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Les artistes demandent aux politiques de protéger la musique québécoise

L'homme est assis et s'adresse aux internautes.

David Bussière explique dans une vidéo que jamais les gens n'ont autant payé pour consommer de la musique, mais qu'une infime partie de cet argent se retrouve dans les poches des artisans et artisanes.

Photo : YouTube / Regroupement des artisans de la musique

Radio-Canada

Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier, Daniel Bélanger, Michel Rivard... Des dizaines de musiciens et musiciennes interpellent les élues et élus fédéraux et leur demandent d'agir pour protéger la musique québécoise.

Fondé en 2016, le collectif Regroupement des artisans de la musique (RAM) vise à exercer des pressions politiques pour améliorer le sort des artistes de la musique du Québec. À l’aube du second débat en langue française, prévu jeudi soir sur les ondes de Radio-Canada, le collectif demande aux différents partis de prendre des engagements clairs pour une meilleure redistribution des revenus.

Des revenus faméliques

Ce serait faux de dire que ça va bien. On avait deux sources de revenus sur lesquelles on pouvait compter dans le passé, à savoir la vente d'enregistrements sonores et la vente de spectacles, et y en a une qui est en train de se tarir complètement et c'est très bien documenté, insiste Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et vice-présidente de l'ADISQ.

En effet, le nombre d'albums vendus annuellement au Québec a chuté de 77 % par rapport à son sommet de 2004. Et les plateformes d’écoute en ligne paient des redevances microscopiques aux créateurs et créatrices et à leurs équipes; entre 0,01 et 0,7 sou par écoute, déplore Louis-Jean Cormier dans une vidéo du RAM, publié sur YouTube.

À part pour les quelques chanceux et chanceuses qui s'en sortent, il y a une grande majorité qui ne s'en sortent plus. Ils sont vraiment au bord du désespoir. Je le vois autour de moi. Il faut que ces gens-là soient entendus, dit l’auteur-compositeur et chanteur Thomas Hellman, en entrevue avec Radio-Canada.

Il parle au micro.

Le chroniqueur, auteur et chanteur Thomas Hellman

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Lors du lancement de leur 10e album, vendredi dernier, Les Cowboys Fringants ont eux aussi fait état des changements dans le milieu musical; eux qui ont lancé leur premier album sur cassette, puis qui ont au fil du temps vu le CD puis le MP3 mourir. Ils prévoient que leur nouvel album, qui a demandé deux ans de travail, leur rapportera peu d’argent en ligne.

C'est deux ans de travail qui ne sont pas valorisés à travers [les redevances des plateformes d'écoute en continu]. Et ce n'est pas la faute de personne, mais on doit collectivement y réfléchir pour qu'il y ait une santé en culture, argue Jérôme Dupras, bassiste du groupe.

Des solutions en vue

Jérôme Dupras refuse de s’apitoyer sur son sort. Je pense que les artistes ne doivent pas se poser en victimes. Les coupables ne doivent pas être les entreprises ou le public. Il y a une situation qui change [...], et c’est pourquoi on se tourne vers les pouvoirs publics en disant "Penchez-vous vers des règles, des normes, des lois qui sont un peu archaïques".

David Bussières et Justine Laberge prennent la pose lors d'une séance de photos pour la sortie de leur dernier album, L'amour et le chaos.

David Bussières et Justine Laberge

Photo : Coyote Records/John Londono

Membre d'Alfa Rococo et fondateur du RAM, David Bussières a aussi avancé des pistes de solution. Il faut évidemment convaincre Patrimoine canadien et les ministères de la Culture, mais également le CRTC, je pense, qui sont en mesure d'adopter des règlements pour faire en sorte que les fournisseurs d'accès à Internet soient contraints à verser une partie de leurs profits dans un fonds, disons, et que ce fonds serve à la production de contenu.

Dans une vidéo publiée sur YouTube la semaine dernière, les artistes du RAM ont posé plusieurs questions aux candidats et candidates à l’élection fédérale :

  • Comptez-vous exiger des fournisseurs d’accès Internet une contribution à la production du contenu culturel d’ici?
  • Comptez-vous faire payer des impôts aux plateformes de musique en ligne étrangères sur les revenus qu’elles font au Canada?
  • Comptez-vous actualiser le régime de la copie privée et l’étendre aux appareils numériques comme ça se fait déjà dans plusieurs pays?
  • Et tout ça, sans que personne ne refile la facture aux consommateurs et consommatrices?

Ces artistes espèrent que ce cri d'alarme fasse assez de bruit pour se faire entendre dans le ramdam de la campagne électorale.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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