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Les chauffeurs de taxi manifestent à Québec

Un chauffeur de taxi dans son véhicule noir devant l'Assemblée nationale

Zakaria Bouznig fait partie de la vingtaine de chauffeurs de taxi devant l'Assemblée nationale jeudi matin.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Jean-François Nadeau

Des chauffeurs de taxi ont manifesté devant l'Assemblée nationale pour dénoncer le projet de loi 17 sur l'industrie du taxi.

Le projet de loi devrait être adopté jeudi et les chauffeurs veulent rappeler que ça représente, dans certains cas, une perte de milliers de dollars. Même si le gouvernement a prévu des compensations, les chauffeurs les jugent insuffisantes.

Ce projet de loi est injuste et inhumain pour des petites et moyennes entreprises. Le gouvernement est de mauvaise foi, affirme un des manifestants, Omar Berri.

« On veut vraiment détruire l'industrie pour encourager Uber qui ne paie rien et transfère son argent ailleurs », ajoute en colère Mohammed Belaid.

« On sent qu'on est abandonnés par le gouvernement, qui ne respecte pas nos valeurs, nos pensions », estime un autre chauffeur, M. Yahyaoui.

Il y avait seulement quelques dizaines de chauffeurs de taxi présents au début de la manifestation.

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, est venu les appuyer.

C'est une question de principe. Ce sont des hommes et des femmes qui gagnent leur vie durement. Aujourd'hui, c'est une journée noire pour le taxi et ces familles. Le gouvernement fait preuve d'autoritarisme avec cette loi, affirme-t-il.

Le ministre des Transports estime que les chauffeurs ont été entendus et réitère que le projet de loi a été modifié à la suite de leurs demandes.

« C'est leur droit de manifester. Maintenant, je remercie l'industrie du taxi des régions. Ils ont pris le bâton du pèlerin il y a trois semaines, se disant "on va retourner" à la table. On n'a pas tout accepté ce qu'ils demandaient, mais on a fait un grand pas, par exemple, pour devancer le paiement initial des compensations », affirme François Bonnardel.

Projet de loi complexe

Le projet de loi est comprend 275 articles. Il prévoit l'abolition des permis de taxi et des territoires ainsi que la régularisation des activités des services de transport comme Uber ou Lyft au Québec.

La province suggère la mise en place d’un mécanisme antidumping afin d’éviter qu’un répondant puisse rémunérer un chauffeur à un montant supérieur à celui de la course effectuée.

Des chauffeurs debout, tappent dans leurs mains, devant l'Assemblée nationale

Des membres de l'industrie du taxi dénoncent la réforme que souhaite faire approuver le gouvernement Legault.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Le gouvernement entend aussi bonifier de 10 à 40 millions de dollars le programme d’aide pour des besoins particuliers de propriétaires de permis de taxi.

Québec réservera à l’industrie du taxi traditionnel les contrats avec les entreprises de transport adapté.

Adoption nécessaire

La pression est forte pour adopter le projet de loi jeudi. Le projet pilote qui permet aux entreprises comme Uber d'exercer leurs activités au Québec prend fin le 14 octobre et ne peut pas être renouvelé en vertu de la loi actuellement en vigueur.

Il restait sept articles à adopter, jeudi matin, surtout concernant la période de transition d'un an pour appliquer les nouvelles mesures.

« Je reste persuadé qu'il n'y aura pas de blocage de Québec Solidaire et du Parti québécois d'ici 13 h. On peut procéder à l'adoption finale d'ici 18 h. Je reste persuadé qu'après 115 heures de discussions, on va être capables de mettre de l'eau dans notre vin », soutient François Bonnardel.

Jusqu'ici, Québec a offert 814 millions de dollars en compensation aux propriétaires de permis de taxi, mais l'industrie réclame plutôt 1,3 milliard de dollars.

D'autres manifestations sont aussi prévues jeudi un peu partout au Québec.

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