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L'ex-ambassadrice américaine en Ukraine dit que Trump a influé sur sa destitution

Les explications de notre correspondant à Washington Raphaël Bouvier Auclair.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada
Mis à jour le 

Marie Yovanovitch, l'ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine destituée brutalement en mai, a déclaré vendredi aux élus démocrates chargés d’enquêter sur la procédure de destitution de Donald Trump que son départ était la conséquence directe des pressions exercées par le président sur le département d'État pour qu'elle soit renvoyée.

Accompagnée d’un avocat, Marie Yovanovitch a déclaré aux législateurs qu'elle avait été forcée de quitter Kiev par le prochain avion ce printemps, pour ensuite être démise de ses fonctions. Le secrétaire d'État adjoint, John Sullivan, lui aurait expliqué que ses patrons estimaient qu'elle n'avait rien fait de mal, mais que le président Trump avait perdu confiance en elle. Il lui aurait aussi dit que le département d'État avait subi de fortes pressions depuis l'été 2018 pour la destituer.

Mme Yovanovitch a reconnu que l'avocat personnel de Donald Trump, Rudolph W. Giuliani, l’avait déjà blâmée, en l’accusant d'avoir critiqué le président en privé et de chercher à protéger les intérêts de l'ancien vice-président Joe Biden et de son fils, qui a siégé au conseil d’administration d’une société gazière ukrainienne soupçonnée de corruption.

Elle nie ces allégations et s'est déclarée incrédule quant à la décision de ses supérieurs de la démettre de ses fonctions en se basant sur de fausses allégations non fondées émanant de personnes ayant des motifs clairement douteux.

Elle a également visé directement des associés de Rudolph Giuliani qui, selon elle, auraient pu être menacés financièrement par ses initiatives anticorruption en Ukraine.

Les contacts de M. Giuliani pourraient bien avoir cru que leurs ambitions financières personnelles étaient entravées par notre politique anticorruption en Ukraine, a-t-elle noté.

Aujourd'hui, nous voyons le département d'État attaqué et évidé de l'intérieur, a-t-elle dit aussi, plaidant pour sa protection par ses dirigeants et le Congrès. Je crains que ne pas le faire ne nuise aux intérêts de notre nation, peut-être de façon irréparable.

Marie Yovanovitch a parlé de sa profonde déception et son désarroi devant les événements qui ont conduit à son renvoi, décrivant un sentiment de trahison de la confiance sacrée qu'elle et d'autres diplomates avaient autrefois envers leur gouvernement.

Ces critiques virulentes d'une diplomate ayant plus de 30 ans d'expérience dans le service extérieur ont été formulées dans un climat d'insatisfaction croissante au sein du département d'État devant l'incapacité du secrétaire d'État, Mike Pompeo, à défendre ses subordonnés, qui sont devenus des cibles dans la controverse sur l'Ukraine. Michael McKinley, diplomate de carrière et conseiller principal de Pompeo, a d’ailleurs démissionné de son poste cette semaine en raison du ressentiment croissant au sein du département.

Mme Yovanovitch a témoigné vendredi au risque de perdre son emploi, la Maison-Blanche ayant affirmé que les fonctionnaires du gouvernement ne coopéreraient pas à l'enquête de destitution de la Chambre des représentants.

L’enquête cherche à savoir si Donald Trump a fait pression sur le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, afin qu'il enquête sur Joe Biden, ex-vice-président américain et candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle aux États-Unis.

Outre celui de Marie Yovanovitch, un seul autre témoignage a pour le moment été enregistré par les enquêteurs démocrates, celui de l'ancien envoyé spécial des États-Unis en Ukraine, Kurt Volker, qui a démissionné de son poste d'émissaire spécial après avoir été convoqué par le Congrès dans le cadre de l'enquête.

Avant sa comparution, Kurt Volker a remis un certain nombre de documents aux membres du personnel du Congrès, notamment des textos échangés avec Rudy Giuliani, avec un important collaborateur du président ukrainien et avec de hauts diplomates américains, dont Gordon Sondland, ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, dans les semaines qui ont précédé et suivi l'appel du 25 juillet entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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