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Le coût financier et environnemental de la collecte des feuilles

Feuilles à l'automne.

Des feuilles jaunes dans un arbre à l'automne

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Maxime Denis

Le long week-end de la fête de l'Action de grâce est aussi synonyme de derniers travaux pour préparer les terrains résidentiels à la venue de la saison froide. Voici quelques trucs et conseils du consultant et ancien professeur en arboriculture, Jean Lamontagne.

Maxime Denis : Que faut-il faire avec nos feuilles? Faut-il absolument les ramasser?

Jean Lamontagne : Selon moi, non. Mais beaucoup de monde le fait. C'est encore tôt, car les feuilles sont encore assez vertes et pas encore toutes tombées. Certains peuvent commencer à les ramasser, les mettre dans des sacs de plastique transparent ou orange et les envoyer à récupération. Mais, ce sont les camions qui les transportent, c'est moins environnemental. Tandis que les feuilles peuvent nous être utiles et on peut sauver des sous. Au lieu de payer 50 dollars pour mettre un engrais d'automne, on va déchiqueter la feuille laissant les matières organiques au sol. Ça va aider le gazon et sauver une fertilisation. On sauve des sous et on ménage l'environnement.

La collecte des feuilles à Québec en chiffres

1,2 à 1,8 million de sacs et une moyenne de 12 500 tonnes par année

Quels sont les sacs à utiliser :

  • L'idéal est le sac en papier
  • Les sacs de plastique orange et transparents sont acceptés
  • Il faut éviter les sacs noirs et verts

Coût?

94,45 $/ tonne (coût moyen des arrondissements)

Coûts totaux : 1 180 690 $ (sans compter le traitement et le transbordement)

Source: Ville de Québec

MD : Qu'est ce que ça apporte à la nature?

JL : En forêt, la feuille va tomber à l'automne, elle se décompose lentement, puis quatre à six ans après, elle nourrit l'arbre. C'est extraordinaire la nature!

Cette feuille est bourrée d'oligo-éléments : azote, phosphore, potasse, calcium, magnésium, etc. En se décomposant, ça devient de l'humus. Cet humus noir va nourrir l'arbre qui continue son principe de fonctionnement. La nourriture va monter. Tous les produits qu'il y a dans le sol vont monter dans les vaisseaux de sève, par le principe de l'évapotranspiration et nourrir l'arbre. C'est un cycle continuel qui fait que nos forêts sont pratiquement éternelles : les vieux arbres meurent et les jeunes prennent la place.

MD : S'il y a beaucoup, beaucoup de feuillus sur notre terrain, il faut passer la tondeuse tous les deux ou trois jours?

JL : Effectivement, il faut quand même la passer un peu plus rapidement parce que s'il y a trop de feuilles, ça va bloquer dans la tondeuse.

Des rognures de gazon.

Des rognures de gazon.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

MD : Mais, est-ce qu'il pourrait y avoir un danger pour le gazon?

JL : Ça, c'est un autre problème. Tout le monde veut avoir de belles pelouses comme un terrain de golf. La racine du gazon est aussi longue que le brin qu'on voit. Ce qu'il faut comprendre, c'est que si vous le laissez à un demi-pouce, ça prend des tonnes de pesticides et d'engrais, car il est en stress continuel, parce qu'on le coupe tout le temps. Idéalement, il faut laisser 5 ou 6 centimètres de longueur pour avoir un 5 ou 6 centimètres de racines. On va avoir moins de sécheresse aussi. En gardant un trois pouces de gazon, on peut ainsi laisser nos rognures de gazon sur place. C'est de la matière organique. Tout ce qu'on l'on envoie à la collecte, à l'automne, c'est un gaspille. Pourquoi pas l'enfouir chez nous, passer un peu plus de temps sur notre terrain à l'air pur, déchiqueter nos feuilles et on n'a pas à soulever d'immenses sacs. Un effort supplémentaire très bon pour la santé et notre portefeuille!

De jeunes arbres protégés pour l'hiver.

De jeunes arbres protégés pour l'hiver.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

MD : Doit-on habiller les arbres?

JL : Lorsque ce sont des arbres qui sont situés dans un endroit problématique, soit sur le bord d'une rue à cause de la neige, du calcium, du sel, c'est important de la faire dans les premières années de vie de l'arbre. Certains peuvent être complètement endommagés par la souffleuse et la glace projetée. C'est pour ça que la Ville et des citoyens préoccupés par leur environnement mettent une toile les premières années. C'est la bonne chose à faire pour les jeunes arbres durant 2 ou 3 ans. En développant ses racines, il pourra ensuite se défendre en ayant plus de racines dans son système racinaire. Il pourra donc se réparer plus rapidement sans perdre toutes ses réserves.

MD : Est-ce utile d'étendre une toile sur son terrain pour protéger son gazon?

JL : Très peu de monde le fait puisqu'il s'agit d'un gros travail. C'est salaud à nettoyer au printemps. Comme on fait plus d'efforts pour réduire les sels déglaçant, c'est davantage pour éviter les petits cailloux sur sa pelouse. Donc ça sert surtout à empêcher les petits cailloux. Mais quant à moi, le caillou ira dans le sol et ça finit là. Il faut arrêter d'être puriste au niveau de la pelouse.

Une plate-bande en automne.

Une plate-bande en automne.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

MD : Et qu'en est-il des plates-bandes, doit-on recouvrir certaines plantes d'une toile pour les protéger?

JL : On arrache les plantes annuelles tout simplement. On peut en disposer dans le compost. Par contre, les vivaces, on va les couper au ras du sol pour que ça soit plus propre. Moi, je passe la tondeuse dans la plate-bande et ça la nourrit. Je n'aurai pas besoin de mettre de l'engrais dans ma plate-bande, c'est rendu 20 $ pour une poche d'engrais! Je sauve ça. C'est certain que c'est du travail, mais c'est plaisant à faire!

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