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Des aînés veulent éviter des audiences « pénibles » à la Régie du logement

Des résidents du Domaine de Bordeaux à la sortie de leur audience à la Régie du logement, jeudi.

Des résidents du Domaine de Bordeaux à la sortie de leur audience à la Régie du logement, jeudi.

Photo : Radio-Canada

Félix Morrissette-Beaulieu

Des voix s’élèvent pour un contrôle de la fixation des loyers dans les résidences privées pour aînés afin d'éviter les recours à la Régie du logement, un exercice jugé pénible pour des gens âgés en moyenne de 84 ans.

Vingt-sept résidents des Appartements de Bordeaux à Sillery ont été convoqués à la Régie du logement jeudi pour contester leur augmentation de loyer pour l’année 2017-2018, qu’ils jugent injustifiée de la part de leur locateur, Chartwell.

La plupart des résidents sont âgés de 80 à 95 ans.

Salle bondée

Dans une salle bondée, des proches de la vingtaine de résidents contestataires ont dû écouter l’audience debout ou à l’extérieur.

À tour de rôle, l’avocat du groupe Chartwell, la greffière spéciale Nathalie Bousquet et certains résidents ont tenté de démêler les chiffres présentés par les deux partis.

À plusieurs reprises, Mme Bousquet a dû reformuler, répéter, et élever la voix pour s’assurer de la compréhension des participants.

Après près de trois heures d’audience, les preuves présentées par l’avocat de Chartwell pour justifier la hausse de loyer contesté ne permettaient de bien juger le litige, selon Mme Bousquet.

Résultat : les deux partis reviendront devant la Régie pour des plaidoiries à une date qui n'a pas encore été fixée.

Processus peu adapté

Selon le Bureau d’animation et d’information logement (BAIL), qui défend les locataires de la grande région de Québec depuis les années 1970, la présence d’aînés devant la Régie du logement est rare.

C'est rare qu'on a des audiences pour une fixation du loyer pour des résidences pour personnes âgées. C'était la première fois pour moi explique Marie-Lou Drouin, qui accompagne les résidents des Appartements de Bordeaux dans leur démarche depuis plusieurs mois.

Il y avait beaucoup de personnes qui ne comprenaient pas tout le temps ce que disait le régisseur. Il a fallu insister pour avoir une pause. On ne s'attend pas à ce genre de temps donné pour une fixation de loyer, déplore Mme. Drouin.

On peut quasiment se demander à un moment donné si c'est fait pour décourager les gens de se présenter à nouveau

Marie-Lou Drouin, intervenante au BAIL

Danielle Pettigrew a fait la route de Boucherville pour accompagner son père, Marc, qui représentait plusieurs de ses amis devant la Régie du logement.

L'exercice n'était pas adapté pour ce type de clientèle, croit-elle.

En juin 2018, la ministre de l'époque responsable de la Protection des consommateurs et de l'Habitation Lise Thériault avait tenté de créer une section spéciale à la Régie du logement pour les locataires aînés.

Or, son projet de loi 401 n'a pas été adopté avant la fin du gouvernement libéral.

Marc Pettigrew a été mandaté par d'autres résidents pour contester la hausse de loyer devant la Régie du logement.

Marc Pettigrew a été mandaté par d'autres résidents pour contester la hausse de loyer devant la Régie du logement.

Photo : Radio-Canada

Pour une fixation obligatoire des augmentations de loyer

Depuis mardi, les aînés peuvent être accompagnés jusqu'à l'obtention d'un jugement de la Régie du logement par les Centres d'assistance et d'accompagnement aux plaintes (CAAP). Un conseiller aux plaintes du CAAP a d'ailleurs accompagné les résidents, jeudi.

Or, accompagner des résidents jusqu’à la Régie du logement ne permettra pas, selon BAIL, de lutter contre des hausses de loyer abusives.

Aider, informer et supporter ces locataires est nécessaire, mais l’ampleur de la problématique appelle des changements politiques en profondeur, estime Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au BAIL.

En matière d’augmentation de loyer, il est urgent de retirer des épaules des locataires le fardeau du refus des augmentations et mettre en place un contrôle automatique des loyers

Jonathan Carmichael

Ça prend une loi, estime Marie-Lou Drouin. Si les loyers étaient fixés, le recours à la Régie pour contester une augmentation devient futile, selon elle.

Une idée partagée par nombre de résidents rencontrés jeudi.

La Régie du logement n'avait pas répondu à nos demandes médiatiques, dimanche.

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