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Des élèves francophones s'initient à la réconciliation grâce à l'art

Le directeur Jean-François Ouellet et l'artiste James Brittain tiennent la peinture sur bois dans leurs mains, pour la montrer à une centaine d'élèves assis par terre.

L'excitation était palpable dans la salle au moment du dévoilement de l'oeuvre devant tous les élèves de l'école.

Photo : Radio-Canada / Émilie Vast

Audrey Neveu

Le conseil scolaire FrancoSud a choisi la voie de l’art pour initier ses élèves à la réconciliation avec les peuples autochtones. L’École Notre-Dame-de-la-Paix de Calgary a donné jeudi le coup d’envoi au projet « Oki Napi - Bonjour mon ami! » en dévoilant une peinture réalisée par ses élèves de 5e année, en collaboration avec un artiste Pieds-Noirs et le personnel de l’école.

Rassemblés dans la salle commune de l’école, les jeunes attendent avec impatience le dévoilement de l’oeuvre, que l’artiste James Brittain tient à l’envers dans ses mains. Lorsqu’il la retourne, c’est un tonnerre d’applaudissements. Sur une grande planche de bois lisse, un oiseau peint en vert lime, bleu ciel et rose vibrant prend son envol. Tous veulent se lever pour aller la toucher.

Un oiseau est peint en couleurs vibrantes sur une grande planche en bois lisse.

L'oeuvre représente un balbuzard, un oiseau qui pèche pour se nourrir.

Photo : Radio-Canada / Émilie Vast

Cet oiseau, un balbuzard, est apparu dans les rêves de l’artiste James Brittain peu après avoir visité l’école Notre-Dame-de-la-Paix pour la première fois. Lorsque ces oiseaux plongent pour attraper des poissons pour se nourrir, ils doivent ressortir de l’eau. Ils risquent donc leur vie chaque fois qu’ils veulent nourrir leur famille, explique James Brittain aux enfants, en anglais.

Ce que j’essaie de vous dire, c’est que même si ce qui vous arrive fait peur ou est difficile, persévérez comme cet oiseau.

James Brittain, artiste

Découvrir une autre culture à travers les rencontres

Si ce message de persévérance est la morale de la peinture, tout le processus créatif de l’oeuvre a été un véritable apprentissage pour les élèves. James Brittain a notamment présenté un aîné de sa nation aux élèves lors de leur première rencontre et a présenté une danse traditionnelle pour eux, afin de les initier à sa culture. Il leur a expliqué la symbolique des plumes de son habit, des cadeaux et des échanges de grande valeur à ses yeux.

Notre but, au niveau de l'éducation de la réconciliation, c'est vraiment de créer des liens avec les gens des peuples Premières Nations, Métis et Inuits, explique la conseillère pédagogique du FrancoSud et instigatrice du projet, Fanie Boucher.

Dans ce cas-ci, on a pensé qu'une pièce d'art pourrait être une porte d'entrée pour commencer l'échange et le partage de culture entre les personnes autochtones et non autochtones.

Fanie Boucher, conseillère pédagogique au conseil scolaire FrancoSud

De ces échanges, les élèves retiennent particulièrement la place centrale qu’occupe la nature dans les cultures autochtones. Ça m'a inspirée quand il a parlé à propos de la nature et ça m'a inspirée d'essayer de la protéger un peu, raconte timidement Ange-Thérèse Nzussuo, qui a participé au projet.

Josée Michaud donne une entrevue devant l'oeuvre sur bois.

L'élève de 5e année Josée Michaud a beaucoup aimé les discussions sur les cultures autochtones avec l'artiste James Brittain.

Photo : Radio-Canada / Émilie Vast

Élève de 5e année elle aussi, Josée Michaud a été marquée par l’histoire du mode de vie traditionnel des Autochtones. Les animaux les aidaient beaucoup, avec la nature. Ils utilisaient les os pour des marteaux, se rappelle-t-elle. Elle sourit en se rappelant les mots que lui a appris James Brittain : « Oki Napi », ce qui signifie « Bonjour mon ami » en langue Pieds-Noirs.

La réconciliation, un concept à expliquer

Le directeur de l'école Jean-François Ouellet reconnaît que la réconciliation reste un concept abstrait pour les enfants, mais il est convaincu que le projet a porté ses fruits. C'était impressionnant. Les jeunes étaient à l'écoute quand l'aîné est venu avec lui et ils avaient beaucoup de questions. Ils démontraient un grand intérêt à en savoir plus, dit-il avec fierté.

Le projet sera répété dans chacune des 14 écoles du conseil scolaire FrancoSud au cours des deux prochaines années, dont sept durant cette année scolaire. James Brittain se rendra ensuite à l’école La Vérendrye lors de la semaine du 14 octobre pour y créer une oeuvre originale avec les élèves.

Jean-François Ouellet y voit un tel succès qu’il envisage déjà d’inviter l’artiste à revenir dans son école, histoire de tisser des liens encore plus profonds avec de nouvelles générations d’élèves.

Avec les informations d'Émilie Vast

Alberta

Éducation