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Affaire ukrainienne : au tour du secrétaire à l'Énergie d'être ciblé par les démocrates

Le secrétaire américain à l'Énergie, Rick Perry.

Le secrétaire américain à l'Énergie, Rick Perry

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Sophie-Hélène Lebeuf

Les présidents des comités de la Chambre des représentants chargés de l'enquête pour destitution ont ordonné, jeudi, au secrétaire à l'Énergie, Rick Perry, de produire des éléments de preuve liés à leur investigation.

Les comités lui ont enjoint de fournir des documents liés à l'appel du 25 juillet entre le président Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi qu'à la société d'État gazière ukrainienne Naftogaz d'ici le 18 octobre.

Récemment, des articles ont soulevé des questions sur le rôle que vous auriez pu jouer dans la transmission ou le renforcement du message brutal du président [Trump] au président ukrainien, écrivent les démocrates Adam Schiff, Elijah Cummings et Eliot Engel.

Votre échec à vous conformer à l'injonction de production d'éléments de preuve ou votre refus à le faire, même sur l'ordre du président ou de la Maison-Blanche, constituera une preuve d'entrave à l'enquête liée à une éventuelle destitution et pourrait être utilisé contre vous et le président.

Extrait de la lettre envoyée par les leaders démocrates au secrétaire Perry

C'est M. Perry qui avait été dépêché à Kiev pour représenter l'administration Trump lors de l'investiture de Volodymyr Zelensky, en mai dernier. Il s'était à cette occasion entretenu avec lui en privé.

Il y a quelques jours, Donald Trump a déclaré au cours d'une conférence téléphonique avec des représentants républicains qu'il ne voulait pas appeler le président ukrainien, mais qu'il l'avait fait à la demande de Rick Perry.

Une porte-parole de M. Perry a ensuite déclaré que celui-ci voulait que M. Trump discute des questions énergétiques avec le dirigeant ukrainien. Le sujet n'a cependant pas été abordé au cours de l'appel.

Cela dit, des diplomates américains œuvrant en Ukraine tentaient en coulisses depuis plusieurs semaines d'amener le président à appeler son homologue ukrainien.

Au cours du controversé entretien téléphonique entre les présidents américain et ukrainien, au cœur de la plainte d'un lanceur d'alerte à l'origine de l'enquête en vue d'une éventuelle destitution, Donald Trump a entre autres demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur son adversaire politique potentiel, le candidat démocrate Joe Biden, ancien vice-président des États-Unis.

Donald Trump a aussi demandé à son interlocuteur d’enquêter sur le rôle de l’Ukraine dans la campagne présidentielle américaine de 2016, remettant ainsi en question les conclusions des services de renseignements américains et faisant écho à des théories du complot relayées par des trolls russes et des sites d’extrême droite.

Quelques jours avant l'appel, l'administration Trump avait bloqué une aide militaire de près de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine et dont une partie avait été approuvée par le Congrès.

Renouveler le C. A. d'une société d'État gazière ukrainienne

L'agence Associated Press (AP) rapportait il y a quelques jours que M. Perry, un ancien gouverneur du Texas, avait en outre cherché à convaincre le président ukrainien, au printemps dernier, de remplacer des membres du conseil d'administration de Naftogaz par des candidats qu'il lui proposait.

L'un d'eux, selon AP, est un Texan qui est l'un de ses anciens donateurs.

M. Perry a assuré avoir formulé des recommandations à la demande du gouvernement ukrainien.

Bras de fer entre les démocrates et l'administration Trump

Les démocrates ont aussi ordonné, jeudi, à deux hommes d'affaires, Lev Parnas et Igor Fruman, de produire des éléments de preuve. Les deux hommes, partenaires de Rudy Giuliani, l'avocat personnel du président Trump, ont été accusés en début de journée d'avoir comploté pour acheminer des fonds étrangers à des politiciens américains afin d'influencer les relations entre les États-Unis et l'Ukraine.

Selon les rapports des médias des derniers mois, ils ont servi d'émissaires à Rudy Giuliani dans sa croisade pour convaincre les responsables ukrainiens de lancer des enquêtes qui bénéficieraient à Donald Trump.

Selon AP, eux aussi sont intervenus pour faire nommer de nouveaux dirigeants à la tête de Naftogaz, en insistant sur leurs liens avec Donald Trump et Rudy Giuliani. L'agence de presse disait toutefois ignorer si les efforts de M. Perry et ceux des deux hommes d'affaires étaient coordonnés.

La Maison-Blanche ainsi que plusieurs figures de l'administration Trump, outre Rick Perry, sont sous le coup d'une injonction de production d'éléments de preuve émise par les démocrates. C'est le cas du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark Esper et du responsable budgétaire de la Maison-Blanche par intérim, Russell Vought. Rudy Giuliani a lui aussi reçu l'injonction de se plier à la même requête.

La Maison-Blanche a cependant engagé un bras de fer avec les leaders démocrates, officialisant, mardi, son refus de collaborer à leur enquête par une lettre du conseiller juridique de la Maison-Blanche, Pat Cipolonne. Ce dernier a critiqué une enquête « contraire à la Constitution ».

Le même jour, la Maison-Blanche a empêché l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, de témoigner devant les comités de la Chambre.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Associated Press

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