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Les producteurs de cerises préoccupés par l'issue de l'élection

Des cerises sur des branches de cerisiers.

Les cerises sont les derniers fruits à être encore cueillis dans la vallée de l'Okanagan au mois d'août.

Photo : Andrea Bixby-Brosi

Kim Vermette

Les producteurs de l'Okanagan, où sont cultivées la majorité des cerises du pays, ont les yeux rivés sur la campagne électorale. En effet, ils pourraient faire les frais des tensions entre la Chine et le Canada. Leur industrie, en croissance constante, nécessite l'appui indéfectible du prochain gouvernement.

C'est à Summerland, une petite municipalité de l'Okanagan, que les Carlson ont choisi d'établir leur production de cerises en 1991. Aujourd'hui, leur fille, Erin, a pris la relève de l'entreprise familiale.

Membre active de l'Association britanno-colombienne des cerises, elle a vu l'industrie se transformer au fil des années, en partie grâce aux exportations vers la Chine.

Une entente signée en 2013 avec Pékin a ouvert la porte aux exportations de cerises de la Colombie-Britannique. Ça a été une bénédiction pour l'industrie des cerises, lance Erin Carlson d'entrée de jeu.

Erin Carlson et son père Keith marchent côte à côte dans le verger familial.

Erin Carlson et son père, Keith, dans le verger familial.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

L'accès au marché asiatique, plus précisément à la Chine, a permis à l'industrie de croître rapidement. Lorsqu'elle discute avec les producteurs de la région, Erin Carlson, qui est aussi conseillère municipale de Summerland, constate que tous redoutent les conséquences des tensions entre Pékin et Ottawa.

Je peux vous dire qu'au printemps dernier, tous ceux qui exportaient des cerises en Chine étaient très nerveux.

Erin Carlson, productrice de cerises

La saison 2019 s'est terminée sans représailles de la Chine, au grand soulagement des producteurs. Mais il y a toujours un risque, n'est-ce pas, note Erin Carlson.

La cerise canadienne est en train de se forger une solide réputation en Asie et les producteurs espèrent que ça leur permettra d'éviter un blocus.

Peut-être qu'à partir de ça on peut s'assurer que les cerises ne souffrent pas de la même manière que d'autres cultures, explique Erin Carlson en faisant référence au canola, notamment.

Une industrie qui se transforme

À une cinquantaine de kilomètres de là, Mario Lanthier fait un constat similaire. Ce québécois d'origine s'est installé à Kelowna en 1980. À l'époque, la vallée de l'Okanagan était le paradis de la pomme, mais aujourd'hui, l'industrie des cerises gagne du terrain grâce au volume grandissant de ses exportations.

Il y a une transformation qui se fait ici, affirme Mario Lanthier en nous montrant une terre où les pommiers, arrachés, jonchent le sol. De jeunes cerisiers les ont remplacés.

Depuis 20 ans, vous n'allez pas me croire! Il y a eu 60 fois plus d'exportations en dehors du Canada, s'exclame M. Lanthier. Il y a une demande énorme ici, les producteurs n'arrivent pas à fournir à la demande.

Mario Lanthier est installé à Kelowna depuis une quarantaine d'années et travaille dans le domaine de l'agriculture.

Mario Lanthier est installé à Kelowna depuis une quarantaine d'années et travaille dans le domaine de l'agriculture.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

L'industrie pourrait souffrir d'un éventuel regain de tensions avec la Chine, mais aussi d'une baisse de son financement.

Il faut que le gouvernement canadien continue de subventionner et de soutenir l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), affirme Erin Carlson. On ne serait pas où l'on est aujourd'hui sans ces partenariats.

Les changements climatiques jouent aussi un rôle dans l'évolution de l'Okanagan. Diplômée de l'Université de Guelph en agriculture biologique, Erin Carlson répète que le futur gouvernement devra prendre la menace des changements climatiques au sérieux. Il y a certains endroits où, peut-être, on ne pourra plus cultiver la cerise et de nouveaux endroits qui vont apparaître. [...] On doit s'y faire et s'y adapter.

Je pense que, quelle que soit la personne qui remporte cette élection, elle se rappeler que la science est la clé de l'avenir de notre pays.

Erin Carlson

De plus, avec la croissance vient aussi un besoin grandissant de main-d'œuvre. Les producteurs de cerises canadiens dépendent du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS).

Le problème, c'est que la main-d'œuvre coûte de plus en plus cher. Le salaire minimum sera de près de 15 $ de l'heure en Colombie-Britannique à la prochaine saison des cerises.C'est normal, mais ça veut aussi dire que les producteurs doivent être plus efficaces, explique Erin Carlson.

Et, comme les producteurs de cerises canadiens convoitent le marché sud-coréen, les défis seront encore plus nombreux au cours des prochaines années. Raison de plus d'espérer un gouvernement fédéral à l'écoute de leurs préoccupations.

Traditionnellement, les électeurs de la région de Summerland ont porté au pouvoir des députés conservateurs. Dans cette circonscription, Central Okanagan—Similkameen—Nicola, le conservateur Dan Albas convoite un nouveau mandat.

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