•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le débat des chefs vu par des francophones du Manitoba

Des gens assis autour d'une table regardent la retransmission d'un débat.

Étudiants, professeurs et citoyens sont venus assister à la diffusion du débat des chefs au centre Étienne-Gaboury de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Amelie David

Amélie David

Les candidats et les partis politiques entrent dans le dernier droit de la campagne électorale fédérale. Dans l’enceinte de l’Université de Saint-Boniface (USB), une vingtaine d’étudiants entourés de quelques professeurs et d'autres personnes ont assisté au dernier débat des chefs en français, jeudi soir.

Bien sûr, on aurait aimé voir plus d’étudiants, déclare Élizabeth Labbé, présidente de l’association des étudiants de l’USB et organisatrice de cette soirée. Mais je pense qu’il y a eu quand même une belle participation, compte tenu du fait que les gens ont des examens et qu’il y a beaucoup de neige qui est tombée.

Ceux qui étaient présents n’ont pas perdu l’occasion de voir les sujets qui leur tenaient à cœur débattus.

La question des services en milieu minoritaire

Cette question a été soulevée par un électeur en Ontario. Dans l’atrium de l’USB, elle n’a pas tardé à faire réagir. Les visages se sont déridés. Les spectateurs ont souri.

C'est le cas de Patrick Noël, professeur d’histoire à l’USB. Dans ce débat, j’ai surtout été impressionné par la qualité des questions posées par les citoyens. Celle sur les langues officielles m’a beaucoup interpellé, explique-t-il.

C’est aussi ce qu’a retenu en premier lieu Élizabeth Labbé. Je voulais vraiment qu’on aborde le sujet des minorités francophones, les communautés francophones hors Québec. J’ai été contente que, pour une fois, il y ait eu une question qui porte directement sur ça.

À quelques mètres d’elle, Simon Boily, étudiant, a lui aussi été très attentif aux réponses des candidats à cette question : C’est une question très importante pour moi, surtout en tant que francophone hors Québec, car oui, cela existe, Madame Bombardier. [...] C’était très écœurant, l’année passée, pour moi, de voir le BEF [Bureau de l’éducation en français du Manitoba] tomber, l'Université francophone en Ontario tomber, le Nouveau-Brunswick tomber sous des mains conservatrices antifrancophones. C’était des moments très inquiétants...

L’étudiant a été rassuré sur les intentions des différents partis politiques pour l’avenir des minorités linguistiques. Pour lui, le consensus sur la question est évident.

Si Élizabeth Labbé se réjouit aussi, elle regrette tout de même de ne pas avoir vu plus de profondeur.

C’est sûr que, personnellement, j’en aurais parlé un peu plus ou peut-être, plus précisément. On est resté un peu vague sur le sujet.

Élizabeth Labbé, présidente de l'association étudiante de Saint-Boniface

La question de l’environnement

Autre sujet abordé ce soir dans le débat : la question de l’environnement. Chaque parti a défendu des positions différentes. Les électeurs présents à l’USB ont apprécié de voir ces débats.

Simon Boily trouve qu’il est essentiel que le sujet ne soit plus relayé au second plan. Je suis content que l’environnement tienne une partie importante dans le débat politique. À tel point que même le parti conservateur doit avoir une plateforme sur le changement climatique.

Élizabeth Labbé rejoint une nouvelle fois Simon Boily à cet égard. Pour la présidente de l’association des étudiants, il faut continuer à parler d'environnement.

Avec les langues officielles, l’environnement faisait partie des deux sujets sur lesquels je voulais entendre les partis politiques.

Patrick Noël va plus loin. Il estime que ces questions sont incontournables au cours de cette campagne électorale fédérale.

Les questions sociales

Après les discussions sur les langues officielles et l'environnement, les chefs de parti se sont exprimés sur des questions de société comme la fin de vie et l’avortement.

C’est pour ces raisons que Jacob Kasimba, un travailleur social, est venu assister au débat. Je me suis décidé à venir, car presque tous mes clients, je les considère comme des victimes des mauvaises politiques choisies par les différents chefs, soit au niveau fédéral, soit au niveau provincial.

Le francophone souhaitait voir de quoi allaient être faites les quatre prochaines années. Il souhaitait savoir si les partis allaient apporter des réponses concrètes aux différents problèmes vécus par le public qu’il accompagne. C’est-à-dire l’itinérance, le manque de logements sociaux, le centre de traitement des dépendances… Si nous n’avons pas de réponse appropriée, nous aurons beaucoup de gens dans la rue. Je n’ai pas entendu parler de programmes de logements sociaux abordables, au niveau national et provincial. Je n’ai pas entendu un parti politique dire qu’il allait financer des centres de réduction des dépendances, regrette-t-il.

Enfin, le dernier sujet auquel M. Kasimba a tendu l’oreille est celui des Autochtones. Au sortir du débat, il s’est dit insatisfait des réponses obtenues.

Quand on a parlé des Autochtones, on continue à utiliser le mot réserve et je me demande pourquoi on ne peut pas mettre fin à ces réserves et leur offrir les services dont nous bénéficions ici en ville, dit en soupirant le travailleur social. Je souhaiterais voir le gouvernement fédéral investir beaucoup pour donner une vie digne aux Autochtones qui vivent dans les réserves...

Ce dernier débat aura en tout cas permis aux électeurs d’avoir un nouvel éclairage sur le programme des partis politiques.

C’est bien d’entendre les chefs sur cette tribune pour valider la perception que je me fais des programmes, ça joue certainement un rôle sur mon choix de vote, précise Patrick Noël.

Après les différentes soirées de débat, la balle est désormais dans le camp des électeurs. Le prochain gouvernement fédéral du Canada sera connu le 21 octobre.

Notre dossier Élections Canada 2019

Manitoba

Élections fédérales