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Des victimes des inondations de Pointe-Calumet à six pouces d’être indemnisées

Au printemps dernier, tout le Québec avait les yeux tournés vers Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Mais à Pointe-Calumet, la municipalité voisine, des résidents en étaient à leur deuxième inondation majeure depuis 2017. Une situation cauchemardesque pour une jeune famille qui se bat depuis 2 ans contre une bureaucratie qu'elle qualifie d'insensible.

Un enfant appuyé à une fenêtre.

Un enfant regarde par la fenêtre son terrain inondé.

Photo : Radio-Canada

Nancy Desjardins

La porte d’entrée de la résidence de Chantale Mercure et Gino De Francesco dépasse la hauteur de la zone inondable 0-20 ans qui donne droit à une indemnité permettant de démolir la maison et de partir. La facture a suivi pendant six mois le couple de Pointe-Calumet.

En avril dernier, Chantale Mercure et Gino De Francesco vivent de nouveau les pieds dans l’eau. Leur résidence de Pointe-Calumet est inondée une deuxième fois depuis 2017.

Une forêt dénudée et des terrains inondés par l'eau.

La ligne d'eau atteint des maisons.

Photo : Radio-Canada

En 2017, on nous a laissé le choix de quitter ou de rénover la maison. Nous, on voulait quitter.

Chantale Mercure

Cependant, le gouvernement du Québec refuse de leur accorder l’indemnité totale pour qu’ils puissent démolir et refaire leur vie.

Il me donnait 120 000 $ alors que ça ne payait même pas mon hypothèque. Si j’acceptais le chèque et que je quittais, j’aurais été obligée de faire faillite.

Chantale Mercure
Chantale Mercure au bord des larmes.

Chantale Mercure tente d'obtenir une indemnité pour sa maison.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement refuse encore cette année de leur donner l’indemnité totale représentant 200 000 $ plus l’évaluation du terrain parce que leur maison n’est pas dans une zone à risque élevé d’inondation.

Le seuil de la porte d’entrée de leur résidence est 6 pouces plus haut que la zone 0-20 ans qui donne droit à l’indemnité permettant de démolir la maison et de partir.

Une porte d'entrée fermée.

Le seuil de cette porte est 6 pouces plus haut que la zone inondable 0-20 ans.

Photo : Radio-Canada

Dans notre vie, le 6 pouces fait la différence entre la faillite ou j’ai l’argent pour quitter et me refaire une vie avec ma famille. Pour moi, faire faillite, c’est l’échec de ma vie.

Chantale Mercure

Changer le zonage

Depuis 2017, le gouvernement est conscient de cette situation pour le moins aberrante. La solution : changer le zonage de Mme Mercure afin que la maison soit reconnue dans la zone inondable à risque. Mais ni la MRC Deux-Montagnes ni la mairesse de Pointe-Calumet ne sont en mesure de le faire.

On a essayé, mais on est incapable de faire changer le zonage. Une fois que c’est zoné, c’est zoné. Le cas de Mme Mercure est très difficile. Depuis 2017, ces gens-là tournent dans le système d’une affaire épouvantable.

Sonia Fontaine, mairesse de Pointe-Calumet
Sonia Fontaine assise à une table.

La mairesse de Pointe-Calumet Sonia Fontaine.

Photo : Radio-Canada

Cet été, Mme Fontaine a réuni tous les intervenants des différents ministères afin de trouver une solution. Les nouvelles sont rassurantes.

Pendant cette rencontre, on a été très clairs : on veut la prime de départ complète. On nous a assuré qu’on l’aurait. Mais encore aujourd’hui, l’argent n’est toujours pas dans mon compte, mais j’ai bon espoir de pouvoir passer à autre chose.

Chantale Mercure

Le vendredi 11 octobre, Mme Mercure a reçu un premier chèque de 137 000 $ du gouvernement du Québec. Une histoire que nous allons suivre.

Le reportage de la journaliste Nancy Desjardins et du réalisateur Martin Jolicoeur est diffusé dans le cadre de l'émission La facture à ICI Télé le mardi à 19 h 30.

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