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Washington sanctionne les frères Gupta, proches de l'ex-président sud-africain Zuma

Deux des frères Gupta lors d'une entrevue à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Ajay et Atul Gupta en 2011

Photo : Gallo Images/Business Day/Martin Rhodes

Agence France-Presse

Les États-Unis ont annoncé jeudi avoir placé sur la liste noire des sanctions trois membres d'une puissante et sulfureuse fratrie d'hommes d'affaires, les Gupta, au coeur de plusieurs scandales de corruption en Afrique du Sud qui ont provoqué la chute en 2018 du président sud-africain Jacob Zuma.

Les frères Ajay, Atul et Rajesh Gupta sont accusés d'avoir été engagés dans une vaste pratique de corruption et de pots-de-vin pour obtenir des contrats gouvernementaux en Afrique du Sud et d'avoir volé des centaines de millions de dollars à travers des stratagèmes illicites avec le gouvernement de Pretoria, a indiqué le Trésor américain dans un communiqué.

La famille Gupta, qui était encore jusqu'à récemment à la tête d'un puissant empire industriel et médiatique en Afrique du Sud, a usé de son influence sur d'importants partis et hommes politiques pour se remplir les poches de biens mal acquis, a déclaré la sous-secrétaire au Trésor chargée des sanctions, Sigal Mandelker.

Ces sanctions visant les frères Gupta gèlent leurs éventuels avoirs sur le territoire américain et interdisent à toute entité américaine de faire des affaires avec eux.

D'origine indienne, les Gupta ont émigré en Afrique du Sud dans les années 1990 et ont fait prospérer leurs affaires grâce à de généreux dons à un important parti politique et à leur relation avec l'ancien président Jacob Zuma, a encore dit l'administration américaine.

Les scandales liés aux Gupta ont largement contribué à la démission en février 2018 du président Zuma, contraint de quitter le pouvoir après avoir été lâché par son parti, le Congrès national africain (ANC) de feu Nelson Mandela.

Fin 2017, un rapport officiel sud-africain très compromettant pour Jacob Zuma avait détaillé la façon dont les Gupta avaient pillé les ressources publiques, avec la complicité du président sud-africain de l'époque, et dont ils participaient à la gestion des affaires de l'État, notamment la nomination de ministres.

Ainsi, un candidat au poste de ministre des Finances s'est vu promettre des millions de dollars à condition qu'il révoque certains membres du gouvernement sud-africain qui bloquaient les intérêts de la famille Gupta, a affirmé le Trésor jeudi.

Les Gupta ont aussi « été surpayés pour des contrats gouvernementaux et ils versaient une commission à un parti politique », selon la même source, qui ne cite pas la formation en question.

Aucune poursuite en Afrique du Sud

Emportés par les scandales mais sous le coup d'aucune poursuite officielle en Afrique du Sud, les frères Gupta ont depuis quitté le pays. Selon la presse locale, ils pourraient se trouver à Dubaï.

L'Afrique du Sud a salué jeudi la décision des États-Unis.

Il est essentiel que notre jeune démocratie s'attaque avec diligence à la corruption, a indiqué le ministre sud-africain de la Justice Ronald Lamola, qui s'est réjoui des efforts de collaboration du gouvernement américain dans la lutte contre la corruption en Afrique du Sud.

L'intérêt de la justice ne doit pas être menotté par des frontières et la justice doit être rendue sans peur, a-t-il ajouté, alors que le successeur de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa, patron de l'ANC, a fait de la lutte contre la corruption l'une de ses priorités.

Dans une très brève réaction jeudi soir, l'avocat des Gupta, Rudi Krause, a déclaré être au courant de la décision des États-Unis. Un communiqué sur le sujet sera publié le moment venu, a-t-il simplement ajouté.

Jacob Zuma aussi sur la sellette

Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018, a reconnu être ami des Gupta, mais a toujours démenti tout lien illégal avec cette famille d'hommes d'affaires.

Une commission anticorruption en Afrique du Sud, censée faire la lumière sur les multiples accusations de corruption au sommet de l'État pendant son règne, l'entendra une nouvelle fois prochainement.

L'ancien président est par ailleurs poursuivi pour corruption dans une vieille affaire de ventes d'armes qui remonte à une vingtaine d'années. Vendredi, la justice sud-africaine se prononcera, dans ce dossier, sur l'éventuel abandon des poursuites.

Si Jacob Zuma n'obtient pas satisfaction, son procès débutera mardi à Pietermaritzburg.

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