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Regards sur les élections : les Freynet-Lessard veulent plus de vert dans la campagne

À l’aube des élections fédérales, nous sommes allés à la rencontre de trois familles francophones qui ont des réalités et des inquiétudes différentes. Les Freynet-Lessard de Winnipeg aimeraient que les politiciens luttent concrètement contre le réchauffement climatique.

Patrick Lessard prend de la farine dans un contenant transparent et Alizée est debout sur une chaise.

Patrick Lessard a décidé d'enseigner à sa fille Alizée comment faire son pain, pour qu'elle comprenne l'importance de réduire ses déchets.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Amélie David

Un soir du mois d’octobre. Alizée Freynet-Lessard enfile son tablier après le souper. La fillette s’installe debout sur une chaise pour atteindre le plan de travail de la cuisine.

Son père, Patrick Lessard, l’aide à retrousser ses manches. Le Franco-Manitobain tire de son garde-manger un grand pot transparent dans lequel se trouve de la farine. Il en saupoudre le comptoir.

Eh bien, moi, je vais faire du pain!, lance dans un élan de fierté Alizée à sa famille. Le père lui donne une petite boule de pâte levée. De l’autre côté de la pièce, sa mère, Kateri, qui tient dans ses bras la petite Léonie, regarde la scène d’un air amusé.

Une petite fille en tablier remue du beurre pour beurrer des plats dans une cuisine.

Alizée prend son rôle de boulangère très à coeur.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Cette scène fait partie du rituel hebdomadaire de la famille Freynet-Lessard. Il y a un an, le couple a décidé de prendre un véritable virage écologique.

Et aujourd'hui, à l’aube des élections fédérales, les Freynet-Lessard aimeraient que les politiciens luttent concrètement contre le réchauffement climatique.

Comment réduire son impact?

« En ayant des enfants, j’en suis venue à me demander comment réduire mon impact sur l'environnement, comment j’allais pouvoir contrôler cela », explique Kateri Freynet-Gagné.

Fini les innombrables emballages, exit l’utilisation du plastique et l’achat de produits transformés, place au fait maison, aux achats en vrac et au magasin de seconde main.

Même pour les jouets des enfants, précise Kateri, en jouant à la dînette avec ses filles. Nous demandons toujours à nos familles de ne leur offrir que des jouets qu’ils trouvent dans les thrift stores.

Ce mode de consommation différent n’a pas été simple à mettre en place. Faire le pari de devenir une famille écolo n’est pas de tout repos.

Ça nécessite de l’organisation. Mais les enfants vivent dans ce monde-là. Cela fait partie de leur quotidien.

Kateri Freynet-Gagné

Cette prise de conscience, les Freynet-Lessard aimeraient qu’elle arrive aussi à un plus haut niveau. Pour le couple, les gestes qu'il fait et les manifestations citoyennes ne suffiront pas à freiner le réchauffement climatique.

Des parents jouent avec leurs enfants dans une chambre d'enfant.

Patrick Lessard et Kateri Freynet-Gagné enseignent les gestes écologiques à leurs deux filles, Alizée et Léonie.

Photo : Radio-Canada

Du courage

Dans les futurs leaders du pays, il faut des gens prêts à faire des sacrifices pour avoir un avenir beaucoup plus soutenable, affirme Patrick Lessard, sans vouloir dévoiler ses opinions politiques. Il faut du courage pour mettre en marche les règlements et passer des lois qui vont permettre d’aller de l’avant. Il faut oublier de subventionner des entreprises qui vont à l’encontre de ça, mais plutôt encourager celles qui vont dans le bon sens.

Les Freynet-Lessard ont prêté un minimum d’attention à la campagne fédérale. Ils se réjouissent d’avoir vu les représentants des principaux partis politiques discuter de la question du climat et de l’écologie.

Mais Patrick et Kateri sont formels : en débattre ne suffira pas. Il faut aller plus loin. L’enseignante en congé de maternité aimerait voir disparaître l’utilisation du plastique à usage unique.

Selon elle, cela ne sera possible que par la voie législative. S’il y a des lois qui disent ça, je pense que les gens vont penser à une autre organisation pour ne plus utiliser de sacs en plastique et autres. C’est une bonne étape pour commencer.

Patrick Lessard espère de son côté que de nouvelles réglementations seront mises en place pour les transports. Celui qui enfourche son deux-roues pour se rendre au travail souhaite que ses filles aient plus de choix en matière de mode de transport.

Il faudrait une plus grande diversité d’options, par exemple des voitures électriques. Il faut aussi investir dans les transports en commun. Si tu construis l’infrastructure nécessaire, les gens vont l’utiliser. En ce moment, c’est facile de mettre de l'essence dans son char, mais si c’était facile de faire autrement, les gens feraient ça.

Dans l’attente de solutions plus globales, la famille fait des efforts à son échelle.

Patrick Lessard met les derniers morceaux de pâte dans des plats avant de les enfourner. Il règle la minuterie de la cuisinière sur 1 h 30. Mission accomplie.

Alizée chantonne en se lavant les mains. Le père de famille est satisfait : Quand tu commences à proposer des solutions qui changent un peu les choses, il y a des réticences, mais en expliquant le pourquoi du comment, les gens, comme notre famille, commencent à suivre.

À quels enjeux s'intéressent des familles manitobaines au cours de cette campagne électorale? Nous avons rencontré trois familles que nous vous présentons au cours des prochains jours.

Manitoba

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