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Mort d’Alexeï Leonov, le premier « piéton de l’espace »

Alexei Leonov tient un portrait d'un collègue pendant une mission spatiale.

Alexei Arkhipovich Leonov, commandant de la mission soviétique sur le projet d'essai Apollo-Soyouz commun É.-U.-URSS, tenant son dessin du commandant de la mission Apollo, pendant la mission, juillet 1975.

Photo : Getty Images / Space Frontiers

Agence France-Presse

Le « piéton de l’espace » n’est plus. Premier homme à effectuer une sortie dans le « noir profond », premier commandant d’une mission spatiale américano-soviétique, double héros de l’URSS et ami de Gagarine : le cosmonaute Alexeï Leonov est décédé vendredi à 85 ans.

Parti à bord du vaisseau Voskhod-2, Alexeï Leonov avait effectué le 19 mars 1965 la première sortie d’un homme dans l’espace ouvert. Il s’était alors éloigné prudemment de deux à trois mètres du vaisseau, pour flotter dans le vide, trouvant l’opération très pénible.

Aveuglé malgré sa visière dorée, il était retenu solidement par un câble au sas de son vaisseau. L’opération a duré au total 20 minutes dont 12 entièrement en dehors du Voskhod.

Photo d'archives d'un cosmonaute dans l'espace avec l'inscription CCCP sur son casque.

Photo d'Alexei Leonov extraite du documentaire The Man Walking In Space sur son historique promenade dans l'espace en 1965.

Photo : Getty Images / Central Press

Vladimir Poutine a présenté ses condoléances aux proches du « cosmonaute numéro 11 ». Le président russe a « toujours profondément respecté Leonov », un « grand homme » dont « il saluait le courage », a indiqué le Kremlin.

« C’est une énorme perte pour nous tous et pour l’humanité. Alexeï était un homme unique », a réagi auprès de l’AFP Tamara Volynova, femme du cosmonaute Boris Volynov et auteure d’un livre sur les pionniers de l’espace.

La NASA a dit être « peinée par la mort de ce cosmonaute légendaire », dont la mission a « lancé l’aventure des activités extravéhiculaires qui rendent actuellement la maintenance de la Station spatiale internationale possible ».

Récit de ses exploits

Alexeï Leonov, en entrevue en 2015.

Alexeï Leonov raconte ses aventures spatiales dans une entrevue avec l'Agence France-Presse à Moscou en 2015.

Photo : AFP/Getty Images / VASILY MAXIMOV

En 2015, 50 ans après son exploit, Alexeï Leonov se souvenait auprès de l’AFP avec la même précision du moment où il a flotté « dans le noir profond », il y avait des étoiles « partout » et un « soleil aveuglant ».

Il se rappelle : J’ai filmé la Terre, parfaitement ronde, le Caucase, la Crimée, la Volga. C’était beau, comme des tableaux de Rockwell Kent [le peintre américain réputé pour ses lignes épurées et ses couleurs douces].

Son retour à bord du vaisseau est plus compliqué : sa combinaison s'est dilatée et il ne peut plus manier sa caméra. Sans attendre, il décide de diminuer la pression dans son scaphandre et réussit à entrer dans le sas la tête la première. Le cosmonaute est en nage, il a perdu 6 kg.

Dans la cabine, le système de descente automatique ne fonctionne pas. Avec son coéquipier, ils reviennent sur Terre en mode manuel, atterrissent dans l’Oural, à 2000 km du site prévu.

Nous avons attendu trois jours dans la forêt avant d’être rapatriés, et la radio soviétique assurait que nous étions en vacances après le vol, se souvenait-il en 2015 en riant.

Alexeï Leonov était également le commandant côté soviétique de la mission Apollo-Soyouz en 1975, la première conjointe entre les deux rivaux de la guerre froide et de la course à l’espace, l’URSS et les États-Unis. Cette mission a marqué le début d’une coopération technologique qui se poursuit encore de nos jours.

Né en 1934 dans la région de Kemerovo, en Sibérie, le cosmonaute est aussi un ami du premier homme dans l’espace, son compatriote Youri Gagarine. À la mort de ce dernier dans un écrasement d’avion le 27 mars 1968 près de Moscou, il est l’un des premiers sur place.

S’exprimant après la chute de l’URSS en 1991, il fait les gros titres en Russie en mettant en doute la version officielle selon laquelle Gagarine a trouvé la mort aux commandes d’un avion en voulant éviter un ballon météo.

Selon Leonov, membre de la commission d’enquête en 1968, un avion Soukhoï, qui n’aurait pas dû se trouver là, a croisé la trajectoire du MiG de Gagarine, passant à moins de 20 m de son appareil.

En franchissant le mur du son, le pilote aurait provoqué la vrille et l’écrasement de l’avion du légendaire cosmonaute.

Les funérailles d’Alexeï Leonov sont prévues mardi dans un célèbre cimetière militaire en lisière de Moscou.

Deux fois décoré du titre de héros de l’Union soviétique, amateur de peinture, de cyclisme et d’escrime, Alexeï Leonov a donné son nom à l’un des cratères de la Lune.

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