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Sport de haut niveau et précarité, un thème oublié des élections

Plan large de Rosie MacLennan, drapeau canadien en main marchant devant la délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

Rosie MacLennan mène la délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

Fuat Seker

Les prochains Jeux olympiques de Tokyo auront lieu dans moins d'un an. Dans l'imaginaire collectif, le quotidien des sportifs de haut niveau est semblable à celui des célébrités. Or dans la réalité, ils sont pour la majorité amateurs et souvent dans des situations précaires. À l’approche des élections, cette question ne semble pas vraiment préoccuper les différents partis politiques.

Ils sont 225 athlètes au Canada à avoir participé aux derniers Jeux olympiques d'hiver et 301 athlètes aux Jeux olympiques d'été. Tous sont des sportifs de haut niveau.

La bobeuse Catherine Medeiros fait partie de ces athlètes. Championne du Canada, elle porte les couleurs de l'équipe nationale depuis cinq ans et fait partie des six meilleures mondiales. Pourtant, son quotidien est loin d'être celui d'une star.

« Derrière les médailles olympiques et les victoires se cache un cheminement très difficile pour les athlètes qui doivent se soutenir eux-mêmes ou compter sur leurs familles pour réaliser leur rêve olympique », explique-t-elle.

Catherine Medeiros écoute son entraîneur.

La bobeuse Catherine Medeiros durant un camp d'entraînement à Calgary.

Photo : Radio-Canada

Le salaire d'une bobeuse de l'équipe nationale, aujourd'hui, au Canada, est de 20 000 $ par année.

Catherine Medeiros, bobeuse, équipe nationale du Canada

Sport Canada fournit aux sportifs un programme d'aide aux athlètes, le PAA. Cette allocation peut atteindre le montant mensuel maximal de 1765 $, mais ce n'est pas un salaire. Les sportifs ne cotisent pas pour la retraite.

« J'évite de penser à mon après-carrière. C'est un sujet qui m'angoisse beaucoup, donc, j'essaie de rester dans le moment présent et de profiter de ce que je vis en ce moment », confie avec une certaine inquiétude Catherine Medeiros.

Une étude menée par Patrimoine canadien compare le Canada à huit autres pays développés sur les dix facteurs clés d'un système de sport de haut niveau performant. Le résultat indique que le Canada est inférieur à la moyenne et soutient beaucoup moins ses athlètes.

Un graphique qui compare le pays à huit autres nations, sur dix facteurs clés de la performance, indique que le Canada est inférieur à la moyenne et soutient beaucoup moins ses athlètes.

Un graphique en toile d'araignée qui compare le classement du Canada par rapport aux pointages moyens de huit pays sélectionnés sur les dix facteurs clés d'un système de sport de haut niveau performant. Le Canada est comparé au Brésil, à la Chine, à la France, à l'Allemagne, au Japon, à la Russie, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Photo : Ministère du patrimoine canadien / Patrimoine Canadien

Pour les champions olympiques, la situation n'est guère meilleure.

Un tableau qui montre que Singapour donne 948 000 $, le Kazakhstan, 313 000 $, la France, environ 85 000 $ ,et le Canada, 20 000 $, à leurs médaillés olympiques.

Chaque État a le droit de verser le montant qu'il souhaite à ses médaillés olympiques.

Photo : Radio-Canada

À 10 jours des élections, la sportive a des questions pour les partis politiques. « J’aimerais savoir s’ils ont prévu de nous soutenir davantage ou de faire des changements », dit-elle.

Le camp des politiques

Le parti populaire est le seul parti qui nous a répondu par courriel expliquant qu’il « ne considère pas le sport comme un enjeu durant cette campagne » et qu’ils « n’a pas élaboré de politique à ce sujet ».

Les verts sont les seuls qui nous ont répondu vouloir injecter de nouveaux fonds pour le sport de haut niveau.

Cameron Stiff, candidat du Parti vert du Canada pour la circonscription de Vaudreuil-Soulanges, au Québec, souligne l’importance de la vitrine que procure le sport de haut niveau sur la scène internationale.

« On propose une redirection des subventions qui vont à l'industrie pétrolière vers les sports. On pense que l'on peut trouver plus d'argent pour soutenir le sport », affirme-t-il.

Le Parti libéral ne promet pas plus d'argent, mais son candidat dans la circonscription d'Edmonton centre, Randy Boissonnault, promet que les libéraux vont se pencher sur la question.

L'État a pour rôle de s'assurer que ces personnes ont assez d'argent pour payer le loyer et pour bien vivre, selon lui.

C'est une question qu'il faut aborder dans un prochain mandat Trudeau.

Randy Boissonnault, candidat du Parti libéral pour la circonscription d'Edmonton centre

Chez les conservateurs, pas de politique pour le sport de haut niveau, mais Sylvie Fréchette, candidate du Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Rivière-du-Nord, au Québec, assure que des mesures pour soutenir le sport de masse sont prévues.

« Je vous dirais qu'une des choses majeures au niveau du sport serait de remettre le crédit d'impôt jusqu'à 1000 $ par enfant qui participe à des activités sportives », dit-elle.

De son côté, le nouveau Parti démocratique, par l’intermédiaire de Stéphanie Mercier, candidate dans la circonscription d’Ottawa-Vanier, ne parle pas non plus d’augmenter l’appui financier aux athlètes. En revanche, elle explique que son parti souhaite améliorer l'environnement dans lequel baignent les sportifs.

« Il y a eu une enquête de la CBC [au cours des] six derniers mois qui a révélé l’existence de harcèlement sexuel de la part de certains entraîneurs. On veut s’assurer que ça s'arrête, et surtout prendre des mesures concrètes pour que nos jeunes évoluent dans un milieu sécuritaire lorsqu’ils pratiquent un sport », affirme-t-elle.

Le début de la fin?

Pour plusieurs athlètes, dont la bobeuse Catherine Medeiros, l'avenir du sport de haut niveau est incertain.

Chaque année, je me dis que c'est terminé pour moi, je dois penser à mon futur.

Catherine Medeiros, bobeuse, équipe nationale du Canada

En attendant, les champions olympiques canadiens qui font des fortunes sont davantage l'exception que la règle.

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