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Des photos d’enfants sur Flickr alimentent des algorithmes de reconnaissance faciale

Des personnes identifiées par des caméras de reconnaissance faciale.

MegaFace contient 4 millions de photos de quelque 672 000 personnes.

Photo : AFP/Getty Images / DAVID MCNEW

Radio-Canada

Une enquête du New York Times révèle qu’une populaire base de données dont se servent des entreprises comme Google et Amazon pour alimenter leurs algorithmes de reconnaissance faciale a puisé 4 millions de photos du site d’hébergement d’images et de vidéo Flickr, et que bon nombre d’entre elles mettent en scène des enfants.

Selon l’analyse du Times, l’âge moyen des sujets des portraits qui se trouvent dans la base de données MegaFace, qui contient des photos de quelque 672 000 personnes, est de 16 ans.

C’est Yahoo, la société mère de Flickr, qui a rendu ces photos publiquement disponibles en 2014 afin de contribuer au développement de la vision par ordinateur, une branche de l'intelligence artificielle où les machines analysent et comprennent des images.

Il est possible de choisir les restrictions de licences des images publiées sur Flickr. C’est pour cette raison que l’ancien directeur de la recherche de Yahoo David Ayman Shamma explique que son équipe a seulement rendu publiques des photos libres de droits ou dotées d’une licence d'utilisation non commerciale.

Il assure également que son équipe et lui ont mis en place un mécanisme de protection afin que les photos que les gens choisissaient de rendre privées ne se trouvent plus dans la base de données en distribuant des liens vers les photos plutôt que vers les fichiers en tant que tels.

Le hic, c’est que le Times a découvert une faille dans Flickr qui permet tout de même d’accéder à des images privées et que plusieurs équipes de recherche ayant accédé à la base de données ont simplement téléchargé les photos.

Des entreprises de surveillance comme SenseTime se sont d’ailleurs servies de MegaFace pour alimenter leurs algorithmes d’intelligence artificielle. Leur technologie a notamment été utilisée pour surveiller la population ouïgoure de la Chine, qui est victime de répression de l’État depuis près d’une vingtaine d’années.

Peu encadré

Le Times a pu retracer plusieurs personnes dont le visage se trouvait dans la base de données MegaFace.

C’est dégueulasse et malaisant, explique le sujet d’une photo initialement publiée en 2004 qui a aujourd’hui 19 ans. J’aurais aimé qu’on me demande la permission. Je trouve que l’intelligence artificielle, c’est cool, et je veux qu’elle s’améliore, mais en général, il me semble qu’il faut demander aux gens s’ils veulent participer à un projet de recherche.

D’autres personnes se sont toutefois dites indifférentes quant au fait que leur visage se trouvait dans MegaFace.

Il y a peu de lois qui encadrent ce genre de pratique à travers le monde. Toutefois, l’État de l’Illinois en a adopté une en 2018 sur la protection de l’information biométrique qui permet à ses citoyens et citoyennes de demander une compensation financière aux entreprises qui se servent de leur empreinte digitale ou d’un scan de leur visage sans consentement.

Avec les informations de The New York Times

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