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Le manque de places en garderies francophones devient alarmant

Des enfants à la garderie.

De nombreux parents n'arrivent pas à trouver une garderie francophone pour leur enfant au Canada.

Photo : Istock

Benoît Ferradini

Le Réseau de développement économique et d'employabilité (RDEE Canada) tire la sonnette d'alarme. Au pays, 9500 enfants francophones sont sur des listes d'attente pour une place en garderie. Dans les provinces de l'Ouest, le manque est également criant.

Au Manitoba, 1610 enfants sont sur des listes d'attente officielles, 115, en Saskatchewan, 178, en Alberta, et 187, en Colombie-Britannique. Mais ces chiffres cachent une réalité plus inquiétante.

Des enfants couchés sur des matelas disposés à terre et l'éducatrice qui passe à travers la salle.

La situation est préoccupante dans les quatre provinces de l'Ouest, selon le RDEE.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

En Colombie-Britannique, par exemple, le nombre officiel de 187 ne prend pas en compte les régions où il y a des enfants d'ayants droit qui n'ont pas accès à une garderie francophone, explique Marie-Andrée Asselin, la directrice de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPCFB)

On a besoin de beaucoup plus que les 300 ou 400 places qui existent présentement en garderie francophone dans notre province.

Marie-Andrée Asselin

La FPFCB estime donc qu'environ 2500 enfants pourraient bénéficier d'une garderie francophone, selon les données du plus récent recensement. Mais, pour l'instant, seulement 361 places en garderie sont disponibles à travers la province dans les 18 garderies francophones, qui sont en majorité en milieu scolaire.

Certaines garderies privées sont également francophones, mais leur nombre et leurs effectifs varient chaque année.

Pénurie de personnel

L'un des obstacles majeurs à la création de nouvelles places en garderie est le manque d'effectifs. Les éducateurs francophones en milieu minoritaire se font rares, et il est difficile de les attirer. En petite enfance, les conditions de travail ne sont pas nécessairement très alléchantes, et le coût de la vie ici est énorme, explique Marie-Andrée Asselin.

Si la barre n'est pas redressée rapidement, la plus jeune génération connaîtra tout simplement un phénomène d'assimilation. Sans place en garderie francophone, elle sera contrainte de s'inscrire en garderie anglophone et perdra peu à peu son identité , dit le RDEE Canada.

La directrice générale de la FPFCB, Marie-Andrée Asselin, répond à des questions lors d'une entrevue.

La directrice générale de la FPFCB, Marie-Andrée Asselin

Photo : Radio-Canada

Notre plan pour l'instant. C'est d'ouvrir deux garderies par année pour les prochains 5 ans.

Marie-Andrée Asselin, directrice, FPFCB

En Colombie-Britannique, la FPFCB est en train de créer un département spécialisé pour créer et gérer des garderies. Avec du financement provincial, elle vient de créer une garderie à Nanaimo, sur le terrain de l'école francophone Océane. Elle compte continuer à soumettre des projets semblables à travers la province dans les prochaines années.

Depuis 2016, un groupe de travail national créé par le RDEE Canada se penche sur les besoins en garderie dans les communautés francophones et acadiennes. Deux nouveaux partenaires viennent de se joindre au groupe de travail, qui propose déjà du soutien et des fonds aux organismes francophones qui cherchent à ouvrir de nouvelles garderies.

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation