un citoyen

C’est la troisième fois que Matty Gaudet, un travailleur social œuvrant pour Santé urbaine Ottawa, accompagne des personnes en situation d’itinérance dans leurs démarches électorales.

Matty Gaudet en entrevue dans un local.

Matty Gaudet était lui-même itinérant. Le fait de pouvoir à nouveau voter a changé sa vie.

Photo : Radio-Canada

Quand je vivais dans la rue, je ne pouvais pas voter ou avoir accès à des services, se remémore-t-il.

Quand j’ai pu avoir accès à ces services, ça a changé ma vie. Une des premières choses que j’ai faites, c’est de voter. Quand je suis sorti du bureau de scrutin, je me sentais à nouveau comme une personne, comme un citoyen.

Matty Gaudet, travailleur social pour Santé urbaine Ottawa

M. Gaudet utilise aussi les ateliers pour fournir aux électeurs itinérants de l’information sur les programmes proposés par les différentes formations politiques.

Nous avons contacté tous les partis, nous avons consulté des sites de droite, de gauche et plus au centre pour de l’information que nous avons ensuite confirmée auprès de partis politiques pour présenter les plateformes de façon non biaisée, explique-t-il.

Robert Chilton en entrevue à la caméra de Radio-Canada.

Robert Chilton a toujours eu un intérêt pour la politique, mais puisqu'il est itinérant, il a d'autres priorités que de suivre l'actualité.

Photo : Radio-Canada

Robert Chilton a plus de difficulté à s'intéresser à la politique depuis qu'il a chuté dans l'itinérance.

Si tu n’as pas de télé ou d’ordinateur, tu te sens déconnecté. Dans la rue, on en parle très peu, et quand on en parle, c’est très négatif habituellement, relate M. Chilton.

Il a quand même décidé de s'enregistrer via le service des Bergers de l'espoir. Je me disais que ça ne m’intéressait pas vu que j’ai d’autres chats à fouetter, d’autres problèmes. Mais il faut que je fasse quelque chose, juge-t-il.

Avec les informations d'Isamël Sy

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale