•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Propos anti-islam : le chef du Bloc rattrapé par la controverse touchant ses candidats

Gros plan sur Yves-François Blanchet, qui s'adresse au micro.

Le chef bloquiste Yves-Francois Blanchet était de passage à Lachute pour annoncer une série de mesures visant à renforcer la protection des renseignements personnels.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Valérie Boisclair

Le chef du Bloc québécois a dû à nouveau clarifier la situation concernant certains de ses candidats qui ont déjà tenu ou partagé des propos anti-islam sur les réseaux sociaux. Yves-François Blanchet a affirmé que son parti avait mené les vérifications nécessaires avant de recruter ces candidats, et qu’il ignorait tout de ces déclarations.

La veille, M. Blanchet s’était excusé au nom du parti pour d’anciennes publications à caractère raciste faites ou partagées par quatre candidats, qui ont été mises en lumière par Le Journal de Montréal et le Globe and Mail.

La contrariété que j’ai ressentie lorsque j’ai vu que ces gens-là avaient partagé des contenus déplorables et inappropriés… J’aurais quelques mots non laïques que j'utiliserais ici, a-t-il déclaré vendredi lors d’un point de presse à Lachute.

Dans le message envoyé la veille par le chef bloquiste et dans celui quasi identique publié par les candidats en question, aucun ne s’avance à condamner l’islamophobie. Questionné à ce sujet, M. Blanchet a convenu que les propos tenus par le passé par ses candidats « avaient en commun de cibler davantage l’islam, la communauté musulmane ».

Dans leur message, les candidats soulignent que Le Journal de Montréal considère leur message comme islamophobe.

S’il n’a pas lui-même rédigé le communiqué publié jeudi, Yves-François Blanchet assure que l’intention était d’écrire une déclaration pouvant représenter « 4 ou même 5 situations distinctes ». Il fallait que la formulation puisse couvrir les situations qui sont différentes les unes par rapport aux autres, a-t-il expliqué.

Défendant le processus de vérification mis en place par le parti lors du recrutement des candidats, le chef bloquiste a soutenu que le parti menait notamment des conversations [qui] permettent de vérifier de façon certaine que les valeurs de ces gens-là soient conformes à celles du Bloc québécois.

Yves-François Blanchet, visiblement agacé de se faire relancer à ce sujet alors qu’il venait annoncer des mesures qu'il entend proposer pour renforcer la protection des renseignements personnels, a répété qu’il ignorait tout de ces déclarations avant qu’elles ne soient révélées au public. Si je l’avais su, ça ne se serait pas bien passé, a-t-il ajouté.

Un moment donné, on arrive à un niveau de clarté qui ne peut pas être dépassé. Je pense que j’ai été ouvert, transparent et clair.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

À un certain point, le chef bloquiste, coupant la parole à un journaliste qui posait sa question, a lancé : Je vais vous le dire, ce qu’on va faire : on va dire aux électeurs que c’est leur jugement qui va prévaloir.

Interrogé à savoir s’il gardait ces candidats dans les rangs du Bloc parce que la date limite pour le dépôt des candidatures était dépassée, le chef bloquiste s’est dit « insulté ». Suggérer que je fais des compromis sur ce qui est notoirement des valeurs non négociables et incontournables chez moi, à des fins électorales, je ne reçois pas ça de façon particulièrement enthousiaste, a-t-il répondu.

M. Blanchet n'est pas le seul chef de parti fédéral à avoir eu des problèmes avec des candidats ayant tenu des propos jugés discriminatoires. Depuis le début de la campagne électorale, une quinzaine de candidats, tous partis confondus, ont été épinglés pour d'anciennes publications à caractère raciste, sexiste, homophobe ou antifrancophone sur les réseaux sociaux.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le Bloc veut serrer la vis aux banques

Un peu plus tôt, le chef bloquiste avait annoncé qu’il comptait « serrer la vis aux banques » en déposant un projet de loi pour renforcer les dispositifs de protection des données personnelles.

La sécurité des renseignements personnels est sérieusement mise à mal, a assuré M. Blanchet, qui propose de s'inspirer de la réglementation européenne et d'augmenter les amendes imposées aux banques afin qu'elles protègent mieux leurs clients.

Après le vol de données personnelles chez Desjardins, qui a touché 2,9 millions de Québécois, M. Blanchet juge que le fédéral doit agir pour revoir la loi laxiste et complaisante sur les banques et les institutions financières, qui ne contraint pas les banques à révéler si elles ont été victimes d'un vol de données.

M. Blanchet suggère entre autres de mettre sur pied une ligne de dénonciation anonyme.

Politique fédérale

Politique