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Un premier pas vers une mobilisation des maires de La Matapédia auprès de la CPTAQ

Maud Bouillon photographiée sur son terrain, à l'automne.

L'histoire de Maud Bouillon a trouvé écho auprès des maires de la MRC de La Matapédia.

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Catherine Poisson

Dans un geste symbolique mercredi soir, le conseil de la MRC de La Matapédia a accepté à l’unanimité de porter la demande d’une citoyenne à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), malgré le peu de chances d'obtenir une réponse positive.

Depuis la mort de son mari, Maud Bouillon vit seule sur sa terre à Val-Brillant. Elle aimerait toutefois que son fils puisse y bâtir une résidence.

Il pourrait ainsi revenir dans la région et vivre près de chez elle, ce qui lui permettrait de garder sa maison plutôt que d’aller vivre en résidence pour aînés.

J’ai besoin de faire dézoner un petit terrain qui mesure à peu près 6000 mètres carrés, qui finit en pointe, où il n'y a aucune machinerie agricole qui va passer là, qui n’est pas cultivé depuis 41 ans, explique Mme Bouillon.

Une route borde un terrain vacant, non aménagé, où poussent plusieurs arbres. Trois boîtes postales sont installées sur le bord de la route.

Le terrain en forme de pointe est situé entre la route 132 et le Chemin de la Sablière.

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

La Municipalité de Val-Brillant et la MRC appuient sa démarche, mais c'est la CPTAQ qui a le dernier mot sur la demande d'autorisation résidentielle à portée collective et, selon la MRC, la demande ne répond pas aux critères de l'organisme.

Tout ce dont je rêve, c’est qu’un de mes garçons vienne s’installer près de chez moi. C'est mon projet de retraite.

Maud Bouillon, résidente de Val-Brillant

Conscients que la demande risque fortement d'être refusée, les maires ont tout de même tenu à tenter le coup, au grand soulagement de Mme Bouillon.

Je m'attendais à sortir d'ici les larmes aux yeux, admet-elle. Je suis agréablement surprise de voir que je ne suis pas la seule à penser que la CPTAQ a trop de pouvoir. Des cultivateurs, il y en a de moins en moins par chez nous. Pourquoi ne pas attirer la jeunesse pour revitaliser ces petites paroisses?

Les maires de La Matapédia lors d'une réunion du conseil.

Le conseil des maires de la MRC de La Matapédia a accepté à l'unanimité de porter la demande de Mme Bouillon devant la CPTAQ.

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Les maires de La Matapédia sont exaspérés de devoir se battre pour avoir l'autorisation de bâtir sur des terres classées agricoles, mais souvent non cultivées depuis des décennies.

Ce soir, c'est symbolique. C'est dire oui, on revendique encore, souligne le maire de Saint-Alexandre-des-Lacs, Nelson Pilote.

Un frein au retour des jeunes

Dans un contexte où les municipalités tentent de convaincre les jeunes de revenir s'installer en région, les maires regrettent de manquer de terrains à leur offrir.

Moi, j’ai eu quatre garçons et j’en ai trois partis à l’extérieur. Demain matin, s'ils avaient la chance de revenir s’installer dans leur patelin où ils sont venus au monde, ils ne pourraient même pas; c’est plate un petit peu, observe M. Pilote.

C'est dommage. On cherche à ramener des familles par chez nous, mais à certains endroits, on ne peut même pas les accueillir, on n'a plus de terrains.

Nelson Pilote, maire de Saint-Alexandre-des-Lacs

Comme la majorité de ses collègues, il aimerait que la CPTAQ modifie son approche afin qu’elle soit davantage adaptée aux réalités locales.

Nelson Pilote photographié sur un terrain vacant situé devant un lac, à Saint-Alexandre-des-Lacs.

Le maire de Saint-Alexandre-des-Lacs, Nelson Pilote, aimerait que les municipalités bénéficient d'un certain pouvoir de décision dans la gestion de leurs terres.

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Venez vous asseoir avec nous et regardons ça objectivement, on n’est pas dans des terres agricoles de Saint-Hyacinthe, on est dans des petits lotissements de terrains où les agriculteurs disparaissent peu à peu, fait valoir le maire.

Maud Bouillon a proposé aux maires de la MRC de s'unir pour revendiquer des changements auprès de la CPTAQ. Favorable à l'idée, Nelson Pilote a demandé au conseil de se réunir prochainement pour en discuter.

Est-ce que c'est le premier pas vers... sans dire une manifestation, faut dire que c'est assez, affirme le maire.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique territoriale