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La main-d’œuvre qualifiée vietnamienne pressée par la guerre commerciale Chine-États-Unis

Des étudiants vietnamiens dans un collège de formation industrielle à Hanoï.

Des étudiants vietnamiens dans un collège de formation industrielle à Hanoï.

Photo : Reuters / Nguyen Huy Kham

Radio-Canada

Un nouveau front s’ouvre dans la guerre commerciale opposant les États-Unis et la Chine, alors que les entreprises manufacturières du Vietnam se livrent une bataille féroce pour la main-d’œuvre qualifiée, aggravant une pénurie existante. Des intervenants socio-économiques demandent une réforme du système d’éducation afin de résoudre ce problème.

Les exportations du Vietnam vers les États-Unis ont bondi de 21,5 % au cours des six premiers mois de 2019. Plusieurs entreprises comme les géants Alphabet, la société mère de Google, et Nintendo ont annoncé des projets d'ouverture d'installations dans le pays.

Les candidats non qualifiés sont nombreux, mais même les travailleurs de la couture auront besoin d'une formation d'au moins six mois, donc la patience est la clé, a déclaré Jef Stokes, de Maxport, une entreprise de fabrication de vêtements basée au Vietnam.

Les travailleurs des technologies de l'information, les ingénieurs et les gestionnaires étaient déjà dans une situation difficile, mais la demande provenant de l'accroissement de la production ou de l'ouverture de nouvelles installations au Vietnam augmente le roulement chez les ouvriers hautement qualifiés, ont indiqué des propriétaires d'entreprises et des firmes de recrutement à Reuters.

Nguyen Quang Anh, un développeur de logiciel de Hanoï, affirme avoir été approché plusieurs fois par des recruteurs avant même d'avoir terminé sa formation.

D'ailleurs, depuis qu'il a quitté l'université, Nguyen Quang Anh a changé d'emploi à quatre reprises, obtenant une augmentation salariale d'au moins 50 % à chaque occasion.

En raison de la pénurie de main-d'oeuvre, les employeurs sont prêts à nous payer beaucoup plus. Si un géant des technologies s'amène au Vietnam en raison de cette guerre commerciale, je vais déposer ma candidature pour un poste, explique le développeur de 28 ans.

Un manque de travailleurs qualifiés

Le Vietnam ne représente que 7 % de la population de la Chine. Et seulement 12 % des 57,5 millions de travailleurs vietnamiens sont hautement qualifiés, selon le cabinet de recrutement ManpowerGroup.

À cela, il faut ajouter que le pays a un important besoin d'investissements dans ses infrastructures. Selon la Banque mondiale, le Vietnam doit investir en moyenne 6,7 milliards de dollars américains par année afin d'augmenter sa capacité annuelle de production d'énergie de 10 % d'ici 2030.

En 2015, dernière année pour laquelle les données du Programme international de suivi des acquis (PISA) étaient disponibles, le Vietnam s'est classé 8e sur 72 pays en matière de science et s'est classé 21e au classement général, devant les États-Unis et la plupart des nations européennes. Mais, aux niveaux supérieurs, seulement 28 % des 18-29 ans fréquentent l'université, comparativement à 43 % en Thaïlande et 48 % en Malaisie.

Le PISA est une étude de l'OCDE mesurant la lecture, les mathématiques et les sciences des jeunes de 15 ans du monde entier.

De nombreuses études montrent que les programmes d'enseignement au Vietnam sont désuets, que les enseignants sont débordés et sous-payés et que les diplômés n'ont pas les compétences nécessaires pour se préparer à l'emploi, explique Adam Sitkoff de la Chambre américaine de commerce à Hanoï.

Le gouvernement doit agir afin de moderniser son système d'éducation, particulièrement au secondaire et à l'université, a commenté Adam Sitkoff, de la Chambre de commerce américaine de Hanoï.

L'obligation, dans les universités vietnamiennes, d'étudier l'idéologie et l'histoire du Parti communiste et de la fondation du Vietnam par le président Ho Chi Minh est citée en exemple pour illustrer la nécessité d'une réforme.

Avec les informations de Reuters

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