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Campagne électorale : la compétition devient plus féroce à Windsor

deux pancartes électorales sur du gazon.

La lutte s'annonce très serrée à Windsor et à mesure que la date de scrutin approche, la campagne risque de s'intensifier.

Photo : Radio-Canada / Yessica Chavez

Radio-Canada

La campagne électorale fédérale a été marquée par les nombreuses controverses sur le passé des aspirants députés, tous partis confondus. Et au moment où s’amorce la dernière ligne droite de cette campagne, la lutte entre les candidats s’intensifie à Windsor.

Cette campagne allait toujours être une campagne négative et c’est ce qui est arrivé. Je suis quand même un peu surprise à quel point elle l’a été ici pour les candidats locaux, particulièrement dans Windsor-Ouest, affirme une politologue de l’Université de Windsor, Lydia Miljan.

Et à seulement 10 jours du scrutin, l’ambiance ne devrait pas s’améliorer, croit-elle.

Si un candidat a des informations compromettantes sur un de ses adversaires, il lui reste quelques jours pour s’en servir parce qu’après ça, ces informations ne serviront plus à rien, explique Lydia Miljan.

Lydia Miljan est assise à son bureau entourée de livres.

La politologue de l'Université de Windsor, Lydia Miljan, estime que la négativité de la campagne électorale locale est surprenante.

Photo : Radio-Canada / Dale Molnar/CBC

Enregistrement controversé

Cet aspect de la campagne s'illustre bien avec la controverse qui a frappé la candidate néo-démocrate de Windsor-Tecumseh, Cheryl Hardcastle, après qu'un enregistrement embarrassant où elle qualifie les électeurs de stupides ait refait surface sur les réseaux sociaux jeudi.

Cet appel, enregistré à l’insu de la candidate, a eu lieu peu après l’élection municipale de 2014. Cheryl Hardcastle venait d’être défaite à la mairie de Tecumseh.

Dans la conversation téléphonique, la politicienne insulte également son opposant de l’époque et actuel maire de Tecumseh, Gary McNamara.

L'enregistrement a été mis en ligne mercredi par une organisation médiatique de droite, True North.

Questionnée lors d’une conférence de presse, la candidate a dit avoir honte d’avoir tenu de tels propos et a présenté ses excuses aux électeurs.

Cheryl Hardcastle

La candidate néo-démocrate Cheryl Hardcastle s'est excusée auprès des électeurs après la révélation d'un enregistrement controversé.

Photo : Amy Dodge/CBC

C’était un moment difficile dans ma vie… j’étais très émotive et j’ai dit des choses que je ne pensais pas. Du plus profond de mon cœur, je suis désolée, s’est défendu la candidate.

L’enregistrement a notamment été partagé sur la page Facebook de Windsor-Tecumseh Conservative Association, le groupe local du Parti conservateur. L'administrateur de la page, Scott Duquette, affirme qu’après avoir reçu et écouté l’enregistrement, il devait le publier.

J’étais estomaqué! Le langage qui était utilisé… on avait besoin que ça devienne public, estime M. Duquette qui croit que c’était sa responsabilité d’agir ainsi, même s’il savait que l’appel avait été enregistré sans l’autorisation de Cheryl Hardcastle et qu’il datait de 2014.

C’est décevant de perdre… en tant que conservateurs, on est habitués de perdre dans la région. Mais nous n’allons pas dire que les électeurs sont stupides. Ils ont fait leur choix, opine-t-il en ajoutant que la candidate aurait dû s’excuser en 2015, dès qu’elle a pris connaissance de l’existence de cet enregistrement.

Excuses

Pour sa part, le maire de Tecumseh, Gary McNamara, soutient que la politicienne ne s’est jamais excusée auprès de lui. Elle avait pourtant affirmé plus tôt qu’elle s’était excusée auprès de toutes les personnes nommées dans l’appel en question.

J’aurais aimé qu’elle vienne s’excuser en personne, mais ce n’est jamais arrivé. C’est décevant. C’est important d’être humble dans la défaite, raconte-t-il.

Gary McNamara répond aux questions d'un journaliste.

Gary McNamara, ancien président de l'Association des municipalités ontariennes et maire de Tecumseh.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, plutôt cette semaine, la Police de Windsor confirmait avoir reçu plusieurs plaintes pour des pancartes vandalisées. Une vidéo montrait même une femme qui dérobait la pancarte de la candidate libérale dans Windsor-Ouest, Sandra Pupatello, en plein jour.

Cette candidate avait également critiqué son adversaire néo-démocrate Brian Masse dans des vidéos sur les réseaux sociaux, dénonçant notamment le fait qu'il se vante d'avoir obtenu des fonds qui ont servi à financer la Promenade Herb Gray alors que selon elle il ne s'est pas impliqué.

Le risque de perdre les jeunes

Pour Lydia Miljan, ce type d’attaques peut avoir un effet pervers. Les attaques négatives sont utilisées pour discréditer les adversaires, mais elles peuvent aussi se retourner contre vous. Et des fois, ils peuvent décourager certaines personnes à voter, affirme-t-elle

Elle prévient cependant que les jeunes peuvent être un des groupes qui sont le plus découragés à voter par une telle campagne. Les jeunes peuvent être très désabusés et penser que leur vote ne compte pas en raison de toutes ces attaques et donc ils risquent de ne pas voter, prévient-elle.

Le politologue de l'Université McMaster de Hamilton, Peter Graefe, ne partage pas cet avis. Il estime que les jeunes sont plus perméables à cette façon de faire de la politique.

De la vieille politique comme ça ne risque pas d'influencer le vote des jeunes qui préfèrent plutôt avoir des débats sur les idées apportées par un parti politique. Ceux qui vont aller voter le font déjà par conviction profonde et ce n'est pas ces attaques qui vont les décourager, argue-t-il.

Windsor

Élections fédérales