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Six décennies d’histoire japonaise en photos : du jamais-vu au Canada

Une photographie en noir et blanc montre la silhouette d'un homme vêtu d'un grand manteau et d'un chapeau devant un arbre.

Devant le palais impérial (au lendemain de l’incident du 26 février), 1936, tirage de 1985.

Photo : Musée des beaux-arts de Yokohama

Christelle D'Amours

Hanran veut dire « inondation » : un flot noir et blanc qui raconte l’évolution radicale du Japon de décembre 1926 à janvier 1989. Le Musée des beaux-arts du Canada s’est associé au Musée des beaux-arts de Yokohama pour rassembler 200 images formant l’exposition Hanran. Photographie japonaise du XXe siècle, inaugurée jeudi soir à Ottawa.

Hanran, c’est le portrait d’un pays tout entier figé sur pellicule et tiré à la gélatine.

De l’industrialisation de Tokyo jusqu’à la tragique bombe nucléaire larguée sur Hiroshima, en passant par l’occupation américaine : 60 ans d’histoire sont captés par la lentille de 28 photographes.

À travers le 20e siècle, le Japon s’est beaucoup développé. Le mode de vie a changé et les mentalités des aînés aussi. L’expression photographique en soi s’est également beaucoup développée.

Eriko Kimura, conservatrice au Musée des beaux-arts de Yokohama

Les grands jalons de l’évolution socioculturelle du Japon sont mis en lumière dans l’ensemble photographique tout de noir et blanc, à l’exception de deux oeuvres en couleur.

Un homme, habillé, coiffé et maquillé comme une femme, est assis dans un salon devant une grande bibliothèque. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

MORIMURA Yasumasa. Autoportrait (actrice). D’après Hara Setsuko, 1996. Don de l'artiste.

Photo : Musée des beaux-arts de Yokohama ©Yasumasa Morimura

Si cette uniformité n’est pas voulue, elle témoigne toutefois d’un courant fort dans l’évolution artistique de la photographie japonaise. C’est très intéressant de voir que les artistes préfèrent s’exprimer à travers le médium plus classique, souligne Anne Eschapasse, sous-directrice des expositions et du rayonnement au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC).

« Les six décennies les plus marquantes de l’histoire du Japon »

L’ère Shōwa (1926–1989) correspond au règne de l’empereur Shōwa (ou Hirohito) au Japon.

Durant cette période, le contraste entre l’industrialisation des métropoles et le campement traditionnel des régions s’est intensifié. Après la Deuxième Guerre mondiale, l‘émergence de la société commerciale s’est opérée à grande vitesse.

Le titre Hanran trouve ainsi tout son sens.Énergie, débordement, tumulte : ça reflète cette énergie créative, mais aussi toute cette évolution de la culture japonaise qui est extrêmement rapide et qui est très contrastée, affirme Anne Eschapasse.

Le travail de trois femmes photographes s’intègre dans l’exposition. Pour la conservatrice japonaise Eriko Kimura, leur apport est d’autant plus remarquable, considérant que le Japon de l’époque était une société patriarcale.

Ce sont des femmes très importantes et puissantes. Non seulement ce sont des photos prises par des femmes, mais il y a également toutes ces représentations de la femme dans les photographies.

Eriko Kimura, conservatrice au Musée des beaux-arts de Yokohama

Certaines de ces femmes poursuivaient une carrière tandis que d’autres élevaient leurs enfants seules, dans l’isolement de leur époque. Je pense que vous serez heureux de constater à quel point le mode de vie des femmes a drastiquement changé, avance Mme Kimura.

De par leur statut de femmes, [les photographes] ont eu accès à des communautés de femmes, notamment des prostituées ou des geishas. Cela permettait un accès complètement inédit et beaucoup plus intime que si ça avait été des photographes masculins, complète Mme Eschapasse.

Une première mondiale

Les 200 oeuvres de l'exposition n’ont jamais été présentées à l'extérieur du Japon. Hanran. Photographie japonaise du XXe siècle est la première installation de photos japonaises proposée au MBAC depuis 30 ans.

La collaboration entre les deux établissements se veut une occasion d'exposer la diversité culturelle.

C’est notre rôle de montrer toutes ces facettes, dont la culture japonaise, qui n’est pas très connue dans nos murs en termes d’expression photographique, soutient la sous-directrice des expositions et du rayonnement au MBAC.

Une ruelle au Japon où l'on voit un homme debout et un jeune enfant sortir la tête d'une fenêtre. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

KIMURA, Ihee. Shibuya, Tokyo, 1954.

Photo : Musée des beaux-arts de Yokohama

Sa collègue du Musée des beaux-arts de Yokohama explique quant à elle l’importance d’illustrer l’évolution de son pays natal.

Vous verrez une diversité d’expressions photographiques, mais aussi les différences sociales, politiques, les différents paysages et les gens qui y vivent, insiste Eriko Kimura. J’espère que les Canadiens trouveront cela intéressant et qu’ils verront les similarités, mais aussi les différences entre eux et les Japonais qui vivaient au 20e siècle.

POUR Y ALLER
Hanran. Photographie japonaise du XXe siècle
Salles de l’Institut canadien de la photographie
Musée des beaux-arts du Canada
Du 11 octobre 2019 au 22 mars 2020

Ottawa-Gatineau

Arts visuels