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Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine ou les électeurs infidèles

Une main dépose un bulletin de vote dans une urne.

Les Canadiens sont appelés aux urnes le 21 octobre.

Photo : iStock

Joane Bérubé

Tout indique que les résultats de la course électorale fédérale réserveront quelques surprises le 21 octobre dans la circonscription Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine.

En 2015, les libéraux l’avaient emporté sur les néo-démocrates dans cette circonscription qui s’étale sur près de 500 km de côtes, de Capucins à New Richmond, et qui fait le pont avec les Îles-de-la-Madeleine.

En 35 ans, la circonscription a porté successivement les couleurs du Parti conservateur (Charles-Eugène Marin), du Parti libéral du Canada (Patrick Gagnon), du Bloc québécois (Yvan Bernier), du Parti libéral (Georges Farrah), du Bloc québécois (Raynald Blais), du Nouveau Parti démocratique (Philip Toone), puis en 2015, du Parti libéral du Canada avec l’élection de Diane Lebouthillier qui tente de se faire réélire à la présente élection.

Photo des cinq candidats dans la circonscription Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine.

Les candidats : Lynn Beaulieu (NPD), Guy Bernatchez (BQ), Éric Hébert (PPC), Jean-Pierre Pigeon (PCC) et Dennis Drainville (PVC)

Photo :  Radio-Canada/Courtoisie

Parti libéral du Canada

Lors du dernier scrutin, avec 38 % des suffrages et une majorité de 2460 voix, Diane Lebouthillier avait surtout récolté des appuis dans plusieurs secteurs de la Baie-des-Chaleurs et dans la MRC du Rocher-Percé, où elle était préfète, ainsi que dans celle de La Haute-Gaspésie.

Intervenante sociale, Diane Lebouthillier raconte souvent qu’elle a emporté son élection comme préfète avec une seule voix. Tous les votes comptent, dit celle qui, après quatre ans comme députée, défend maintenant son bilan.

Elle fait valoir que son parti a investi un demi-milliard de dollars en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, depuis son élection. Les Gaspésiens, croit-elle, n’ont pas intérêt à être dans l’opposition comme ce fut le cas pendant les 20 dernières années.

Mais la bataille s’annonce plus rude cette fois pour Diane Lebouthillier, notamment en Haute-Gaspésie, où les résultats des bureaux de scrutin lui avaient été assez favorables lors du dernier scrutin.

Notre dossier Élections Canada 2019

Bloc québécois

Guy Betnatchez, le candidat du Bloc québécois (BQ) mené par Yves-François Blanchet, est un homme très engagé dans son milieu et maire de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, une des communautés importantes du nord de la péninsule.

M. Betnatchez pourrait obtenir de bons résultats aussi dans la MRC de La Côte-de-Gaspé où le vote était assez divisé lors de la dernière élection entre le PLC, le BQ et le NPD. Le technicien forestier devra par contre multiplier les efforts pour se faire connaître à l’autre bout de la circonscription dans la Baie-des-Chaleurs.

Celui qui se définit comme un « gars de bois » a lancé un slogan de campagne « prêt à bûcher pour mon monde » qui, raconte-t-il, exprime bien ce qu’il est.

Nouveau Parti démocratique

Dans la circonscription, le Bloc québécois était toutefois arrivé troisième en 2015 avec presque 21 % des suffrages. Le NPD avait beaucoup mieux réussi avec 32,5 % des votes.

En 2011, à la surprise de plusieurs Gaspésiens, le candidat du NPD Philip Toone était devenu député, porté par la vague orange.

Il a perdu son siège à l’élection suivante, non sans avoir fait la preuve que son organisation pouvait mobiliser les Gaspésiens.

Bien qu’elle se décrive comme une battante et une militante, la candidate Lynn Beaulieu devra batailler ferme en 2019 pour faire valoir le parti de Jagmeet Singh, dans sa circonscription.

Cette intervenante en santé mentale, conseillère municipale à La Martre et ancienne présidente de son syndicat local a l’expérience d’une première campagne pour le NPD dans la circonscription de Saint-Maurice–Champlain, en 2015.

Elle décrit toutefois la présente campagne comme « intense », en raison notamment de l’immense territoire à parcourir.

Parti conservateur du Canada

Militant conservateur depuis 40 ans, Jean-Pierre Pigeon n’en est pas à ses premières armes en politique. Le candidat conservateur était des luttes électorales de la circonscription en 2015.

Le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs avait remporté 6,1 % des suffrages exprimés lors du dernier scrutin. Il se décrit lui-même comme un bleu un peu vert. Il a d’ailleurs refusé d’investir dans des affiches électorales et préféré acheter de la publicité dans les hebdomadaires afin de soutenir la presse locale.

Il affirme néanmoins appuyer tout le volet environnemental de la plateforme de son parti dirigé par Andrew Scheer.

