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Le débat des chefs provoque des rires et des réflexions en Alberta

Des personnes assises regardent une télé où on voit le chef du Bloc québécois. C'est dans la rotonde de la Cité francophone.

Radio-Canada a organisé un rassemblement citoyen à la Cité francophone d'Edmonton pour regarder le dernier débat des chefs de la campagne fédérale 2019.

Photo : Radio-Canada

Mirna Djukic

Les chefs fédéraux ont tenté une dernière fois de passer leur message en français au cours du débat organisé à Gatineau. À Edmonton, des Franco-Albertains les ont écoutés avec attention et amusement.

« Il y a certains [candidats] qui sont comiques », lance Gisèle Lacroix. « Il y en a certains qui nous ont bien fait rire. »

Elle se trouvait parmi une vingtaine d’Albertains venus regarder le dernier débat de la campagne électorale fédérale à la Cité francophone d’Edmonton, à l’invitation de Radio-Canada. 

Comme elle, une bonne partie du public n’a pas manqué de réagir aux propos des chefs, tantôt par des murmures désapprobateurs, tantôt par des applaudissements, mais le plus souvent par des éclats de rire.

Jagmeet Singh en a provoqué plusieurs en admettant, au sujet de SNC-Lavalin : « C’est tellement difficile de dire ça, mais [...] je suis d’accord avec Maxime Bernier. »

Pauline Légaré, par exemple, s'est aussi esclaffée lorsque le chef du Parti populaire du Canada a remarqué qu’il était vain de promettre le retour à l’équilibre budgétaire dans cinq ans quand un mandat de premier ministre n’en dure que quatre.

« C’est là qu’il a dit : "Nous, c’est dans deux ans." et j’ai fait : oh my god, je suis mieux de commencer à mettre mon argent dans mon bas de laine tout de suite parce que je n'en aurai plus demain », a-t-elle dit ensuite ayant repris un peu son sérieux.

« Ils nous ont oubliés »

Elle remarque par ailleurs que les chefs semblaient trop souvent s’adresser uniquement aux Québécois, laissant les autres francophones, particulièrement ceux de l’Ouest, de côté.

« Ils ont même fait référence aux francophones des Maritimes, de l’Ontario, et ils nous ont oubliés », dit-elle.

« C’est ça, on n’existe pas dans l’Ouest », ajoute Gisèle Lacroix avec un petit rire.

Mme Lacroix, qui travaille pour le Réseau santé albertain, est également déçue que la santé ait pris si peu de place dans le débat.

Des gens sont assis et regardent un écran qui montre Justin Trudeau, dans la rotonde de la Cité francophone. Certains boivent du café.

Plusieurs des Edmontoniens qui sont venus regarder le dernier débat des chefs avaient déjà choisi pour qui voter.

Photo : Radio-Canada

Moins de cacophonie, plus de clarté

L’animateur du débat, Patrice Roy, a aussi provoqué son lot de rires et d’applaudissements chaque fois qu’il ramenait à l’ordre les chefs qui parlaient en même temps.

« La discipline a été vraiment suivie de manière très rigoureuse et ça a permis, je pense, non seulement à moi, mais à pas mal de monde, de vraiment voir et faire la différence entre les positions de chacun », estime Saïd David.

Pour sa part, il a nuancé l'opinion qu'il avait de chacun des chefs. Celui du Bloc québécois, notamment, l’a surpris.

« Je pense que c’est lui qui a été le plus clair dans tout le processus [...] Il ne défend pas l’intérêt du Canada, ce qui est bien dommage, mais je pense que c’est le candidat le plus articulé », dit-il.

Ahmed Hassan, lui, aurait aimé entendre des réponses plus claires et des engagements chiffrés de tous les partis. Il dit néanmoins que le débat lui a permis de comparer les candidats « dans la démarche, dans la réactivité des réponses et dans les différences d’opinions ».

Il a surtout apprécié la portion du débat sur les investissements en culture et la possibilité d'imposer des redevances aux géants de la diffusion comme Netflix.

En tant que nouveau Canadien, il a bien hâte d’exercer son droit de vote pour la première fois ici. Il croit avoir fait un pas de plus vers une décision.

« [J’y suis] presque. Je suis sur la bonne route », dit-il.

Il a jusqu’au 21 octobre pour se décider.

Alberta

Politique fédérale