Parti vert du Canada

Le candidat du Parti vert, Dennis Dranville, a beaucoup de pain sur la planche. Cet ancien militant du NPD a fait le saut dans le parti d’Elizabeth May afin de mieux défendre les mesures à prendre pour combattre les changements climatiques.

Prêtre anglican et évêque du diocèse de Québec, Dennis Dranville a aussi été député provincial en Ontario, dans le gouvernement de Bob Rae. Il a enseigné une douzaine d’années dans le secteur de Gaspé.

Parti populaire du Canada

Bien malin qui pourra prédire la performance du Parti populaire du Canada dans la circonscription. Le candidat Éric Hébert est un géologue de formation qui travaille dans le Nord québécois, mais qui réside à Murdochville.

Il dit avoir choisi le parti de Maxime Bernier, car cela lui permet d’exprimer librement ses idées.

Si je suis élu(e)...

Carte de la circonscription Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

La circonscription s'étend sur environ 500 km de côtes.

Photo : Elections Canada

Diane Lebouthillier, indique qu’elle poursuivra son travail, notamment en ce qui concerne le tourisme et les infrastructures. Celle qui a été nommée ministre du Revenu laissera à son chef, Justin Trudeau, le soin de déterminer si ses talents sont de nouveau requis au Conseil des ministres, si le parti est reporté au pouvoir.

La ministre du Revenu, Diane Lebouthillier

La ministre du Revenu, Diane Lebouthillier

Photo : Radio-Canada

Guy Bernatchez croit que la région pourrait aller chercher beaucoup plus à Ottawa, notamment pour des infrastructures comme les quais. Les rétrocessions des quais en cours l’inquiètent.

Il estime qu’il aura un pouvoir identique à tous ceux qui seront élus à la Chambre des communes. Il se dit prêt à travailler en équipe, avec les autres élus, pour faire avancer les dossiers de sa région. Il donne en exemple l’ex-député du NPD au Nouveau-Brunswick, Yvon Godin, qui a fait beaucoup pour sa circonscription même s’il était dans l’opposition, fait valoir le candidat.

Yves-François Blanchet, Guy Bernatchez, et Joël Arseneau aux Îles-de-la-Madeleine.

Le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet (au centre) a visité les Îles-de-la-Madeleine. Il était accompagné du candidat bloquiste Guy Bernatchez (à droite) et du député péquiste Joël Arseneau (à gauche).

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Jean-Pierre Pigeon dit se soucier tout particulièrement de la pénurie de main-d’œuvre et de la relève entrepreneuriale.

Il entend favoriser le retour au travail des retraités. Il dit s’inspirer de deux modèles régionaux, soit l’ex-premier ministre Brian Mulroney et l’ancien député conservateur de la circonscription Charles-Eugène Marin.

Jean-Pierre Pigeon, candidat conservateur.

Jean-Pierre Pigeon, candidat conservateur

Photo : Site du Parti conservateur du Canada

La candidate du NPD promet de mettre en place une table de concertation régionale pour les infrastructures, le transport et la protection des berges.

Elle souhaite que cette table regroupe les élus des trois ordres de gouvernement, municipal, provincial et fédéral, ainsi que la société civile. Les transports, ça touche autant les personnes qui ont des problèmes de santé que l’économie. Il faut se concerter tous ensemble si on veut faire avancer les dossiers. Elle estime que le programme de son parti répond à plusieurs problèmes de la circonscription, dont la défense des chômeurs, ou les infrastructures, comme le transport.

La candidate Lynn Beaulieu du NPD dans Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Lynn Beaulieu candidate pour le NPD dans Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine aux élections fédérales 2019

Photo : Gracieuseté: Lynn Beaulieu

Dennis Drainville, lui, juge que la priorité de son parti, la lutte contre les changements climatiques, touche l’ensemble de la vie des Gaspésiens et des Madelinots. L’érosion des berges, souligne-t-il, a coûté des millions de dollars juste à Percé. Ce sont ces dossiers qu’il entend défendre à la Chambre des communes, s’il devient député.

Dennis Drainville a déjà été député néo-démocrate au sein du gouvernement ontarien de 1990 à 1993.

Dennis Drainville a déjà été député néo-démocrate au sein du gouvernement ontarien de 1990 à 1993.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Éric Hébert veut profiter de sa campagne électorale pour faire valoir les recherches scientifiques et leurs applications sur le stockage et la valorisation du carbone. Il se dit opposé à la taxe sur le carbone et préférerait un gouvernement qui investit dans des technologies pour lutter contre les changements climatiques tout en stimulant l’économie.

Éric Hébert en compagnie du chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

Éric Hébert en compagnie du chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier

Photo : collaboration Éric Hébert

La circonscription comptait 65 783 électeurs en 2015. Près de 61 % des électeurs de la Gaspésie s’étaient alors prévalus de leur droit de vote.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique fédérale